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Le Bloc québécois au bord de la mutinerie

Les députés bloquistes Michel Boudrias, Rhéal Fortin, Simon Marcil, Monique Pauzé, Louis Plamondon, Luc Thériault et Gabriel Ste-Marie ont parlé d'une même voix aux médias mercredi.
Photo Boris Proulx Les députés bloquistes Michel Boudrias, Rhéal Fortin, Simon Marcil, Monique Pauzé, Louis Plamondon, Luc Thériault et Gabriel Ste-Marie ont parlé d'une même voix aux médias mercredi.

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OTTAWA | La guerre interne au Bloc québécois provoque une réunion d’urgence jeudi matin après que sept de ses dix élus ont publiquement attaqué leur chef Martine Ouellet mercredi, et menacent de ne plus collaborer avec elle.

«Notre lien de confiance envers Martine [Ouellet] est affecté, et ça va prendre bien du travail pour le réparer», a affirmé mercredi le député de Joliette Gabriel Ste-Marie, aux côtés de six de ses collègues.

Une réunion d’urgence entre la chef du Bloc et ses députés était prévue hier soir pour «laver le linge sale en famille». La chef Martine Ouelle l’a plutôt reporté à ce matin, pour attendre la whip Marilène Gill, en voyage à New York.

Chef de cabinet

Moins de trois mois après son élection comme chef du Bloc québécois, Martine Ouellet a déjà une crise majeure à gérer au sein même de son parti.

Son chef de cabinet Louis-Philippe Dubois a été mis à la porte peu après un article du Huffington Post selon lequel il aurait coulé des informations dans les médias «dans le but avoué» de nuire à un député de son propre parti, Rhéal Fortin.

M. Dubois a soulevé que le cabinet d’avocat pour lequel travaille M. Fortin a fait affaire avec l’ex-maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon, mentionné par la commission Charbonneau mais jamais accusé.

Les députés bloquistes n’ont pas apprécié cette fuite dans les médias. Martine Ouellet a reconnu que son employé «n'a plus le lien de confiance» avec les élus, et condamne «toutes pratiques de coulage dans les médias».

Tensions

Le couronnement de Martine Ouellet à la tête du Bloc, en mars, a fait émerger deux clans au sein des troupes.

D’une part, trois députés de l’entourage de la chef ont des fonctions privilégiées au sein du parti : le leader parlementaire Xavier Barsalou Duval, la whip Marilène Gill et le président Mario Beaulieu.

De l’autre, les sept députés restants, dont quatre qui ont appuyé Mme Ouellet à la direction du parti, qui demandent maintenant des comptes à leur chef lors de la réunion de jeudi.

Guerre interne

«Il y a une espèce de petite mutinerie, il faut qu’elle s’arrête, à l’intérieur du caucus [...] de l’ancienne gang. [...] C’est une guéguerre d’égo», a commenté Martine Ouellet au 98,5 FM, mercredi après-midi.

Autre signe des tensions au Bloc, Mme Ouellet aurait fait retirer du site internet un communiqué au sujet de la Banque d'infrastructure du Canada, rédigé par deux députés qui ne l’ont pas consulté.

Les sept élus insatisfaits ont qualifié de «manque de jugement» le choix de chef de cabinet de Mme Ouellet. Ils souhaitent que celle-ci s’excuse jeudi.

Martine Ouellet et Louis-Philippe Dubois n’ont pas souhaité accorder d’entrevue au Journal.