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Cette soirée-là

Rebecca Makonnen
Photo Courtoisie

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Bien qu’elle fasse partie du paysage médiatique depuis bientôt deux décennies, Rebecca Makonnen ne blague qu’à moitié quand elle dit que La soirée est (encore) jeune l’a «mise au monde» en 2015.

Invitée d’honneur au rendez-vous radiophonique de Jean-Philippe Wauthier sur ICI Radio-Canada Première, l’ex-animatrice de MusiquePlus s’était ­insurgée contre les médias français qui ressortent leurs clichés nordiques chaque fois qu’ils parlent d’artistes ­québécois. À la fois drôle et mordante, sa montée de lait avait fait sensation.

«J’existais avant La soirée, déclare la jeune femme de 37 ans au Journal. J’avais une feuille de route très ­honorable, mais je suis capable de ­reconnaître qu’il s’est passé quelque chose quand j’y suis allée.»

Rebecca Makonnen a ressenti la ­différence quasi instantanément. Le lendemain, elle commençait à recevoir des courriels d’auditeurs destinés à ­Rebagel McMuffin, un surnom trouvé par Wauthier, Girard, Savard et Niquet en clin d’œil aux gens du public qui massacrent constamment son nom. C’était comme si soudainement, on ­découvrait celle qu’on avait vue à Flash et entendue à C’est bien meilleur le ­matin pendant des années.

«Il y a eu un effet d’entraînement, note Roberta McFlurry. J’aurais voulu ­planifier un coup pareil pour mousser ma popularité, ça n’aurait jamais ­autant marché.»

Trouver sa place

Un an et demi après cette inoubliable soirée de décembre, Rebecca Makonnen cumule les projets. Le mois prochain, sur ICI Première, elle bouclera la ­première saison d’On dira ce qu’on ­voudra et attaquera la deuxième saison de Tandem avec Anne-Marie Withenshaw. Et depuis la fin d’Esprit critique sur ARTV, elle prépare l’arrivée en ondes du Beau dimanche, le nouveau talk-show estival d’ICI Radio-Canada Télé, dans lequel elle jouera «la ­complice» de Jean-Philippe Wauthier.

En entrevue, Rebecca Makonnen parle d’une formule «à l’américaine» ­évoquant les late shows de David ­Letterman et Jimmy Fallon: un ­monologue, un bureau, des fauteuils, une tasse (pour siroter son Apérol Spritz) et quelques invités.

Selon ses dires, l’enregistrement du ­pilote s’est bien déroulé. «J’ai trouvé ma place rapidement. Ce n’était pas une inquiétude pour moi, mais je sentais que ce l’était pour beaucoup de monde. Les gens se demandaient si j’allais être la faire-valoir de Jean-Philippe. Tout ce que je peux dire, c’est que ça aide de travailler avec un ami.»

Histoire d’amitié

Rebecca Makonnen et Jean-Philippe Wauthier se sont connus en 2010, à l’époque où elle livrait la chronique ­culturelle à C’est bien meilleur le matin pendant qu’il faisait la revue de presse à RDI. Comment explique-t-elle leur amitié?

«On a peut-être le même sens de ­l’humour... J’aime les gens qui sont ­capables de niaiser, mais qui sont ­capables d’en prendre aussi. Les soupes au lait et les susceptibles, c’est plate.»

«Ce n’est pas compliqué être l’amie de Jean-Philippe Wauthier, ajoute-t-elle. On fait beaucoup de blagues sur le fait qu’il a la tête enflée et qu’il néglige ses enfants, mais honnêtement, c’est un être assez chouette et généreux.»

Fin de Circuit

Pour faire place au Beau dimanche, Rebecca Makonnen a récemment fait ses adieux à Circuit Makonnen, son ­rendez-vous quotidien sur ICI Musique. Après cinq ans, l’animatrice avait ­l’impression d’avoir «fait le tour», mais elle avoue avoir été surprise devant la réaction des mélomanes à son départ. Durant sa dernière émission, les témoignages d’auditeurs en deuil pleuvaient. La voix émue, plusieurs la remerciaient d’avoir été une présence réconfortante durant leur congé de maternité, de ­paternité et même de maladie.

«Une femme atteinte d’une maladie ­dégénérative qui m’écoutait tous les matins durant sa réadaptation m’a écrit qu’un jour, s’ils faisaient un film sur sa vie, elle voulait que j’en fasse la ­narration! C’est quand même fou! J’avais sous-estimé le rôle d’une radio d’accompagnement.»

♦ ICI Radio-Canada Télé présente Le beau dimanche, les dimanches soir à 21 h.