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Lire le bon livre au bon moment

Pascale Montpetit
Photo Monic Richard

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La comédienne Pascale Montpetit a eu la piqûre de la lecture au début de la vingtaine et, depuis, elle lit tout ce qui pique sa curiosité.

En avril dernier, vous avez été la porte-parole de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (JMLDA). Les livres ont toujours occupé une grande place dans votre vie?

Même si j’ai grandi dans une famille de lecteurs, j’ai connu une vie sans livres jusqu’à l’âge de 20 ans, environ. À cette époque, j’étais trop encombrée par ma propre histoire... Et puis j’ai lu le bon livre au bon moment: La vie devant soi, d’Émile Ajar, qui m’a fait découvrir toutes les possibilités de la lecture. J’ai eu l’impression de rencontrer quelqu’un qui me comprenait, qui me consolait.

Maintenant que je suis mère d’une petite fille de 8 ans, je tiens à ce qu’elle sache que les livres existent et, au Québec, on est très bien servi par les ­bibliothèques. Moi, ça me convient de sortir de l’agitation du monde pour lire un livre! À mes yeux, la lecture n’est pas une activité passive, parce qu’on doit compléter par l’imagination ce que l’auteur a écrit.

Vous lisez de tout, ou est-ce qu’il y a des genres que vous aimez plus ­particulièrement?

Je n’ai jamais tellement accroché à la science-fiction. Pour moi, la réalité c’est déjà de la science-fiction! En revanche, j’aime beaucoup l’autofiction et les récits intimistes. Je lis également essais, poésie et livres de développement personnel.

De façon générale, qu’est-ce qui guide vos choix de lecture?

Je lis beaucoup sur recommandation. Si j’entends quelqu’un dire qu’il a aimé tel ou tel livre, je vais avoir la curiosité de découvrir pourquoi il l’a aimé. Je vais également avoir ­tendance à lire ce que les ­écrivains que j’affectionne lisent: Jacques Poulin aime Hemingway, alors comme j’aime Poulin, je vais aller voir Hemingway.

Cette année, l’un des ­slogans de la JMLDA était «Vous avez un livre non lu.» Dans votre bibliothèque, il y a beaucoup de livres non lus?

Non, parce que j’ai fait beaucoup de désencombrement avec les ans. Dans ma purge, je n’ai gardé que les livres que je voulais garder et que j’étais certaine de vouloir lire. J’ai donc quelques livres de philo non lus. Je ne sais pas si c’est une idée romantique, mais je me suis dit que, dans mon grand âge, ­j’allais me consacrer à l’étude de la philosophie!

Qu’est-ce que vous vous promettez de lire un jour?

Je veux lire J’ai serré la main du diable, de Roméo Dallaire. J’ai récemment entendu dire qu’il avait pris goût à l’écriture et je trouve ça beau d’entendre ça de la part de quelqu’un qui n’est pas fils d’écrivain. Il y ­aurait aussi William Faulkner, sauf que j’ai toujours eu de la misère à le lire...

Côté romans, quels sont vos plus récents coups de cœur?

Les deux romans de ma camarade Sylvie Drapeau. Des romans très courts, de 100 pages à peine. Il y a d’abord eu Le fleuve, puis Le ciel, qui vient de sortir chez Leméac. Je la connais comme actrice. Mais découvrir un autre aspect d’elle en la lisant, c’est assez particulier. Je pressentais son extrême sensibilité, mais déployée dans les mots, wow, ça m’a touchée!

Finalement, on peut vous demander ce que vous êtes présentement en train de lire?

En ce moment, je lis La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben, un garde forestier qui a passé énormément de temps dans les forêts et qui s’est rendu compte que les arbres communiquaient entre eux et s’entraidaient. C’est un ami journaliste qui m’a suggéré ce livre-là et je le trouve fascinant: après l’avoir lu, on se promènera dans les bois sans voir les choses de la même façon.