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GND déplore l’attitude de Lisée

Le nouveau député se questionne sur les motivations qui animaient le chef du PQ à l’égard de la convergence

GND déplore l’attitude de Lisée
Photo Ben Pelosse

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Après avoir appuyé l’idée d’un pacte électoral avec le Parti québécois, Gabriel Nadeau-Dubois se demande maintenant si Jean-François Lisée souhaitait réellement réaliser la convergence souverainiste. Il souligne que le chef péquiste a multiplié les attaques depuis que les délégués de Québec solidaire ont rejeté l’idée, en qualifiant notamment son comité de coordination national de «Politburo».

En entrevue, celui qui sera assermenté à l’Assemblée nationale mardi revient sur ce sujet qui a monopolisé les débats au cours des deux dernières semaines.

Vous aviez appuyé l’idée d’un pacte électoral avec le PQ. Êtes-vous déçu du rejet de la convergence par les délégués de Québec solidaire ?

J’ai trouvé les arguments émis en congrès très convaincants. Contrairement à la caricature qu’on en a faite, le débat au sein du congrès a été très sain, avec des arguments de fond. Des gens sont venus nous dire: ‘‘Je suis issu de l’immigration, QS était en train de me rendre indépendantiste, mais si on pactise avec le PQ alors qu’il ne fait aucun compromis sur son programme identitaire, ça va me repousser pour de bon du projet d’indépendance’’.

Vous avez tout de même voté pour la convergence au terme du débat. Avec le recul, avez-vous changé d’avis ?

Je lisais l’humoriste Louis T qui tweetait: “Si tu demandes quelqu’un en mariage et que, dès qu’elle dit non, tu l’insultes pendant deux semaines, c’est peut-être que tu n’avais pas vraiment envie de te marier.” Je trouve que l’attitude de Jean-François Lisée depuis la décision du congrès est assez révélatrice. Et, la question se pose: voulait-il vraiment une alliance, si Québec solidaire est un parti contrôlé par des forces occultes et un Politburo machiavélique qui est malintentionné et malhonnête?

Il y a quelque chose de révélateur dans cette attitude que je trouve déplacée et contre-productive, mais qui révèle que, dans le fond, il y avait beaucoup de stratégie dans les calculs de M. Lisée.

GND déplore l’attitude de Lisée
Photo Ben Pelosse

Pour vous, tout cela relevait de la tactique de la part de M. Lisée ?

Je ne prête pas d’intention, mais je constate, comme beaucoup de gens, qu’il y a un ton très agressif et un ton très négatif depuis la décision de Québec solidaire. Je trouve ça révélateur de ce que M. Lisée pense de Québec solidaire. Mais je pense qu’il est temps de tourner la page, d’arrêter de se

lancer des insultes et de se concentrer sur le parti au pouvoir.

Maintenant que le PQ n’a plus besoin de séduire les militants de QS, craignez-vous que le débat identitaire reprenne de plus belle ?

Le Parti québécois est responsable de ses choix stratégiques passés et des conséquences qu’ils ont eues. [...] Le projet de charte des valeurs c’est, de loin, le débat qui a le plus divisé le mouvement indépendantiste depuis des décennies.

D’ailleurs, si le Parti québécois avait voulu favoriser des pactes électoraux, la première chose à faire aurait été de mettre ce discours-là en veilleuse. Or, Jean-François Lisée a pris la décision réfléchie et consciente de poursuivre dans cette voie-là, d’aller même plus loin et d’écrire aux militants de Québec solidaire en les avertissant qu’il ne changerait pas de position. Alors, pour quelqu’un qui voulait une alliance, il s’y est drôlement mal pris, c’est le moins qu’on puisse dire.

En terminant, que pensez-vous de la proposition du premier ministre Philippe Couillard de rouvrir la discussion sur l’intégration du Québec dans la Constitution canadienne?

La bonne nouvelle, c’est qu’au moins, on en parle. Le problème, c’est qu’on parle essentiellement d’une campagne de relations publiques. C’est loin d’être un exercice démocratique comme nous on le souhaite à Québec solidaire. C’est la version diluée de [l’Accord du lac] Meech.