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Le mur des Lamentations

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La victoire de Gabriel Nadeau-Dubois dans Gouin ouvre un nouveau chapitre politique. Communicateur aguerri et organisateur redoutable, « GND » cherchera à donner à Québec solidaire la poussée dont il a besoin pour élargir ses appuis à l’extérieur de Montréal.

Le rejet par QS de tout pacte électoral avec le Parti québécois et le reniement de sa propre signature au bas d’une entente historique sur le mode d’accession à l’indépendance scellent toutefois leur divorce.

Pour Jean-François Lisée, c’est un piège à ours. En exigeant des dirigeants de QS qu’ils se dissocient de leurs militants qui ont traité lâchement le PQ de «raciste» pour sa défunte charte des valeurs, le chef péquiste trahit surtout sa crainte d’un nouvel adversaire plus musclé.

Étirer la sauce

Or, plus le PQ s’en plaint, plus le sujet perdure dans l’actualité. Plus il dure, plus il contribue à consolider la base de QS. Dépeindre « GND » comme un allié objectif de Philippe Couillard pourrait aussi faire boomerang. Une fois à l’Assemblée nationale, l’ex-leader étudiant risque plutôt de redevenir la bête noire des libéraux.

Au lieu de pleurer devant son mur des Lamentations, le PQ ferait mieux de passer à autre chose. Le divorce PQ-QS est officiel. À 16 mois des élections, le PQ est renvoyé à ses devoirs, dont celui de retrouver sa raison d’être.

Réparer

Il pourrait aussi tenter de réparer les pots cassés par la charte des valeurs en cessant de confondre «laïcité» et «identité québécoise». Le débat sur la laïcité transcende nos frontières. La version péquiste n’est certes pas «raciste», mais elle n’est pas un dogme intouchable non plus.

S’entêter à combiner identité nationale et laïcité était une grave erreur. Autant sur le plan politique que sur le fond de la question. De nombreux souverainistes, et non les moindres, l’ont dit haut et fort. Il s’agit maintenant de la corriger.