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Lisée devra être bon «en ost...»

Jean-François Lisée devra se surpasser pour vaincre les vents contraires.
Photo Simon Clark Jean-François Lisée devra se surpasser pour vaincre les vents contraires.

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Lorsque Jean-François Lisée a proposé à ses membres de repousser la tenue d’un référendum dans un éventuel deuxième mandat du Parti québécois, il s’est dépêché de «compenser» en affirmant qu’il allait former «un ostie de bon gouvernement».

«On le sait, on va avoir une mauvaise fin de session», a confié un péquiste déçu, après que Québec solidaire a rejeté toute convergence électorale en fournissant en prime une salve d’insultes. C’est drapé d’une image de grand stratège que Jean-François Lisée a été élu chef de la formation souverainiste. Or, QS s’est chargé de la déboulonner plus vite que les libéraux auraient pu en rêver.

Non seulement Lisée a perdu son aura, mais aussi son plan de match.

Au même moment, Gabriel Nadeau-Dubois est élu facilement dans Gouin grâce au PQ, qui lui a laissé le champ libre. Cette courbette passe mal chez les péquistes. Plusieurs d’entre eux l’auront de travers dans la gorge en regardant le dandy de la gauche se faire dérouler le tapis rouge à l’Assemblée nationale.

HOUDINI

À première vue, on imagine Jean-François Lisée condamné à réussir un tour de force digne de Houdini. Il se retrouve enchaîné, plongé dans un bassin d’eau, et on lui demande de trouver un truc pour sortir de là! Pendant que la Coalition avenir Québec prend du galon et que «GND» attire une jeune clientèle, le chef péquiste devra vite trouver une formule pour rendre le parti de René Lévesque attrayant. Et sans référendum sur la souveraineté.

Tout n’est pas perdu pour lui, tout de même.

Une alliance avec les solidaires n’aurait pas été de tout repos à gérer. L’épisode du congrès a démontré à quel point il est difficile d’arracher un compromis à QS. Comme dans Les mains sales de Jean-Paul Sartre, les membres de QS ne veulent pas compromettre l’idéal, même au nom de l’efficacité.

MAÎTRE DE SES CHOIX

Donc, maintenant qu’ils sont largués à gauche, Jean-François Lisée et le PQ peuvent au moins se consoler de pouvoir reprendre le contrôle de leur agenda.

Pour dire quoi? Qu’il ne faut pas baisser les impôts pour éviter de replonger le Québec dans l’austérité? Nous percevons à l’égard de cette ligne un enthousiasme bien mitigé.

Toutefois, il reste du temps. N’oublions pas que Lisée s’est lancé dans la course à la direction du PQ un peu sur le tard, loin derrière Alexandre Cloutier, sans l’appui d’un seul député au départ... et il a gagné.

ADMISSION DE LA SEMAINE

«Politburo, je vais vous faire rire, je ne savais même pas qu'est-ce que ça voulait dire.» – Manon Massé