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L’ancienne présidente aurait insulté un dirigeant syndical

Chantal Racette a été impliquée dans une altercation lors d’un congrès

Chantal Racette
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin L’ex-présidente des cols bleus, Chantal Racette, ici à la sortie d'une rencontre syndicale à Dorval le 2 décembre 2016.

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L’ex-présidente des cols bleus de Montréal, Chantal Racette, a été impliquée dans une altercation musclée avec un directeur de sa centrale syndicale, quelques jours seulement avant que cette dernière ne lui montre la porte.

Les allégations selon lesquelles le directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger, avait été intimidé et bousculé lors d’un congrès le 18 mai circulaient depuis quelques jours, et seraient l’une des causes de la mise en tutelle du local 301.

Marc Ranger<br>
<i>SCFP</i>
Photo Olivier Robichaud
Marc Ranger
SCFP

 

Or, la juge Johanne Mainville, de la Cour supérieure, affirme dans un jugement que Chantal Racette elle-même a été impliquée dans l’altercation.

Selon deux sources, dont un témoin visuel de la dispute, Mme Racette aurait intercepté M. Ranger à sa sortie de la salle de bain pendant le congrès. Elle était accompagnée de moins d’une dizaine de cols bleus.

«Elle l’engueulait vraiment fort. Il a réussi à se faufiler et on continuait à l’entendre crier en arrière. Elle lui lançait plein d’injures et le suivait. Je l’ai entendue dire: “T’es rien qu’un ost** de crosseur”», nous a rapporté un témoin qui a demandé l’anonymat.

L’accès bloqué

Deux sources nous ont aussi confirmé que M. Ranger aurait été bousculé physiquement par au moins un col bleu. Le directeur syndical étudie la possibilité de porter plainte à la police, avons-nous appris.

Ces révélations surviennent alors que la Cour supérieure est intervenue mardi pour obliger Chantal Racette et son syndicat à se soumettre à la tutelle imposée par le SCFP.

L’exécutif du local 301 ayant été dissous, le tuteur Denis Regimbald doit désormais diriger les affaires du syndicat. Mais mardi, ce dernier et deux huissiers se sont vu refuser l’accès aux locaux et donc aux documents.

«Les défendeurs Jacques Rochon et Michel Jeannotte ont refusé de lui donner accès aux bureaux et un quelconque contrôle sur les affaires du SCFP-301», peut-on lire dans le jugement.

La Cour a ordonné au Syndicat de remettre au tuteur tous les accès à ses locaux ainsi que tous ses documents, y compris financiers.

Contre-attaque à venir?

Hier, le tuteur a eu accès aux locaux et tout s’est déroulé normalement.

Néanmoins, des sources nous indiquent que l’on s’attend à une contre-attaque de Mme Racette et des ex-membres de son exécutif au cours des prochains jours. Une contestation de la tutelle n’est pas exclue.

Le syndicat des cols bleus ne nous a pas rendu nos appels hier. Dans un communiqué publié mardi, le local 301 avait nié avoir intimidé Marc Ranger et avait dit être constitué de «gens honnêtes qui avons à cœur l’intérêt de nos membres».