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«Je n’ai jamais cherché l’attention»

Steph Carse interprètera son succès <i>Achy Breaky Dance</i> au <i>Party Country</i> de P-A Méthot, le 17 juin prochain.
Photo courtoisie Steph Carse interprètera son succès Achy Breaky Dance au Party Country de P-A Méthot, le 17 juin prochain.

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Au début des années 1990, le Québec faisait la connaissance d’un nouveau chanteur country: Stef Carse. Avec sa reprise Achy Breaky Dance, l’artiste originaire de Mascouche allait connaître un succès fulgurant. Une vingtaine d’années plus tard, que lui est-il arrivé? Le Journal a retrouvé le chanteur, qui habite à Orlando depuis 17 ans et qui a aussi vécu trois années difficiles à Nashville, de 1997 à 2000 («j’ai dormi dans mon char durant plusieurs mois»). Entretien avec celui qui a changé son prénom pour Steph et qui s’implique maintenant dans une campagne contre l’intimidation.

Au bout du fil, directement d’Orlando, Steph Carse parle avec enthousiasme des différents projets qui remplissent son horaire­­. «Mon agenda est booké jusqu’en novembre», dit-il.

1989
En 1989, Steph Carse faisait ses débuts en musique.
Photo d'archives
En 1989, Steph Carse faisait ses débuts en musique.

Le Québécois, qui fêtera son 52e anni­versaire de naissance lundi, anime présentement­­ l’émission Joy In Our Town, sur le réseau floridien TBN. «L’émission présente des sujets importants où l’on peut changer des situations, un peu comme Donnez au suivant», dit-il.

Depuis quelques mois, il s’implique aussi énormément dans la campagne contre ­l’intimidation Y I Count et il lancera, le mois prochain, l’album My Shining Hour.

Le succès d’Achy Breaky Dance

1993
En octobre 1993, Steph Carse recevait un disque platine pour 100 000 albums ­vendus d’<i>Achy Breaky Dance</i>.
Photo d'archives
En octobre 1993, Steph Carse recevait un disque platine pour 100 000 albums ­vendus d’Achy Breaky Dance.

Ne reniant pas son passé, Steph Carse reviendra au Québec, le 17 juin prochain, pour participer au Party country de P-A Méthot, au Centre Bell. Il y chantera son méga-succès, Achy Breaky Dance, et la chanson contre l’intimidation, Awesome.

«Je n’ai jamais renié Achy Breaky Dance, mentionne-t-il. Je suis revenu souvent au Québec pour la faire. Quand on m’invite à de gros événements, comme La poule aux œufs d’or country ou le Festival Juste pour rire, je dis toujours oui, si l’horaire me le permet.»

Malgré tout, cet énorme succès a été épuisant pour le chanteur, dans les ­années 1990. En 1997, il décidait de mettre le cap sur Nashville.

«J’avais besoin de me réinventer, dit-il. Je vois toujours une chanson comme un rôle que tu interprètes. Cette fois-ci, le rôle avait dépassé l’artiste. J’avais besoin de savoir ce que j’étais pour faire ensuite.

«J’ai grandi sur une ferme à Mascouche, alors le country a toujours fait partie de mes racines. C’est pour ça que j’ai ­décidé de partir à Nashville. Je me disais que j’allais peut-être faire quelque chose là-bas.»

«Je dormais dans mon char»

1998
À la fin des années 1990, le chanteur s’est retrouvé dans le studio de Donna Summer, à Nashville, pour enregistrer une chanson pour les Olympiques spéciaux.
Photo d'archives
À la fin des années 1990, le chanteur s’est retrouvé dans le studio de Donna Summer, à Nashville, pour enregistrer une chanson pour les Olympiques spéciaux.

Le rêve américain ne s’est toutefois pas déroulé comme prévu. «Ç’a été des années de vache maigre. J’ai dormi dans ma ­voiture pendant des mois. C’est drôle, ­car je travaillais sur l’album des Olympiques spéciaux avec Donna Summer là-bas. ­J’allais dans sa maison presque tous les jours. C’était une maison extraordinaire. Mais après ça, j’allais prendre ma douche au YMCA, je dormais dans mon char et je mangeais chez Wendy’s à 1 $. Je ne disais ça à personne. J’essayais d’économiser mon argent le plus possible.»

C’est d’ailleurs à Nashville que Stef Carse a décidé de changer son prénom pour ­Steph. «C’était une suggestion de Donna Summer, dit-il. Elle m’a dit qu’en ­m’appelant Stef, les Américains allaient penser que je m’appelais Stefanie. Alors que Steph est le diminutif de Stephen.»

Cette période très difficile au Tennessee a tout de même permis au chanteur de faire la rencontre de son équipe de ­gérance avec qui il a décidé de travailler à Orlando.

«Je n’avais pas de plan défini, dit-il. J’allais­­ où les choses me menaient. Mais j’ai rencontré de bonnes personnes qui m’ont aidé énormément.»

La vie à Orlando

2006
Steph Carse s’est retrouvé dans un documentaire de PBS, en 2006.
Photo d'archives
Steph Carse s’est retrouvé dans un documentaire de PBS, en 2006.

Après un bref virage vers la pop-opéra qui l’a mené à Las Vegas («c’était un monde complètement différent»), Steph Carse est revenu vers la pop avec l’album Reach Out, en 2006.

Ces dernières années, il a développé une passion pour le montage et la ­production de vidéos. «Ce que les gens ne savent pas, c’est que je travaille beaucoup en arrière de la caméra. Je suis très low profile.»

«Je n’ai jamais cherché l’attention, je n’ai jamais voulu le vedettariat, poursuit-il. Quand j’étais petit, j’étais de nature ­timide. Mais je me suis rendu compte que j’aimais m’exprimer à travers la musique et l’art. Ça crée beaucoup de conflits!»

Habitant à Orlando depuis 17 ans, Steph Carse se plaît grandement dans sa vie floridienne. «En 1997, quand je vivais ­encore au Québec, il y avait 10 pieds de neige devant mon garage et je n’étais pas capable d’ouvrir la porte. Je m’étais dit que je ne voulais plus jamais vivre ça!»

Malgré tout, Steph Carse revient au ­Québec presque chaque hiver, lui qui est amateur de ski. «Mont-Sainte-Anne, à Québec, c’est ma place», dit-il.

Maintenant dans la cinquantaine, que manque-t-il au bonheur de Steph Carse? «Je cherche à rencontrer la personne avec qui je vais pouvoir partager ma vie, dit-il. Je n’ai jamais voulu d’enfant et c’est souvent ce qui a brisé mes relations, dans le passé. Mais là, en vieillissant, les gens qu’on rencontre à notre âge ne cherchent généralement plus à avoir d’enfants (rires).»


Steph Carse sera l’un des invités du Party country de P-A Méthot, le 17 juin. Pour les détails: evenko.ca.

 

Une campagne contre l’intimidation

Il y a quelques années, la fille d’un ami proche de Steph Carse a tenté de s’enlever la vie, après avoir été intimidée. Pour le chanteur, qui a vécu de l’intimidation dans son ­enfance, cet événement a été ­l’élément déclencheur pour lancer la campagne Y I Count ­(yicount.org).

«J’ai enregistré la chanson ­Awesome, qui nous rappelle qu’on a t­ous quelque chose d’unique et ­d’extraordinaire à l’intérieur de nous à célébrer», dit-il.

Le chanteur a donc récemment commencé à faire la tournée des écoles pour parler d’intimidation. «À travers notre campagne, ce qu’on véhicule, c’est le pouvoir de la parole.»

A-t-il déjà entendu parler du travail que fait Jasmin Roy pour l’intimi­dation au Québec? «Non, mais je me demandais justement ce qui se passait à ce niveau-là, au Québec, répond Steph Carse. ­J’aimerais bien lui parler, car on pourrait peut-être combiner nos ­efforts. C’est un problème­­ réel.»

Quand il était jeune, Steph Carse a vécu de l’intimidation durant ­plusieurs années, au primaire et ­jusqu’en 2e secondaire.

«À la maison, on était un foyer d’accueil pour des personnes avec des problèmes mentaux, dit-il. On a été un foyer d’accueil pendant 25 ans. Quand cela s’est su à l’école, c’est là que l’intimidation a ­commencé. J’étais maigre et très ­timide. Je suis devenu une cible ­parfaite.»

 

My Shining Hour

Steph Carse interprètera son succès <i>Achy Breaky Dance</i> au <i>Party Country</i> de P-A Méthot, le 17 juin prochain.
Photo courtoisie

Après plusieurs années d’absence sur disque, Steph Carse est ­récemment revenu à la musique ­en produisant l’album My Shining Hour. Le disque fera l’objet d’un ­spécial télé sur la chaîne Daystar le mois prochain.

«La moitié des chansons de l’album sont des pièces originales, dit-il. Et l’autre moitié est constituée de ­reprises.»

Parmi celles-ci, on compte Amazing Grace, How Great Thou Art, Crying in the Chapel (Elvis Presley) et Make You Feel My Love (Bob Dylan).

 

Steph Carse en 5 points

►Il connaît le succès au Québec au début des années 1990 avec la ­pièce Achy Breaky ­Dance, qui était une ­reprise francophone de Achy Breaky Heart, de Billy Ray Cyrus.

►En 1998, il est invité à chanter à la soirée ­d’ouverture de l’hôtel ­PortoFino, à Universal Studios, en Floride.

►En 1999, il chante la pièce Freedom sur l’album des Olympiques spéciaux ­Canada, Holiday Heroes. Le disque ­génère plus de deux ­millions $.

►Il coécrit la chanson Reach Out, en 2005, qui devient la pièce officielle de la Croix-Rouge américaine.

►En 2015, il lance la pièce Awesome, qui est liée à la campagne contre l’intimidation, Y I Count.