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«La musique a fait ressortir mon côté non conventionnel»

SPE-BRYAN-ADAMS
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Ses souvenirs de concerts, sa vie de tournée, ses projets: à quelques mois de renouer avec le public québécois lors des Grandes Fêtes Telus de Rimouski, en juillet, Bryan Adams a accordé par courriel une entrevue exclusive au Journal. Une rare occasion de sonder le rockeur canadien sur une multitude de sujets.

 

Ton agenda estival ne compte que deux dates au Canada, dont une à Rimouski, un petit marché en comparaison avec Montréal et Québec. Pourquoi as-tu ­accepté l’offre de ce festival?

«J’aimerais connaître la réponse. Je ­demande à mon gérant de me planifier dix concerts par mois et c’est ce qu’il fait depuis des décennies. Je lui ­demande encore pourquoi nous n’avons pas joué à Vancouver (où il a vécu une partie de sa jeunesse) lors de la tournée de l’album Get Up et il ne me l’a pas ­encore dit.»

En 2014, lors de ton concert sur les plaines d’Abraham, tu as mentionné que tu n’avais jamais vu une foule ­pareille au Canada et tu semblais particulièrement ému...

«C’est vrai, depuis que je joue au ­Canada, jamais je n’avais vu une foule de cette taille aussi enthousiaste. S’il y a un concert qui n’aurait pu être meilleur, c’est celui-là.»

Ton dernier album remonte à octobre 2015. Quels sont les plans?

«Je viens d’écrire une comédie musicale pour Broadway basée sur le film Pretty Woman. C’est ma prochaine sortie, ce sera disponible l’été prochain. Entretemps, oui, je travaille sur un nouvel ­album. C’est en marche.»

On te connaît pour ton travail humanitaire depuis de nombreuses années. Comment as-tu réalisé que tu pouvais, en tant qu’artiste, faire une différence dans la vie de quelqu’un?

«Tu sais, ce n’est pas moi, c’est la ­musique (qui fait la différence). Ce que plusieurs auteurs-compositeurs ne ­réalisent pas, parfois, c’est qu’une fois qu’une chanson a été lancée, ça peut ­devenir une partie importante de la vie de quelqu’un, ça peut l’inspirer à devenir ou faire quelque chose de différent. La musique a fait ressortir mon côté non conventionnel. Je ne voulais d’aucune ­façon agir comme la société l’exigeait et faire ce qu’on attendait de moi. Je ­voulais faire mes propres trucs et la ­musique m’a fourni cet exutoire.»

Dans une entrevue au Journal dans les années 90, tu racontais que tu te ­sentais très seul en tournée, loin de ta famille. Est-ce que ça demeure un ­problème aujourd’hui?

«Les années 90 ont effectivement été ­difficiles parce que je n’étais jamais à la maison. Littéralement. J’ai cessé cette routine avant les années 2000 et, comme je le disais plus tôt, c’est maintenant dix jours par mois, chaque mois. Cela a ­réglé le problème.»

Tes photos de soldats blessés à la ­guerre ont bouleversé bien des gens. Est-ce que ce fut difficile de les convaincre de poser pour toi?

«Après en avoir photographié quelques-uns, c’était assez facile, car je pouvais leur montrer ce que j’avais déjà fait et leur demander jusqu’où ils étaient prêts à aller pour montrer leurs blessures. Je crois qu’il n’y a qu’un seul soldat qui n’a pas enlevé sa prothèse, tous les autres étaient heureux de le faire. Nous avons eu des séances amusantes, mais d’autres nous ont fait fondre en larmes.»

De quelle façon gères-tu ta présence sur les réseaux sociaux?

«Je m’en sers pour montrer le travail que je fais et certaines de mes aventures. Je crois qu’Instagram est le meilleur. Sur Facebook cependant, les fraudes, imitations et les fous abondent. ­J’aimerais que ça n’existe pas.»

Va-t-on t’entendre parler français à ­Rimouski?

«Je sors toujours un peu de mon français cassé quand je viens au Québec, et je le pratique assez souvent avec des membres de mon équipe qui viennent du Québec et de la France. Le problème, c’est qu’ils ne corrigent jamais leur ­patron.»


♦ Bryan Adams est la tête d’affiche des Grandes Fêtes Telus de Rimouski. Il sera sur la scène du parc Beauséjour le 22 juillet.