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Un calvaire de 107 minutes

Un calvaire de 107 minutes
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Mais pourquoi vouloir ressusciter les morts de cette manière-là?

Tous les studios, producteurs, ­réalisateurs et acteurs cherchent une franchise. La franchise, pour les employés, c’est l’assurance d’un ­travail, du salaire qui arrive régulièrement.

Pour les studios, une franchise est une manne. Un investissement de départ puis l’établissement d’une recette qui, suivie à la lettre, permet d’assurer un box-office ­solide. Warner en a fait l’expérience avec les Batman de Christopher ­Nolan, de même que l’association entre Disney et Marvel se révèle on ne peut plus lucrative.

Modernisation de classiques

Universal n’a aucun ­super héros dans sa collection ­d’archives. Pas un seul, pas même une entente avec un fabricant de jouets comme Hasbro, associé à ­Paramount pour, notamment, les Transformers. Comme les cinéphiles sont de plus en plus friands de ces superproductions d’aventures regorgeant d’effets spéciaux à la fine pointe de la technologie et de grosses vedettes, Universal a ­rouvert son coffre aux trésors et en a extirpé des personnages qui avaient fait sa renommée dans les années 1930 et 1940.

Après avoir réussi à intéresser Tom Cruise – qui est un peu gourmand, il faut l’avouer, puisqu’il est déjà à la barre des sagas Mission: Impossible et de Jack Reacher (sans compter qu’une suite d’Un jour sans lendemain est en préparation) - les studios ont décidé de faire revivre quantité de monstres, dont Frankenstein, sa fiancée, Dr. Jekyll, la créature du lagon noir, et toute cette bande de joyeux lurons en commençant par La momie.

Un ennui peu commun

Le problème, c’est que cette ­modernisation d’un classique est d’un ennui peu commun. Nick Morton (Tom Cruise, qui n’a jamais aussi mal joué de sa vie), aidé de son fidèle compagnon Chris Vail (Jake Johnson), est un soldat américain profitant de son déploiement en Irak pour voler des trésors archéologiques.

C’est ainsi qu’il tombe, après avoir fait bombarder un village, sur le ­sarcophage de la princesse Ahmanet (Sofia Boutella), une princesse égyptienne qui aurait dû devenir Pharaonne. Jenny Halsey (Annabelle Wallis), une archéologue avec laquelle Nick a couché et dont il est vaguement et secrètement amoureux, se joint au duo d’aventuriers lorsqu’il faut ramener le sarcophage et la momie qu’il contient en Angleterre pour études poussées.

On croise le Dr. Jekyll (Russell Crowe exhumé des boules à mites) sous un prétexte fallacieux et dont la présence ne sert qu’à annoncer aux cinéphiles que La ­momie n’est que le premier long ­métrage d’une franchise dédiée aux monstres.

Bref, après plusieurs batailles contre ladite momie d’Ahmanet, ­incluant un contrôle de l’esprit de Nick, la mort et la résurrection de Jenny, la transformation de Chris en zombie et on ne sait plus trop quoi d’autre, la planète peut recommencer à dormir sur ses deux oreilles, la ­méchante princesse étant mise hors d’état de nuire.

Heureusement, les studios et le réalisateur Alex Kurtzman (qui ­aurait dû se contenter de demeurer scénariste et producteur) ont eu la gentillesse de ne faire durer ce ­calvaire que 107 minutes et l’ont ­pimenté d’effets spéciaux coûteux et donc impressionnants. Mais ce sont bien les deux seules choses qu’on peut retenir de cette superproduction au parfum doucereux et douloureux de navet.


La momie | ★★

Film d’Alex Kurtzman avec Tom Cruise, Sofia Boutella et Annabelle Wallis