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L’élévation présidentielle

L’élévation présidentielle
photo AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

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Barack Obama a livré hier une prestation oratoire à la hauteur de son talent. Un grand coup de l’avoir amené à Montréal. Il est l’un des grands tribuns de sa génération. Visionnaire et très érudit, il manie les mots autant que les émotions.

Le président Obama n’a pas livré la marchandise dans tous les dossiers. C’est d’ailleurs le gros reproche qu’on lui a fait de façon répétée. Comme conférencier, il a maintenant l’occasion de nous offrir des discours à la hauteur de son talent oratoire sans qu’un suivi sur le plan législatif ou administratif ne soit nécessaire.

C’est peut-être triste à dire, mais nous avons maintenant le meilleur de Barack Obama. La force du discours sans les contraintes politiques. Son message optimiste a été jugé inspirant par les gens de tous les horizons réunis au Centre des Congrès.

Il n’y a pas de phrases banales lorsqu’on a Donald Trump comme successeur. Même une apparente banalité comme «l’importance du Canada en tant que partenaire» devient une phrase sensible. Pourquoi? Parce que, face à la guerre commerciale lancée par Donald Trump contre le Canada, un ancien président qui réaffirme l’importance de la relation semble faire une déclaration lourde de sens.

Monsieur Obama n’a pas manqué de rappeler que son premier voyage à l’étranger comme président l’avait amené au Canada.

Le fantôme de Trump

L’ancien résident de la Maison-Blanche n’a jamais nommé Donald Trump. Mais son discours était forcément teinté de Trump. Sur tous les sujets, son allocution a dénoncé l’isolationnisme de l’administration actuelle.

Sur les questions économiques, il a rappelé les vertus du libre-échange et de l’ouverture au commerce entre les nations.

Sur l’avenir de la planète, il a insisté sur le danger de laisser les pays pauvres à eux-mêmes. Les pays riches ont une responsabilité pour un développement équilibré de la planète.

Sur l’influence des États-Unis, il a admis que, quand les États-Unis se retirent de l’accord de Paris ou s’isolent dans les grandes conférences internationales, ils cèdent leur place à d’autres joueurs comme la Chine. Ils sapent leur influence.

En résumé, s’isoler comme le fait Trump est une gaffe pour les États-Unis et pour le monde.

De la classe

Quelles que soient les idées défendues, il y a des qualités qu’on attend de l’un des plus grands leaders du monde. De l’élévation dans l’approche, une largeur de vue et de la classe. Barack Obama nous en a présenté un solide exemple encore hier soir.

Ce sont exactement les qualités qui manquent dramatiquement à l’actuel président. Son manque de classe a d’ailleurs atteint des fonds abyssaux le week-end dernier, alors qu’il a insulté le maire de Londres dans les minutes suivant un attentat dans sa ville.

Si Donald Trump n’arrive pas à trouver un peu de cette élévation présidentielle, il va devenir un homme aigri et isolé, qui n’aimera ni son travail ni sa population. Si jamais c’est ce que l’avenir nous réserve, soyez assurés que nous n’avons pas encore vu le pire de Trump.