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Un rôle bouleversant pour Patrick Bruel

Tournage Un sac de Billes Patrick Bruel
Photo courtoisie

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«Quel est le père capable, en pleine nuit, en 1942, de laisser aller ses deux enfants, avec un peu d’argent et la seule consigne de ne pas dire qu’ils sont juifs, de se démerder pour trouver un passeur qui va les emmener en zone libre, quand un passeur sur deux était un escroc qui les ­vendait aux nazis?» se questionne Patrick Bruel, qui résume par le fait même l’histoire du film Un sac de billes.

L’acteur et chanteur y campe le rôle très bouleversant de ce père, dans le plus récent film de Christian Duguay, qui prend l’affiche vendredi prochain au Québec.

«Moi, je ne serais pas capable. Je ne serais pas capable de le faire parce que je connais l’histoire. Lui, il ne la connaît pas. Le film est bouleversant. Il n’y a pas une personne qui sort de ce film sans pleurer. Pas une.»

Avant d’accepter ce rôle, Patrick Bruel, rencontré au Québec lors de la tournée Barbara il y a quelques semaines, s’est questionné sur la ­pertinence de faire «un film de plus» sur l’époque nazie.

«J’ai dit à Christian Duguay que son film n’allait tenir la route que s’il avait deux enfants géniaux. Et ces gamins sont tellement extraordinaires», dit-il au sujet des deux jeunes acteurs ­principaux qui jouent ses enfants.

Un film actuel

Il y a plusieurs films qui ont été faits sur l’époque nazie, mais il n’en reste pas moins qu’ils sont d’une grande ­importance aujourd’hui, affirme ­Patrick Bruel.

«On arrive dans la période de l’oubli. On arrive dans la période où les gamins de 10, 12, 13 ans ne savent pas qu’il y a six millions de juifs qui ont été assassinés par les nazis. Ça ouvre des débats. Sur l’exclusion, sur le racisme.»

Patrick Bruel y voit-il une similitude avec le climat de peur qui règne sur la planète en ce moment? «Complètement», dit-il.

Ironiquement, le tournage se déroulait en novembre 2015, alors que des attentats sont survenus au Bataclan et aux abords du Stade de France le 13 novembre... où se trouvaient d’ailleurs les deux fils de Patrick Bruel.

«Les scènes les plus importantes ont été tournées entre le 17 et le 22 novembre. On n’avait pas besoin d’aller chercher les émotions. Tout le monde était à fleur de peau. Le 14 novembre, j’ai essayé d’expliquer l’inexplicable à mes enfants en les prenant dans mes bras. Deux jours plus tard, j’explique l’inexplicable à deux enfants en 1942. C’est très troublant», laisse-t-il tomber.

« Là où on ne m’attend pas »

Plus tard cette année, le public verra Patrick Bruel dans Una famiglia, un film italien. «C’est un film très dur, un personnage très noir, je vais là où on ne m’attend vraiment, mais ­vraiment pas, confie-t-il. Être là où on ne ­m’attend pas, c’est ce qui m’a toujours plu au cinéma».

La sortie du film Un sac de billes au Québec coïncide avec le fait qu’il y a 30 ans, en 1987, Patrick Bruel effectuait sa première visite au Québec, dans le cadre de la promotion du film Attention, bandit! de Claude Lelouche. C’est donc le cinéma qui l’a amené chez nous.

«C’est la première fois que j’arrivais ici. Ça faisait des années que j’entendais parler de Montréal. J’ai tout de suite eu envie de revenir. Très vite, mes chansons ont suivi.»


♦ Le film Un sac de billes sort en salles le vendredi 16 juin.

 

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