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Conquête inattendue mais méritée

Sans Marc-André Fleury, les ­Penguins n’auraient pas remporté un deuxième championnat ­d’affilée.
Photo d’archives Sans Marc-André Fleury, les ­Penguins n’auraient pas remporté un deuxième championnat ­d’affilée.

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La citation qui suit est de Charles Barkley, ancien joueur étoile de la NBA: «Les meilleures équipes sont celles qui gagnent souvent. C’est difficile de ­gagner. Nous voulons tous ­gagner. Mais les grandes équipes sont celles qui ­remportent plusieurs ­championnats. Celles-là, je les élève sur un piédestal.»

«Sir Charles» a fait cette déclaration lors du dévoilement des 10 plus grandes équipes championnes de la Coupe Stanley, la semaine dernière, à Nashville. Grand amateur de hockey, il s’était présenté à l’improviste à la conférence de presse animée par Wayne Gretzky, ambassadeur des ­célébrations du centenaire de la LNH.

Après le match remporté par les ­Predators, il est allé serrer dans ses bras Nathalie Lemieux, l’épouse de ­Mario, avant de faire l’accolade à Pierre Larouche, qui a eu la douleur de perdre sa femme dernièrement. Il a fait de même avec le grand Mario avant de faire un brin de causette avec P.K. ­Subban.

Ardeur au travail et résilience

Aujourd’hui, l’édition 2016-2017 des Penguins doit faire partie de la liste des grandes équipes de Barkley. Pas seulement parce que cette formation a réussi à remporter un deuxième championnat d’affilée à une époque qui ne se prête plus à ça en raison des contraintes budgétaires et de la ­répartition du talent, mais aussi parce qu’elle a dû composer avec une ­défense suspecte et affaiblie par ­l’absence de son pilier, Kristopher ­Letang.

Ça démontre encore une fois qu’il faut plus que du talent pour mériter les grands honneurs. Ça demande beaucoup de travail et une grande ­résilience.

Les grandes équipes trouvent ­toujours un moyen de gagner.

En saison régulière, Sidney Crosby et Evgeni Malkin ont dû s’absenter en raison de blessures pour des périodes plus ou moins longues.

Les Penguins ont tout de même terminé au deuxième rang du classement général avec 111 points, sept de moins que les Capitals de Washington, qui les ont devancés au sommet de la division Métropolitaine.

Sans Fleury, point de salut

Matthew Murray est tombé à son tour avant le début des séries.

Qu’à cela ne tienne, Marc-André Fleury a pris la relève de façon ­admirable en contribuant aux neuf premières victoires des Penguins dans les séries. Il a blanchi les Capitals à Washington dans le septième match au deuxième tour.

Sans lui, ce deuxième championnat d’affilée aurait été impossible.

Crosby parmi les grands

Crosby, quant à lui, a rempli son rôle de leader à la perfection. Il n’a jamais abandonné. Il a transporté son équipe sur ses épaules lors du cinquième match de la finale contre les ­Predators.

Si le trophée Conn-Smythe aurait dû être décerné à Letang l’an dernier, on ne peut pas dire que Crosby l’a volé cette année.

Son palmarès est éloquent.

Trois coupes Stanley, trois titres de joueur par excellence, deux titres du joueur le plus utile à son équipe, un ­titre de meilleur leader de la LNH, deux championnats des marqueurs, un championnat pour les buts marqués et deux titres du joueur le plus utile aux siens en séries.

Ajoutez à ça deux médailles d’or olympiques et un championnat de la Coupe du monde.

Après la victoire dimanche soir, ­Mario Lemieux lui a rendu l’hommage ultime en déclarant qu’il a sa place parmi les plus grands joueurs de ­l’histoire.

C’est incontestable.

Quel début de carrière !

Murray est bien parti, lui aussi.

Deux coupes Stanley à ses deux ­premières saisons dans la LNH.

Phil Kessel, qui avait vécu la désagréable sensation d’être le dernier joueur choisi dans le cadre d’un ­repêchage pour un match des étoiles, compte aussi deux championnats à sa fiche.

Il est dans une forme physique ­douteuse, mais il suffit que Malkin lui place la rondelle sur la lame de son bâton pour qu’il marque. Les Maple Leafs de Toronto et leurs partisans auraient voulu qu’il soit un roi, mais il se plaît davantage dans un rôle de valet à Pittsburgh.

Enfin, l’entraîneur Mike Sullivan a su rallier les troupes à un moment où son prédécesseur Mike Johnston n’avait aucun appui dans le vestiaire. Les Penguins revendiquent une fiche parfaite de 8-0 en séries sous la ­direction de Sullivan.

Que demander de mieux?

Dans 50 ou 100 ans, l’équipe 2016-2017 des Penguins aura peut-être sa place parmi les plus grandes équipes championnes de l’histoire de la LNH.