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Le château du capitaine

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Qui parmi vous, de 7 à 77 ans, n’a pas lu les aventures de Tintin où le capitaine Haddock pique des colères noires, où il profère des chapelets de jurons pittoresques?

Après avoir trouvé le fameux ­trésor de Rackham le Rouge, dissimulé dans le sous-sol du château de son ancêtre François de Haddock, Moulinsart, le capitaine achète le bâtiment et garde, comme majordome, Nestor, qui jusque là travaillait (sans le savoir) pour des bandits. Dans sa nouvelle richesse et son château, Haddock invite Tintin à vivre avec lui.

Dans la bédé, Moulinsart est situé en Belgique; mais le château qui a servi de modèle à Hergé, Cheverny, est en réalité situé en France, dans la Loire. J’y suis allé ce printemps.

Le château de Cheverny est plus grand que sa réplique dessinée, qui a été amputée des deux ­pavillons aux extrémités. L’architecte Jacques Bougier, qui a conçu ce bâtiment en 1624, ne s’imaginait certainement pas qu’un jour son œuvre inspirerait le plus célèbre bédéiste belge du 20e siècle, et que le fictif Moulinsart supplanterait en notoriété le réel château de ­Cheverny.

La principale différence entre Cheverny et Moulinsart est la meute de 125 chiennes, toutes des femelles, de chasse à la courre. Le gentil et sensible Tintin n’est certainement pas un adepte de la chasse... Et le seul chien du château, Milou, est moins occupé à traquer le gibier qu’à se chicaner avec le chat du capitaine. Autre différence: l’intérieur du vrai château est extrêmement orné, je dirais excessivement, dans un souci de faste aristocratique. Jamais de la vie un Haddock ou un Tintin n’auraient été à l’aise dans un décor aussi guindé! Hergé a donc tout bonnement omis les décorations, hormis les meubles antiques. Pour le voyageur qui aime Tintin et qui passe par la Loire, le château de Cheverny vaut le détour.