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Illusion, ambition et désenchantement

Illusion, ambition et désenchantement
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C’est dans quelques jours que l’on pourra assister à la relecture de Demain matin, Montréal m’attend, célèbre œuvre de Michel Tremblay. La pièce créée en 1970 raconte l’histoire d’une jeune chanteuse ambitieuse qui souhaite suivre les traces de sa sœur vedette de cabaret.

Près de 50 ans plus tard, le sujet n’a pas pris une ride. Aspirer à la gloire après un succès instantané demeure un sujet actuel.

Pour Hélène Bourgeois-Leclerc, qui prêtera ses traits à Rita Tétrault, alias Lola Lee, jouer dans ce classique du théâtre représente une aventure unique. Dans ce nouveau rôle, la comédienne interprète une chanteuse de cabaret qui a travaillé très fort pour faire sa place dans le monde du show-business montréalais.

«C’est une superbe expérience», lance Hélène Bourgeois-Leclerc, qui travaillera pour la première fois avec le metteur en scène René Richard Cyr. Elle qui n’avait encore jamais joué du Michel Tremblay – et qui devra ­chanter dans ce théâtre musical! – a dû se retrousser les manches. Loin d’avoir le vertige, elle s’est plutôt laisser ­porter par la motivation du projet.

Un beau défi

Déjà, en vue de l’audition il y a un an, elle s’était préparée avec un professeur de chant pendant quelques semaines. Puis, après avoir décroché le rôle, la comédienne a passé près d’une ­cinquantaine d’heures avec un ­professeur privé afin d’être à la hauteur du personnage. «Nous ne sommes pas dans la comédie musicale, ni dans un tour de chant, mais dans un théâtre musical», nuance la comédienne, qui campera le rôle que Denise Filiatrault jouait lors de la création de la pièce.

«Les chansons viendront appuyer quelque chose qui vient d’être dit ou qui sera vécu», fait remarquer Hélène Bourgeois-Leclerc.

Grande rivalité

«Lola Lee est une femme très ­touchante et très imposante, mais ­aussi très troublante», souligne celle que l’on n’avait pas vue au théâtre depuis 2013 dans La Vénus au vison.

Lola Lee, qui est parvenue à faire sa place dans l’univers des cabarets et du music-hall montréalais, n’appréciera pas l’arrivée de sa petite sœur, Louise Tétrault (Marie-Andrée Lemieux), qui vient de remporter un prix lors d’un concours de chant. Celle-ci, portée par l’ambition, quitte son village natal et son emploi de serveuse pour rejoindre sa grande sœur et suivre son parcours. Loin d’être séduite par l’idée d’avoir à ses côtés une version plus jeune d’elle-même, Rita traînera sa cadette dans les bas-fonds des clubs montréalais, où la prostitution est monnaie courante, afin de la décourager.

«On constatera tout ce que l’on peut faire afin de garder sa place au ­sommet», révèle-t-elle.

Si Hélène Bourgeois-Leclerc ­considère la prémisse assez simple, sans grand revirement, c’est l’aspect de l’illusion, de l’ambition et du désenchantement que l’on retrouve dans la pièce qui la rend si intéressante. «Il est aussi question du besoin d’exister aux yeux des autres», conclut-elle.

Demain matin, Montréal ­m’attend

♦Auteur: Michel Tremblay

♦Adaptation et mise en scène: René Richard Cyr

♦Du 13 au 17 juin au TNM dans le cadre des FrancoFolies

♦Du 19 septembre au 14 octobre au TNM

♦Suivi d’une tournée au Québec