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Un hommage à sa mère tuée

Une femme de la Rive-Sud veut sensibiliser les gens au phénomène de la violence conjugale

L’hommage à Francine Bissonnette est ouvert à tous. «N’importe qui se sentant interpellé est le bienvenu», dit sa fille Geneviève. Des informations sont fournies sur la page Facebook «Hommage posthume à Francine Bissonnette».
Photo Claudia Berthiaume L’hommage à Francine Bissonnette est ouvert à tous. «N’importe qui se sentant interpellé est le bienvenu», dit sa fille Geneviève. Des informations sont fournies sur la page Facebook «Hommage posthume à Francine Bissonnette».

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Un an après le décès de sa mère, une femme de la Rive-Sud veut sensibiliser les gens à l’importance de détecter les signes avant-coureurs de la violence conjugale avant que le pire ne survienne.

«Ça va faire un an et ça me rend vraiment très triste. Je ne sais pas comment faire pour passer à travers cette journée-là», confie Geneviève­­ Caumartin.

Sa mère, Francine Bissonnette, a été tuée le 5 juin 2016, dans sa résidence de Chambly. Elle avait 62 ans. Son conjoint, Daniel Déry, a été accusé­­ de meurtre non prémédité. Le sexagénaire n’a pas encore subi son procès.

Francine Bissonnette
Photo Claudia Berthiaume
Francine Bissonnette

Malgré la douleur toujours vive, Geneviève Caumartin a choisi de témoigner pour éviter qu’un tel drame se répète.

«On n’en parle pas assez, de la violence conjugale, surtout dans les petites villes. Les gens se pensent à l’abri, ils se disent que ce sont des cas isolés, mais ce n’est pas ça», soutient la femme de 39 ans.

Contrôle

D’après Mme Caumartin, le conjoint de sa mère était contrôlant, et la sexagénaire aurait été victime de violence psychologique au sein de son couple.

«Ma mère n’avait plus le droit d’avoir des hommes sur son Facebook. Quand [son conjoint] ne travaillait pas, il fallait tout le temps qu’il soit avec elle, même si c’était juste­­ pour venir magasiner avec moi», relate Geneviève.

La fille unique de Francine Bissonnette soutient qu’elle voyait celle-ci «beaucoup plus souvent» avant qu’elle ne fasse la rencontre Daniel Déry.

<b>Daniel Dery</b></br> 
<i>Accusé</i>
Photo Facebook
Daniel Dery
Accusé

Elle affirme que sa mère était dérangée par l’emprise de son conjoint, «mais qu’elle pensait qu’elle n’avait pas le choix [de la subir]».

Mme Bissonnette n’aurait jamais porté plainte, selon sa fille, et Déry n’a été accusé­­ de rien avant d’être arrêté pour meurtre.

«On banalise beaucoup la violence psycho­logique, souligne Mme Caumartin. On ne prend pas ça au sérieux. On dirait que ça devient­­ normal. Pourtant, la violence conju­gale commence toujours comme ça.»

Hommage

Afin de sensibiliser les gens, Geneviève Caumartin organise un hommage à sa mère, en partenariat avec la Maison Simonne-Monet­­-Chartrand.

L’organisme, qui héberge des femmes victimes­­ de violence conjugale, a accepté sans hésiter l’invitation.

«Il existe encore de la violence, mais il existe aussi des ressources. On est là depuis 33 ans, et ce n’est pas tout le monde­­ qui sait qu’il y a une ressource à Chambly», note Julie Genest, agente de liaison de la Maison.

L’événement se tiendra le 4 juin dans le gymnase de l’École Sainte-Marie de Chambly, où Mme Bissonnette travaillait auprès d’enfants handicapés.

 

Ce qu’elle a dit

Sur la violence conjugale

« On a toujours une pensée magique. On se dit que c’est impossible que ça nous arrive, que ça arrive juste aux autres. »

«D’habitude, ma mère souriait beaucoup et, dans les derniers mois, elle était très silencieuse. »

Sur le décès de sa mère

« C’était la fin du monde. C’était comme si une bombe atomique venait de tomber dans ma vie. Il y a un avant et un après. »

« Je sortais dehors et je ne comprenais pas pourquoi le monde continuait de tourner alors que, pour moi, il venait de s’arrêter. »