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Pouzza Fest jour 1: du punk, des vestons et du «monde à la messe»

Dave Kirchgessner (gauche) et Colin Clive, respectivement chanteur et guitariste pour le groupe américain de ska punk Mustard Plug.
Photo Philippe Melbourne Dufour Dave Kirchgessner (gauche) et Colin Clive, respectivement chanteur et guitariste pour le groupe américain de ska punk Mustard Plug.

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Les légendes du ska Mustard Plug et The Slackers avaient la tâche de lancer la septième édition du Pouzza Fest, ce rassemblement devenu incontournable dans la métropole pour les amateurs de punk rock. Mon récapitulatif de la première journée des festivités gratuites au Parterre du Quartier des spectacles de Montréal.

​Après deux pintes et une virée aux Foufs pour une entrevue avec The Bombpops sur la place des femmes dans le punk rock (un dossier super intéressant que vous aurez bientôt la chance de lire), je me suis dirigé vers le parterre du Quartier des spectacles pour assister au spectacle gratuit de la journée.

Le premier du weekend mettait en vedette nul autre que les vétérans ska de Mustard Plug et de The Slackers. En fait, on a eu droit à une soirée majoritairement ska, sauf pour Carabine et Sims, qui donnent plutôt dans le hip-hop, et Two Cow Garage, qui est du punk très... garage!

C'est vraiment lorsqu'Hugo Mude meets The Beatdown est embarqué sur scène qu'on a eu notre premier aperçu du «weekend Pouzza».

Entre quelques blagues sur Bob Dylan et Megadeth, Hugo Mudie, l'un des fondateurs et organisateurs du festival punk rock, et sa bande, ont enchaîné les mélodies avec un enthousiasme marqué. Tout comme la foule d'ailleurs, qui ne se gênait pas pour bouger les pieds devant la scène.

Mudie «rockait» d'ailleurs un superbe poncho et un chapeau bien assorti. On aime!

Vint ensuite Two Cow Garage et leur guitariste qui, de loin, ressemble drôlement à un Ed Sheeran blond (constatez par vous-même).

Ils ont amorcé leur show en force avec une interprétation très énergique de Brand New Flag.

Ils se sont ensuite excusés pour ce qui se passe dernièrement aux États-Unis, en se disant soulagé de pouvoir sortir de cet enfer l'instant d'une soirée. Les punks dans la place ont approuvé.

Le reste de leur set a rapidement dégringolé en intensité pendant quelques chansons. C'était bien exécuté, mais ça m'a un peu laissé sur mon appétit.

Ils ont cependant terminé avec une interprétation qui venait du fond de leurs tripes.

Un Dave Kirchgessner en veston et sa bande de Mustard Plug se sont présentés sur scène pour jouer, au grand plaisir des fans, l'album Evildoers Beware, qui célébrait vendredi son 20e anniversaire de sortie, jour pour jour.

Et là, le «party a pogné solide», comme on dit. Le bodysurfing pis envoie donc. Là, on peut dire que le Pouzza 5 est officiellement lancé!

Le parterre était plein à craquer. «Une belle grosse foule», comme le chanteur l'a si bien dit. Selon mes estimations, au plus fort de la soirée, le nombre total était bien au nord du 1000.

Les boys ont définitivement réussi leur pari (si c'en était un): l'énergie du groupe et une foule en délire ont laissé place à un moment mémorable, tant pour les amateurs de longue date que les nouvelles oreilles.

Et quoi de mieux pour terminer que Beer (Song)? Rien, à en croire la foule!

Tout droit sorti de New York, les vétérans de The Slackers, eux aussi en veston, ont fait une entrée plus discrète et sérieuse que leurs prédécesseurs.

Un peu comme leurs collègues, les boys ont interprété les succès tirés d'un de leurs albums plus âgés, Redlight.

Ce n'est pas que le groupe était mauvais. Mais avec leurs chansons plutôt lentes, les spectateurs sont restés timides, même s'ils semblaient grandement apprécier ce qu'ils voyaient et entendaient.

À 22h, c'est, selon moi, un facteur qu'auraient dû considérer les organisateurs, surtout lorsque les groupes s'enchaînent depuis 17h.

Sinon, comme plusieurs groupes risquent de le faire pendant la fin de semaine (pour ceux qui l'ignorent, le punk est une musique généralement très engagée), ils ont souligné qu'ils considèrent la présidence de Trump comme un désastre et que «les Québécois doivent lui résister».

Musicalement parlant, c'était excellent. Mais même si je suis un fan de punk et de ska depuis ma tendre adolescence, j'ai trouvé qu'il manquait un petit quelque chose pour conclure la soirée avec un point d'exclamation du côté du parterre du Quartier des spectacles.

À demain!


La première journée du Pouzza Fest s'est déroulée sous le signe du «girl power»

Le tout commence avec une rencontre pleine d'émotions avec le groupe angelino Bad Cop/Bad Cop sur la terrasse des fours (nous reviendrons à ce groupe plus tard).

Ensuite, une performance électrisante du trio originaire de Baltimore Canker Blossom. L’intensité avec laquelle le groupe occupe la scène est impressionnante. Et leur style de punk abrasif a su faire lever la foule, malgré le fait qu'elle n'était pas si imposante.

La chanteuse du groupe a une voix impressionnante. Et elle a même fait une blague sur la série américaine The Wire!

Le groupe The Penske File (oui-oui, le nom est une référence à Seinfeld) a suivi avec une performance de bon vieux punk le fun. Les trois gars du groupe démontrent une véritable affection et un bon sens de la camaraderie entre eux. Impossible de résister à leur performance avec leur bonne humeur et leurs riffs de guitare accrocheurs.

Détour au Beer garden pour voir une de mes formations favorites au Pouzza, le groupe ska Mustard Plug. Je n'ai pas été déçu. C’est spécial de voir des gens «skanker» en 2017.

De retour aux Foufs pour la formation Mannequin Pussy. La chanteuse était une genre de Stevie Nicks punk. Sa voix était à la fois stridente et juste, déchirant l'espace et le temps pendant qu'elle dansait de manière entraînante. Mention spéciale au bassiste qui occupait vraiment l'espace sur scène avec ses riffs hypnotisants. Le groupe oscillait vraiment entre le calme et le chaos.

Skating Polly ont un style mélancolique qui nous rappelle les premiers amours d’adolescence mais avec une tangente beaucoup plus hard. La bassiste et la guitariste s'échangent les lead vocals et n'ont surtout pas peur des harmonies à deux. Ils empruntent la structure quiet-loud-quiet(que l’on pourrait traduire par «calme-intense-calme») popularisée par des groupes tels que les Pixies. La guitariste et le batteur ont changé de rôles à un certain moment. La puissance de ce band ne doit certainement pas être sous-estimée.

Ma journée s'est terminée comme elle avait débutée: avec Bad Cop/Bad Cop. La formation angelena(de Los Angeles) livre un style de punk sans complexe. Les filles du groupe sont féministes et elles l’assument. Leur présence sur scène était vraiment imposante et leurs chansons s'enfilent très bien les unes après les autres. Définitivement le coup de coeur du jour (d’ailleurs, un dossier spécial sur la place des filles dans le punk rock devrait paraître demain).