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Sommes-nous en guerre?

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Avant de décider quelles méthodes nous devrions utiliser pour lutter contre l’islamisme, nous devons répondre à une question.

Une question claire, simple, mais d’une importance capitale pour la suite des choses.

Sommes-nous en guerre ou pas?

LES AR­ES DE LA PAIX

Dans un texte qu’il a publié dans Le Figaro, Hugues Moutouh, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, nous rappelle une vérité que nous avons tendance à oublier, obnubilés que nous sommes par nos chartes des droits – à savoir qu’un État se comporte différemment selon qu’il est en guerre ou pas.

«Quand nous sommes en temps de paix, rien n’est plus sacré que les libertés individuelles et l’égalité devant la loi.

«Mais lorsqu’un pays est en guerre, son gouvernement instaure la censure, interdit la liberté de réunion et d'aller et venir, interne les opposants dangereux ou les dissidents et n'hésite pas à fusiller ceux qui collaborent avec l'ennemi. Tous les régimes, même démocratiques, se plient à la discipline militaire la plus stricte en vue de la victoire finale.»

Alors, je vous pose la question: sommes-nous en temps de paix ou en temps de guerre?

Il faudrait savoir.

Si nous sommes en guerre, cessons de marcher sur des œufs, agissons en conséquence et prenons tous les moyens que la démocratie, la loi et les règles internationales mettent à notre disposition pour la gagner.

Après tout, on ne peut pas remporter une guerre si nous nous comportons comme si nous étions en temps de paix, ça serait carrément suicidaire...

Quand on se bat, on se bat pour gagner, en utilisant ses deux mains et ses deux pieds.

On ne se bat pas une main attachée dans le dos.

UNE HAINE SANS FRONTIÈRE

Vous me direz que la question ne se pose pas, que le Canada (ou la France ou l’Angleterre) n’a pas reçu de déclaration officielle de guerre et que les islamistes qui veulent notre peau ne logent pas à une seule adresse.

Effectivement.

Contrairement à ce qui s’est passé dans les années 1940, nous ne luttons pas contre un pays, mais contre une idéologie, une idéologie meurtrière qui n’a ni armée ni frontière.

Reste que les adeptes de cette idéologie nous ont bel et bien déclaré la guerre. Ils l’ont dit clairement, et à plusieurs reprises.

Ils s’installent même au sein de nos sociétés pour mieux nous frapper et nous déstabiliser...

Que faut-il de plus pour que nous allumions?

Comme le dit souvent Alain Finkielkraut, ce n’est pas parce que nous voulons vivre en paix que nous sommes en paix.

On ne choisit pas toujours d’être en guerre, il suffit qu’un ennemi nous déclare la guerre pour que nous nous retrouvions, à notre corps défendant, en guerre.

UN HUMANISME « VIRIL »

Les islamistes mènent une guerre contre nous, mais nous nous défendons comme si nous étions en paix.

Il y a quelque chose qui ne va pas là-dedans...

C’est bien beau, la protection des libertés et des droits individuels, mais comme l’écrivait Thomas Mann en 1935, le temps est venu pour notre humanisme de «découvrir sa virilité» afin que nous puissions nous défendre contre «un fanatisme dépourvu de vergogne et de scepticisme».