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Secrets, trahisons et hockey

Chrystine Brouillet
Photo courtoisie, Maxyme G. Delisle

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Après s’être intéressée aux maisons de retraite et aux personnes âgées dans son dernier roman, Chrystine Brouillet s’est plongée dans l’univers des ados et du hockey dans la nouvelle enquête de Maud Graham, À qui la faute?. Le roman, complexe et astucieux, multiplie les intrigues et démontre tout le savoir-faire de cette romancière de grand talent.

Dans cette enquête, Maud Graham et ses acolytes de la police de Québec devront fouiller pour comprendre comment un drame a bien pu frapper des familles qu’on aurait cru sans histoire. des Des familles qui se connaissent depuis longtemps, des gens qui supportent fièrement leurs enfants dans les sports. Mais des gens dont l’existence en apparence tranquille n’est pas sans histoire.

Chrystine Brouillet, experte dans l’art de raconter une histoire, de faire intervenir toute une galerie de personnages, mène de main de maître plusieurs intrigues parallèles dans ce roman.

«C’est possible parce que ça fait longtemps que je suis avec Maud Graham. Je n’aurais jamais pu faire ça au début. Mais après 30 ans de vie commune, on se connaît bien. Et en 30 ans, Maud a appris à déléguer un peu plus. Elle était un petit peu plus contrôlante avant et maintenant, elle s’appuie beaucoup plus sur McEwen, Joubert. Elle sait que ces gens ont fait leurs preuves et n’a pas besoin de tout vérifierde et tout contrôler. Ça me permet d’avoir des intrigues plus complexes, tricotées serrées, qui vont dans plusieurs directions.»

Sentiment de culpabilité

À travers cette nouvelle enquête, la romancière avait envie d’explorer le sentiment de culpabilité qui anime parfois les gens. «Les personnes qui se sentent coupables sont celles qui ne devraient pas se sentir coupables, les enfants sur qui on met énormément de pression et qui se sentent coupables de ne pas satisfaire leurs parents. Et des gens qui devraient se poser des questions et ne s’en posent pas, parce qu’ils décident pour les autres ce qu’ils aiment et n’aiment pas, et ce qui doit être fait.»

La romancière n’est pas particulièrement passionnée de hockey – un univers dont il est question dans À qui la faute? - mais aime bien regarder un match de temps en temps. Elle a fréquenté les arénas dans sa jeunesse puisqu’elle a suivi des cours de patinage.

«Je me suis rappelé un match de hockey auquel j’avais assisté. C’étaient des gamins qui étaient à l’aréna et j’entendais les parents qui gueulaient dans les estrades. J’ai vu un père qui chialait après son fils parce qu’il n’avait pas compté un but. Mais voyons donc... tu joues pas ta vie!», commente-t-elle. «C’est censé être un jeu... mais c’en est plus un. (...) Je trouve ça triste et ça ne rejoint pas mes valeurs ni celles de Maud Graham.»

La relève de Maud

Lentement mais sûrement, Chrystine Brouillet s’assure également que sa détective, qui avance en âge, aura de la relève, en la personne de Maxime, son fils adoptif. Il est maintenant à l’Institut de police de Nicolet et parfait son apprentissage.

«J’ai pas le choix de faire vieillir Maud Graham», commente-t-elle. Elle va être obligée de prendre sa retraite: je ne pourrai pas la garder éternellement au poste de police! Je peux encore faire quelques enquêtes avec elle, donc il faut préparer la relève. C’est Maxime qui va prendre la place. Maud est très fière de son fils adoptif, mais en même temps, elle est anxieuse parce qu’elle sait dans quel univers il va travailler.»

Chrystine Brouillet<br>
<i>À qui la faute?</i><br>
Éditions Druide, 392 pages
Photo courtoisie
Chrystine Brouillet
À qui la faute?
Éditions Druide, 392 pages
  • En librairie le 14 juin.
  • Chrystine Brouillet a écrit plus d’une cinquantaine de romans, surtout policiers.
  • Sa série mettant en vedette la détective Maud Graham s’est vendue à plus de 650 000 exemplaires.

EXTRAIT

«Maud Graham voulait tout de même savoir depuis quand durait ce conflit entre les deux adolescents. Un coup de sifflet arrêta les joueurs cinq minutes avant la fin de l’entraînement et Gilbert Cloutier ordonna à un des jeunes de quitter la patinoire. L’adolescent rouspéta, mais Cloutier esquissa un geste pour le chasser vers le banc des joueurs. Graham entendit alors un cri à côté d’elle, vit une femme aux cheveux sombres se lever pour protester. Elle resta debout quelques secondes, mais finit par se rasseoir, tourna la tête vers un voisin pour le prendre à témoin: l’entraîneur avait puni son fils sans raison, non?»

— Chrystine Brouillet, À qui la faute?