/finance/opinion/columnists
Navigation

Les Soviets chez nos concessionnaires

Coup d'oeil sur cet article

Dès janvier 2018, les voitures neuves à essence risquent de coûter plus cher. La loi 104, qui impose des quotas de vente de véhicules électriques dans les concessionnaires, entrera en vigueur. Si ces quotas ne sont pas respectés, les fabricants devront payer des «amendes» au gouvernement.

Quelles sont ces cibles? Il s’est vendu 3107 véhicules électriques au Québec en 2016, soit 0,7 % du total des ventes de voitures. Le gouvernement voudrait que cette proportion passe à 3,2 % dès l’an prochain. Et tenez-vous bien : 15 % en 2025.

Non seulement cette politique est un non-sens économique en tentant de «forcer» une demande qui n’existe pas encore, mais elle brime la liberté de commerce des concessionnaires et des fabricants.

Et qui va payer la note? Comme il en coûtera probablement une beurrée en amendes aux grands constructeurs, ceux-ci n’auront d’autre choix que de refiler la facture aux consommateurs. On l’ajoutera donc à la longue liste des «taxes déguisées» au Québec...

Politique inefficace

En fait, c’est toute la politique liée aux voitures électriques qu’il faudrait revoir. Un rapport de la Commission de l’écofiscalité du Canada mentionnait la semaine dernière que le programme Roulez électrique, qui offre entre autres un rabais de 8000 $ pour une voiture neuve entièrement électrique, coûte cher. Très cher, pour l’impact environnemental minime qu’il pourrait avoir.

La plus coûteuse

Le programme permettrait de retrancher 3 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) sur les 13 prochaines années, mais au coût énorme de 395 $ la tonne. En comparaison, le coût de réduire une tonne de GES par le mécanisme de la bourse du carbone, dont le Québec fait partie, est de moins de 20 $ la tonne...

Parmi toutes les façons de lutter contre les GES, il s’agit vraisemblablement de la plus coûteuse et la plus inefficace. (Rappelons qu’au mieux, le «succès» actuel des voitures électriques pourrait permettre de réduire de 1 % les émissions québé coises totales de GES.)

Qui plus est, on gaspille l’argent des contribuables pour subventionner les gens plus fortunés, capables de se payer ces voitures relativement chères, et dont un bon nombre auraient acheté ce type de véhicule même sans subventions.

Il y a une raison pourquoi il se vend encore relativement peu de véhicules électriques : ils ne sont pas encore aussi fiables que les automobiles à essence en toutes saisons, et les prix demeurent élevés. Mieux vaut laisser l’innovation et la technologie améliorer les performances de ces véhicules et diminuer leurs coûts — et c’est ce qui se produit un peu plus chaque année —, que d’implanter des politiques nuisibles aux fabricants et aux concessionnaires, dignes des plans quinquennaux soviétiques.