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Alan Labrosse: la force de la famille

L’ancien champion de courses de moto gère l’Autodrome de Saint-Eustache en compagnie de ses fils

Alan Labrosse peut compter sur le soutien indispensable de tous les membres de sa famille dans les opérations de l'Autodrome de Saint-Eustache. Le propriétaire pose ici en compagnie de son épouse Chantal Desrosiers et de leurs enfants Sarah-Jeanne, Jason et Alex.
Photo courtoisie, Autodrome Sainte-Eustrache Alan Labrosse peut compter sur le soutien indispensable de tous les membres de sa famille dans les opérations de l'Autodrome de Saint-Eustache. Le propriétaire pose ici en compagnie de son épouse Chantal Desrosiers et de leurs enfants Sarah-Jeanne, Jason et Alex.

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SAINT-EUSTACHE | Chanceux sont les pères de famille qui ont l’occasion de travailler en compagnie de leurs enfants dans une belle harmonie.

Alan Labrosse, qui trempe dans le monde des sports motorisés depuis son jeune âge, se sent privilégié de gérer le fonctionnement de l’Autodrome Saint-Eustache avec ses deux garçons.

Jason et Alex occupent respectivement les postes de directeur général et de directeur des opérations.

Alan Labrosse a fait sa marque dans les courses de moto dans les années 1980.
Photo d'archives
Alan Labrosse a fait sa marque dans les courses de moto dans les années 1980.

L’homme de 56 ans de Repentigny a remporté de multiples championnats de courses de moto dans les années 1980 avant de connaître du succès en course automobile dans une carrière malheureusement écourtée en raison de moyens financiers limités.

Labrosse a ensuite été le gérant de pilotes comme Miguel Duhamel, Pascal Picotte, Patrick Carpentier, Alexandre Tagliani et Andrew Ranger avant d’occuper le rôle de promoteur des courses d’IndyCar présentées à Montréal, en 2004 et en 2006.

Il a connu du succès durant son court passage en formule 2000 en 1986.
Photo d'archives
Il a connu du succès durant son court passage en formule 2000 en 1986.

Une famille tissée serrée

Mais depuis qu’il a fait l’acquisition de l’Autodrome Saint-Eustache en décembre 2007, Alan Labrosse vit une belle histoire de famille. La maman, Chantal Desrosiers, n’est jamais bien loin dans les parages.

Même leur fille Sarah-Jeanne s’est impliquée occasionnellement au circuit, donnant un coup de main à la billetterie ainsi qu’à la salle à manger, jusqu’à ce que son métier de comédienne accapare tout son temps.

Sarah-Jeanne a joué dans plusieurs films et populaires séries télévisées comme Unité 9 et Les Pays d’en haut. La belle Donalda, c’est elle.

«J’ai la chance de gagner ma vie dans le milieu où j’ai grandi et je me sens privilégié de pouvoir le faire en famille. C’est précieux», raconte Alan Labrosse lors d’une entrevue accordée au Journal durant un repas de famille à l’Autodrome.

Sarah-Jeanne, malgré un horaire de tournage fort chargé, a tenu à être présente à ce dîner alors que son père et ses frères se préparaient fébrilement en vue de l’ouverture de la saison de courses NASCAR qui aura lieu dimanche.


Ça fait maintenant 10 ans que tu es propriétaire de l’Autodrome Saint-Eustache. Quel bilan des opérations traces-tu?

«On a su redresser la situation à l’Autodrome et on présente environ 150 courses par année, ce qui en fait le complexe de sport motorisé le plus achalandé au Canada. On attire en moyenne près de 200 000 visiteurs par an. J’ai une table de poker dans la salle de réunion et ça me rappelle que j’ai choisi d’y aller all in en 2007 en faisant l’acquisition de l’Autodrome pour plusieurs millions de dollars.»

Ça doit être stressant pour les dirigeants d’un autodrome de vivre avec les aléas de dame Nature?

«Au Québec, c’est toujours un gamble de présenter des fins de semaine de course. On est à la merci de la température. Je me suis lancé dans l’aventure il y a dix ans et je n’ai aucun regret, même si ce n’est pas toujours facile. Dans la famille Labrosse, nous sommes des grinders. On travaille fort et on ne lâche jamais. Un week-end de la série Formula Drift USA, par exemple, peut coûter jusqu’à 300 000 $ à produire. On espère qu’il fera beau afin de pouvoir remplir les gradins.»

Comment se fait-il que tu te sois retrouvé propriétaire de ce complexe de courses qui a une longue histoire?

«L’aventure comme promoteur du Molson Indy de Montréal n’avait pas été facile pour moi. Comme promoteur de cet événement, tu détiens les droits d’une franchise, mais tu en es aussi dépendant. J’ai appris cela à la dure. Je suis venu faire un tour en 2007 à Saint-Eustache parce qu’on m’avait demandé d’organiser une course de la série NASCAR Canadian Tire. Mon intention était de faire la location du circuit, mais je l’ai acheté deux mois plus tard. L’Autodrome Saint-Eustache, c’est peut-être plus petit, moins prestigieux, mais c’est beaucoup plus plaisant à gérer, car on a le plein contrôle des opérations.»

Pourquoi avoir choisi le slogan «L’Autodrome, c’est ma place»?

«On veut que les amateurs se sentent chez eux lorsqu’ils viennent à Saint-Eustache, qu’ils y trouvent leur compte. Il y a des gens qui sont malades de sport motorisé, et de venir assister à divers types de courses ici, ça constitue pour eux une sorte de médicament (rires).»

Quels sont les meilleurs souvenirs de tes années comme pilote de moto?

«La moto était ma passion. J’ai commencé à participer à des courses dès l’âge de 17 ans, et l’année suivante, j’étais champion canadien. Je n’ai pas fait beaucoup d’argent, même si je me suis classé troisième meilleur pilote en GP aux États-Unis, derrière deux gars qui sont devenus champions du monde. J’ai gagné ma dernière course à Brainerd, au Minnesota, dans la classe AMA Pro Formula 1 Series.»

Et comment ça s’était passé pour toi en course automobile?

«J’ai été choisi la recrue de l’année en formule 2000 en 1986, quand j’ai terminé deuxième au championnat canadien derrière Richard Spénard. J’ai aussi participé au championnat britannique au cours de l’hiver, mais un manque de budget a mis un terme à ma carrière de pilote. Il n’y avait pas encore de filière Player’s à l’époque pour soutenir les pilotes québécois. La dernière course de F2000 à laquelle j’ai pris part s’était déroulée à Tremblant et j’ai terminé premier.»

Est-il vrai que tu étais venu bien près de t’associer au gérant de Gilles Villeneuve, Gaston Parent?

«Oui. Parent était censé devenir mon agent afin de m’aider à dénicher du financement. Le contrat était prêt à être signé lorsque Gilles a perdu la vie au volant de sa Ferrari le 8 mai 1982 à Zolder. Notre association est alors tombée à l’eau, M. Parent ayant d’autres préoccupations bien compréhensibles.»

Peux-tu nous parler de la relation que tu avais eu le temps de développer avec Gilles Villeneuve?

«On partageait la même passion pour la vitesse, lui sur quatre roues et moi sur deux roues. Au Grand Prix du Canada en 1981, j’avais eu la chance de prendre place aux côtés de Gilles dans sa Ferrari 308 lors d’un défilé entre la rue Sainte-Catherine et le circuit de l’île Notre-Dame. C’était fou comme ambiance. En avril 1982, je me suis retrouvé au même circuit que lui, à Long Beach, où je m’étais classé parmi les trois premiers en moto, à l’instar de Gilles au volant de sa formule 1. Il m’avait demandé s’il pouvait m’aider à rouler plus vite. Je lui avais répondu que je n’avais pas le budget nécessaire pour m’acheter de nouveaux pneus. Gilles était allé voir le représentant de la compagnie Dunlop pour lui dire de me fournir des pneus et de lui envoyer la facture. Il était ce genre d’individu.»

Peux-tu nous parler des clients que tu as eus à titre de gérant et d’agent?

«J’ai eu le plaisir de travailler avec Miguel Duhamel durant 21 ans. Il a été le meilleur coureur de moto de l’histoire au pays. Ce fut fort agréable aussi d’agir comme gérant de Patrick Carpentier. Mon plus beau souvenir fut sa victoire en série CART en 2002 sur le circuit de Mid-Ohio. Patrick avait dû tenir sa promesse de courir autour de la piste presque nu, advenant une victoire. On avait bien rigolé.»

Si Jason et Alex sont impliqués à fond dans les opérations à l’Autodrome, ta fille Sarah-Jeanne roule elle aussi à fond de train dans sa carrière de comédienne. Le papa doit être fier, n’est-ce pas?

«Je crois que Sarah-Jeanne a encore plus d’énergie que j’en avais à son âge. Je ne suis pas capable de la suivre tellement elle est active sur plusieurs plans. Elle est non seulement une comédienne qui a su faire sa place, mais elle est aussi une femme d’affaires, ce qui est impressionnant à son âge (elle n’a que 25 ans). J’aime bien dire qu’elle possède la beauté et l’intelligence de sa mère et le courage et la confiance de son père.»

 

Alan Labrosse

Il est  le propriétaire de l'Autodrome de Saint-Eustache depuis dix ans.
Photo courtoisie
Il est le propriétaire de l'Autodrome de Saint-Eustache depuis dix ans.

Âgé de 56 ans, est né à Repentigny, où il réside toujours. Marié à Chantal Desrosiers, le couple a trois enfants, Jason, Alex et Sarah-Jeanne.

Emplois: propriétaire et président de l’Autodrome Saint-Eustache depuis 2007; il a fondé en 1987 une école de course au circuit de Shannonville; il a été longtemps agent de pilotes et aussi promoteur de courses d’IndyCar; il a été président des Roadrunners de Montréal, de la Ligue de roller-hockey, en 1995 et 1996.

Carrière: il a gagné des championnats dans plusieurs catégories de courses de moto; recrue de l’année en 1985 dans la classe Formula 1 de la série américaine professionnelle. En 1986, il fut choisi recrue de l’année au championnat canadien de formule 2000. Il a terminé deuxième au classement devant Paul Tracy et Claude Bourbonnais. Il a aussi piloté au championnat d’Angleterre de F2000, se classant devant Eddie Irvine et Johnny Herbert.