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Un spectacle d’humour unique

Gad Elmaleh
Photo d'archives Gad Elmaleh

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Deux sommités mondiales de l’humour, une Française, une Américaine, réunies sur scène une seule fois. Et c’est au Québec que ça se passe: Gad Elmaleh et Jerry Seinfeld donneront un spectacle ensemble dans le cadre de Just for Laughs, le 26 juillet prochain, au Centre Bell.

Gad Elmaleh était de passage dans la province cette semaine. Le plus populaire des humoristes français a reçu l’Ordre national du Québec, un insigne qui lui a été remis à l’Assemblée nationale par le premier ministre Philippe Couillard. Le Journal s’est entretenu avec lui en marge de la cérémonie.

C’est ici, au Québec, que Gad Elmaleh vivra cet été quelque chose de ­«complètement fou»: faire un spectacle avec son «idole absolue». L’humoriste ­explique que les deux joueront sur cette relation fan/idole, en faisant des numéros ­ensemble, et des numéros séparément, ­tirés de leur one-man show ­respectif.

Le spectacle sera en anglais seulement. «On est devenu ami depuis une dizaine d’années, raconte Gad Elmaleh. Un jour, c’est lui qui a décidé qu’on allait ­faire un show ensemble. On va vraiment partager la scène tous les deux. Je n’en reviens pas moi-­même, ça va être une fête. Ça symbolise bien Montréal aussi parce qu’il y a les deux cultures.»

Gad Elmaleh a une drôle d’anecdote à raconter avec son idole, pour qui il a ­assuré des premières parties. Alors que Seinfeld était en France, il a téléphoné à Gad pour aller le visiter. Mais il était hors de question qu’il accepte qu’il mette les pieds chez lui.

«Je vous jure que c’est une vraie ­histoire, dit-il en riant. J’avais plein de posters de lui partout. Je ne voulais pas qu’il me prenne pour un gars creepy! Il n’est jamais venu.»

Jerry Seinfeld
Photo d'archives
Jerry Seinfeld

Attaché au Québec

On savait que Gad Elmaleh, qui a ­immigré du Maroc au Québec en 1988 pour les études, était profondément attaché aux Québécois. C’est ­aussi ici qu’il a commencé sa carrière.

Cet amour s’est une fois de plus approfondi cette semaine, alors qu’il a été fait chevalier de l’Ordre national du Québec, devant des amis québécois tel Rachid Badouri.

«C’est toute une émotion, a-t-il confié. Bien entendu que c’est un jour, c’est une médaille, c’est concret, mais ça fait appel à des souvenirs qui vont ­chercher dans ta mémoire de vraies ­émotions. Tout ce ­chemin, c’est quelque chose d’assez fort.»

«Souvent on me dit que j’imite très bien l’accent québécois, ajoute-t-il. Mais ce n’est pas seulement une ­imitation. Ce n’est pas simplement un truc comique, c’est être connecté à un peuple, à sa vie, à sa psychologie. C’est pour ça que je sais non pas vous imiter, mais peut-être être vous quelques fois.»

Une carrière américaine

Gad Elmaleh tente une percée ­américaine depuis deux ans: il est le ­premier humoriste français à réellement percer. Sa carrière anglophone va bon train. Il y a trois mois, il foulait les planches du mythique Carnegie Hall, à New York, avec son spectacle Oh my Gad, devant Jessica Chastain et Sarah Jessica Parker.

Une vidéo mise en ligne cette ­semaine, où il fait un sketch avec un douanier ­américain a été vue plus de six millions de fois. Il a été reçu sur les plus grands ­plateaux, comme celui de Jimmy Fallon. «Il y a maintenant un vrai intérêt pour ce que je fais», dit-il.

«Les États-Unis, c’est vraiment un ­challenge, ajoute-t-il. C’est très excitant. Et à un moment donné, les artistes, on a besoin d’être excités, qu’il se passe un truc pour pouvoir ressentir à nouveau des sensations fortes comme on les avait à nos débuts. Moi, j’ai choisi une autre langue, un autre territoire. Je commence de zéro, là!»