/misc
Navigation

Harfang des Neiges, Oiseau Bleu, Hochtaler et cie...

Coup d'oeil sur cet article

Est-ce qu’il m’arrive de goûter des vins de dépanneurs et d’épicerie? Tout à fait et plus d’une vingtaine de différents par année. Est-ce que ces vins m’offrent de l’émotion et du plaisir en dégustation? Pas vraiment, non. Je n’en bois pas avec ma famille et mes amis, mais j’en analyse un bon lot annuellement pour mon boulot de chroniqueur. Aucun de ceux-ci ne m’a jamais fait sourire et encore moins, fait plier du genou...

Par contre, je suis le premier à les défendre et à dire qu’une chance que ceux-ci existent parce qu’il faut bien commencer quelque part. Souvenez-vous de ce que nos parents et nos grands-parents buvaient, les amis! Du St-Georges, de l’Oiseau Bleu, du Cochon mignon... Ils se sont probablement réveillés souvent avec un solide mal de bloc après avoir abusé de ses pinards bien garnis en sucre et en sulfites.

Curiosité

Alors devrait-on encore rigoler de ce type de produits? Il faut comprendre que si ceux-ci n’avaient pas existé, le consommateur québécois ne serait probablement pas celui qu’il est aujourd’hui. On est curieux, on achète des vins de partout dans le monde, on élabore des harmonies mets-vins à la maison, on visite des vignobles, on pose des questions aux conseillers en vin pour faire des choix avisés, on prend le temps de sentir, d’analyser et de savoureux un verre de vin.

On va se le dire en se pétant les bretelles, au Québec, les gens aiment, les gens s’intéressent et les gens boivent du vin! On en boit et on en mange! Il y a des milliers d’amateurs de jus de raisin fermenté en province. On a des racines européennes, car on aime bien manger, on aime bavarder autour d’une table bien garnie, on aime prendre un p’tit verre... Et c’est en grande partie grâce aux vins de dépanneur qui ont «ouvert la porte» à notre ouverture d’esprit ainsi qu’à la bonne consommation de vin au Québec comme on la connaît aujourd’hui.

Par contre, on doit quand même admettre que les vins d’épicerie et de dépanneur qui sont proposés chez nous depuis 7-8 ans sont nettement supérieurs aux «maigrichonnes cuvées» que nos parents buvaient au glacial 4 degrés de leur frigo dans les années 70, 80 et 90.

Dorénavant plusieurs vins non vendus sur les tablettes de notre monopole pourront en surprendre plus d’un en dégustation. Je pense à certains vins de Julia Wines ou de François Chartier qui sont disponibles en supermarché et ailleurs. À mon avis, ces derniers ne sont pas vraiment de grands rapports qualité/prix/plaisir, mais ils s’avèrent une excellente «béquille» le samedi soir si nous sommes attendus chez des amis et que la SAQ est fermée.

Vaste choix

Malgré le fait que je «défende» ces bouteilles, j’achète 100 % de mes flacons directement sur les tablettes de la SAQ ou par le biais de l’importation privée. Plus vaste choix, bouteilles de plus petits producteurs, meilleure qualité dans l’ensemble et rapports qualité/prix nettement supérieurs.

On peut donc candidement remercier toutes ces bouteilles vendues en épiceries et dans les dépanneurs qui ont tracé la piste à une «meilleure consommation de vin» au Québec! Tout doucement, les gens se sont lassés de boire ces vins blancs (très souvent blancs!) assez sucrés et sans grande vertu pour acheter des fioles plus qualitatives. À ce jour, on boit tout près de 25 litres de vin par année par personne dans notre Belle Province, ce qui est énorme!

De plus on n’a pas peur de mettre la main dans sa poche pour débourser un 25-30 $ pour acheter une «bonne quille» de week-end. Le «buzz» du vin est vachement perceptible et c’est formidable ainsi! On peut donc lever notre verre et dire un gros merci à toutes ces «cuvées volailles» (Harfang des Neiges, Baby Duck, Oiseau Bleu...)!

 

Vin de la semaine

Photo courtoisie
Campo de Borja 2015
Tocado - Borsao  -  Aragon - Espagne
Code: 10845701 - Prix: 8,75 $
Servir à 15 °C
 

Idéal avec un spaghetti sauce tomate aux boulettes de viande ou une ribambelle de mini-burgers.

Ce jeune et fougueux rouge ibérique est toujours aussi coloré, parfumé et bourré de fruits que dans les millésimes précédents! Simple, pulpeux, frais, honnête, étonnant et sans lourdeur. À ce prix, si vous ne l’aimez pas, vous pourrez vous en servir pour élaborer une Sangria. À moins de 9 $, il est bien placé pour effectuer un candide pied de nez à bien des piquettes coûtant 4-5 $ de plus la bouteille... Bravo Borsao pour ce joli Tocado!