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Isabelle Boulay n’est plus un saule inconsolable

En critiques cette semaine: Paramore, Yes McCan, Atchoum, She-Devils et Isabelle Boulay.

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Isabelle Boulay - En vérité

★★ ½

Photo courtoisie

Qu’on aime ou pas, le parcours d’Isabelle Boulay demeure ­fascinant, voire admirable.

De la grosse ballade «rock détente» larmoyante, le «Saule inconsolable» s’est raffiné au fil du temps pour ­finalement devenir un improbable ­vecteur de ­rencontres pop.

Ainsi, après une production en ­hommage à Reggiani livrée en ­compagnie de Philippe B, la chanteuse renoue avec Benjamin Biolay à la ­réalisation et s’entoure de nouveaux ­auteurs de la trempe de Cœur de pirate et d’Alex Nevsky pour En vérité, un ­album satisfaisant, mais en deçà de la récente discographique de l’artiste.

Peu subtil

Malgré la charge émotive de Mon amour (la supplique), qui ouvre le bal, l’interprétation de la grande dame se noie entre une mélodie aussi peu subtile que sa réalisation. Bien que toujours ­juste au micro, Boulay semble ici accompagnée d’une piste sonore de karaoké.

Ça se corse sur Tout sera pardonné, seconde chanson du disque, où le chanteur français Raphaël signe un texte malheureusement risible. Entre sa surdose de rimes pauvres, mais riches en «é», et – surtout – son recyclage de la fameuse maxime attribuée à Lavoisier («Rien ne se perd, rien ne se crée...»), on en vient à croire à un complot tant tout est fait pour déconcentrer les mélomanes.

Évidemment, ce n’est pas ­l’hécatombe. La proposition de Béatrice Martin, la ballade country Nashville, s’avère efficace. Idem pour Toi Moi Nous, une pièce délicieusement rétro, qui a des atomes crochus avec C’est ma vie d’Adamo (en étant moins ringarde, toutefois).

Bref, les fans vont adorer, certes, mais les autres, eux, devront trouver un nouveau point d’entrée pour ­finalement apprécier­­ la discographie d’Isabelle Boulay.

Paramore - After Laughter

★★★

Photo courtoisie

Au fil des nombreux changements de directions (de pop punk à «rock de radio», disons) et d’entourage sur fond de bataille juridique, on devine Paramore fatigué et ça s’entend sur After Laughter, sûrement l’album le plus sombre, mais surtout le plus sincère du projet à ce jour.

«Ça s’entend» entre guillemets, car les nouvelles musiques – délicieusement pop eighties sans être trop ­fromagées – l’emportent sur ces histoires d’écœurement.

Seule constante: ­Hayley Williams est toujours aussi bien en voix. Chouette péché mignon.

Yes McCan - PS. Merci pour le love

★★★ ½

Photo courtoisie

On ne s’ennuie pas avec les Dead Obies.

Après l’album «concept-et-aussi-un-peu-live» Gesamtkunstwerk et la ­collation Air Max parue en mars ­dernier, Yes McCan dévoile le premier maxi d’un pan solo rudement intéressant.

Si la signature musicale rappelle davantage celle d’Air Max (VNCE ­CARTER est derrière les rythmiques de ces deux œuvres), elle s’avère ici plus éclatée, voire plus difficile d’approche pour le grand public.

Le EP confirme toutefois toute la verve de l’auteur.

She-Devils - She-Devils

★★★★

Photo courtoisie

Secret local de moins en moins bien gardé, le duo rock montréalais She-­Devils livre finalement un premier LP fascinant.

Incroyable croisement entre l’esthétique pop rétro française (les fans d’April March vont adorer), le rock garage déglingué, une certaine nostalgie 80’s éthérée (amateurs de Blouse et de Charlie Hilton, tendez l’oreille) et un soupçon de mélancolie romantique à la The Smiths, She-Devils est parcouru d’influences, mais ­demeure une œuvre diablement ­originale et hors des sentiers battus québécois.

Coup de coeur: Atchoum - Prêt, pas prêt

★★★★

Photo courtoisie

S’il y a bien un genre ­moribond, c’est bien la ­chanson pour enfants. Le cancer qu’est le thème de Caillou en témoigne largement.

Heureusement, la clown québécoise ­Atchoum vient à la rescousse des parents blasés avec Prêt, pas prêt, une œuvre aux textes amusants, mais jamais bébêtes et surtout aux musiques rock qui ne donnent pas envie de se péter les tympans. Il faut dire que l’artiste s’entoure de ­collaborateurs de choix, dont Louis-Philippe Gingras et Pépé et sa guitare.

Rafraîchissant!