/finance/business
Navigation

Un Québécois parmi les plus grands vignerons de Bourgogne

Pascal Marchand y produit des vins haut de gamme

Le producteur de vin québécois Parcal Marchand en Bourgogne.
Photo courtoisie, Maison Marchand-Tawse Le Québécois Pascal Marchand est devenu un producteur de vin très respecté en Bourgogne.

Coup d'oeil sur cet article

Le monde des vins n’a plus de secret pour le Québécois Pascal Marchand, qui est devenu l’un des plus prolifiques producteurs de la Bourgogne.

Lorsqu’il a mis les pieds en France, en 1984, pour aller étudier la vigne à l’École de viticulture de Beaune, Pascal Marchand était toutefois loin de se douter qu’il deviendrait un jour une référence avec sa propre étiquette.

«Avec un groupe de copains, j’étais allé faire les vendanges en France. Comme on dit, j’ai eu la piqûre», souligne-t-il, lors d’un entretien avec Le Journal.

La Bourgogne est reconnue partout dans le monde pour offrir des vins très recherchés dits hauts de gamme dont les prix des bouteilles peuvent parfois atteindre des sommets vertigineux.

Les bouteilles produites par la maison de Pascal Marchand trouvent facilement preneurs pour 600 $ à 700 $ la pièce.

Heureusement, certains vins produits par sa maison sont beaucoup plus abordables.

Sur les tablettes de la Société des alcools du Québec (SAQ), on peut retrouver certains de ses vins pour environ une trentaine de dollars.

Au Canada, c’est la LCBO qui est toutefois sa meilleure acheteuse, précise-t-il.

Un parcours bien rempli

Il faut dire qu’au cours des 33 dernières années, Pascal Marchand a vu passablement d’action. D’abord, dans les vignobles de la Bourgogne et puis un peu partout sur la planète, où il a agi à titre de consultant notamment en Australie, en Californie, au Chili, en Argentine et dans la région de Niagara.

À ses débuts en Bourgogne, au Domaine des Épeneaux, et par la suite au Domaine de la Vougeraie, Pascal Marchand dit avoir toujours travaillé avec le souci de la qualité et du respect du métier.

« Pas facile »

En 2006, il a décidé de fonder sa propre étiquette en Bourgogne en partenariat avec le financier torontois Moray Tawse, avec qui il avait travaillé dans la région de Niagara.

«Ce n’est pas [une] business facile. Pour faire quelque chose qui tienne la route, il fallait que je m’associe avec un passionné des vins de Bourgogne et quelqu’un de très patient», avoue-t-il.

En Bourgogne, l’achat d’un hectare de terrain d’une appellation de type «Grand Cru» peut coûter jusqu’à 34 millions $ CAN, dit-il.

La maison Marchand-Tawse détient 8 hectares de terrains qui produisent entre autres des vins de Premier Cru et de Grand Cru.

La Bourgogne en chiffres

Production moyenne

  • 1,4 million d’hectolitres
  • 62 % de vins blancs
  • 28 % de vins rouges et rosés
  • 10 % de crémants de Bourgogne
  • 1 % de Grands Crus
  • 48 % de Villages et de Premiers Crus
  • 51 % de Régionales

Source : Vins de Bourgogne

Il veut produire les meilleurs vins au monde

Pascal Marchand ne cache pas que son objectif est de faire les meilleurs vins au monde.

«On est des passionnés de vin. On cherche toujours à boire les meilleures bouteilles. On veut faire les plus belles bouteilles», explique le producteur âgé de 54 ans.

Chaque année, sa maison réussit à produire quelque 10 000 bouteilles, réparties au sein d’une cinquantaine de vins différents. Plus de 80 % de sa production s’écoule hors France.

«Certains de nos Grands Crus ne dépassent pas les 300 à 400 bouteilles. Ce sont des vins en demande qui partent très vite», signale-t-il.

Son vin le plus réputé, le Musigny, un Grand Cru, dont la production annuelle ne dépasse pas les 400 bouteilles, se vend actuellement sur des sites américains à plus de 800 $ US.

Pas devenir trop gros

Le vigneron soutient que le volume de production de sa maison a toutefois atteint sa vitesse de croisière.

«On veut rester artisanal. Par exemple, on fait notre mise en bouteille en portant attention aux différentes phases de la lune. On ne voudrait pas entrer dans un processus trop industriel. Il faut trouver le bon équilibre.»

Sa maison fait également du négoce, ce qui lui permet d’avoir accès à de «belles cuvées» et de minimiser les risques de production.

L’année dernière, la région de la Bourgogne a été durement affectée par des périodes de gel au sol. Certains vignobles ont perdu jusqu’à 75 % de leur récolte.

«Il faut apprendre à naviguer là-dedans. La Bourgogne n’est pas facile, notamment au niveau des conditions climatiques. Il faut vraiment avoir un pied dans la place pour savoir ce qui se passe et bien comprendre le terrain.»

Après 33 ans de métier, Pascal Marchand n’est toutefois pas à la veille de prendre sa retraite.

Il se voit travailler la vigne encore plusieurs décennies, assure-t-il.