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Une grande réussite

<b><i>Les petites victoires</i></b><br />
Yvon Roy<br />
Rue de Sèvres
Photo courtoisie Les petites victoires
Yvon Roy
Rue de Sèvres

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Après avoir signé les illustrations de l’adaptation en BD d’Agaguk parue en 2008, le Québécois Yvon Roy livre un poignant second album racontant l’autisme de son fils.

Se caractérisant par des difficultés de nature communicationnelles et comportementales, le trouble du spectre de l’autisme (TSA), généralement dépisté à l’enfance, se vit différemment d’une personne à l’autre. Bien que cette condition occupe un certain espace médiatique, l’auteur Yvon Roy considère qu’on la connait somme toute très peu.

«Au départ, je souhaitais produire des fascicules illustrés destinés aux parents d’enfants autistes afin d’échanger des trucs, comme par exemple amener l’enfant à vous regarder dans les yeux, explique l’artiste joint au téléphone. Malgré la divergence de pensées du milieu, il était primordial pour moi d’y arriver, autrement, comment allais-je pouvoir lui enseigner quoi que ce soit?»

Fort du progrès inédit que l’artiste et son fils accomplirent, le fascicule céda la place à un album de bande dessinée, grâce aux encouragements d’une éducatrice spécialisée. Au départ récalcitrant à l’idée de replonger dans l’émotion de ces années difficiles, Yvon Roy affirme y avoir mis tout ce qu’il avait. Pendant un an, il a consacré tout son temps à la réalisation des Petites victoires.

«Je craignais plus que tout une volée de bois vert. Je ne voulais absolument pas m’accorder le beau rôle ni donner une fausse impression de facilité. Car au-delà des ressources disponibles après le diagnostic — qui sont grandement appréciées —, il est impératif qu’il y ait une véritable prise en charge de l’enfant par les parents.»

Sous l’aile d’un grand

Ayant longtemps roulé sa bosse comme illustrateur jeunesse, Yvon Roy a été initié aux rudiments de l’art séquentiel par nul autre que Régis Loisel, auteur de La quête de l’oiseau du temps, Magasin Général et plus récemment de Mickey Mouse Café Zombo.

Avec pareil maître, on ne s’étonne nullement que l’élève réussisse à pondre un deuxième album d’une maturité graphique et scénaristique rare.

Alors qu’un éditeur met plusieurs mois pour répondre aux dépôts de projets d’auteurs, il aura seulement fallu quatre jours à la jeune structure éditoriale parisienne rue de Sèvres afin accepter de publier le récit. Ainsi, Roy s’inscrit dans un prestigieux catalogue qui compte notamment Zep et Joann Sfar.

Que peut produire un auteur après pareil ouvrage coup-de-poing?

«J’ignore si je poursuivrai dans cette veine, ou si j’investirai un autre genre. Pour l’instant, je vis mon “bébé blues!”»

Si l’auteur se remet lentement de ses émotions, le lecteur est convié, quant à lui, à en vivre de grandes à la lecture de ce bouleversant récit autobiographique empreint d’amour, de résilience et d’espoir.

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