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Première batterie autochargeante

Hydro-Québec et McGill tentent de la concevoir

En laboratoire, l’équipe de Karim Zaghib est parvenue à créer une batterie capable d’absorber et d’emmagasiner l’énergie de la lumière.
Photo courtoisie En laboratoire, l’équipe de Karim Zaghib est parvenue à créer une batterie capable d’absorber et d’emmagasiner l’énergie de la lumière.

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Et si votre cellulaire pouvait se recharger par lui-même, sans que vous ayez à le brancher constamment? C’est ce qui pourrait bientôt être possible grâce à une technologie développée par Hydro-Québec et l’Université McGill.

Des scientifiques québécois sont en voie d’élaborer une batterie autochargeante qui se servirait de la lumière comme source d’énergie.

Celle-ci serait assez puissante pour alimenter des dispositifs portatifs comme un cellulaire ou une tablette, voire une voiture électrique.

Première mondiale 

Pour illustrer ce concept novateur, Karim Zaghib, directeur du groupe de conversion et de stockage d'énergie de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec, donne l’exemple d’une maison dont l’électricité serait fournie par des panneaux solaires.

«Pendant la journée, les panneaux absorbent de l’énergie du soleil, qui est emmagasinée dans des batteries. Pendant la nuit, j’utilise l’énergie des batteries. Ça, c’est deux dispositifs différents. Mais nous, ce qu’on a fait, c’est rassembler ces deux technologies en une seule», indique-t-il.

La batterie autochargeante conçue par les chercheurs de l’Université McGill et d’Hydro-Québec serait donc hybride, puisqu’elle pourrait à la fois absorber l’énergie solaire et l’emmagasiner. Une innovation qui, si elle voit le jour, représenterait une première mondiale.

«Des batteries solaires, ça existe déjà, mais pendant la nuit, lorsqu’il n’y a pas de soleil, elles ne fonctionnent pas», note M. Zaghib, sommité internationale dans le domaine des batteries. «Nous, ça fonctionne, parce que la batterie est capable d’emmagasiner l’énergie.»

Karim Zaghib
Photo d'archives
Karim Zaghib

Pas avant cinq ans

En laboratoire, les chercheurs ont réussi à démontrer la faisabilité de leur idée, et même à la concrétiser.

Ils ont en effet fabriqué une batterie capable de capter la lumière à l’aide de molécules de colorants photosensibles. Reste maintenant à tester leur produit à plus long terme.

«Ce n’est pas une batterie qui va être sur le marché dans un ou deux ans, prévient Karim Zaghib. On voit ça pour dans cinq ans et plus.»

Contrairement aux chargeurs solaires, qui sont difficiles à miniaturiser, la batterie hybride développée par ces scientifiques pourrait facilement être installée dans un cellulaire.

Toutefois, elle devrait être visible, pour que la lumière y ait accès.

«C’est sur qu’il va falloir penser au design, convient M. Zaghib. On n’est pas des spécialistes du design, mais on a quand même quelques idées. Par exemple, pour les autos, ma vision, ce serait de faire une voiture électrique dont le capot est transparent. Ça se fait déjà dans les voitures de luxe.»