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Une très grande équipe

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photo afp Le noyau des Penguins de Pittsburgh leur permet de rêver à une troisième coupe Stanley d’affilée en 2018.

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La conquête de la coupe Stanley par les Penguins de Pittsburgh, une deuxième en deux ans et une troisième en neuf ans, les place dans la catégorie des grandes équipes de l’histoire et ce n’est pas fini. Ils me rappellent les Oilers d’Edmonton des années 1980.

Ce que les Penguins ont réalisé n’est pas banal en cette époque du plafond salarial. Eux seuls et les Blackhawks de Chicago ont réussi à gagner trois coupes Stanley dans les années 2000. Leur noyau leur permet même de rêver à un troisième triomphe d’affilée l’an prochain, même si c’est loin d’être dans la poche.

Chaque année, ils sont dangereux et ça commence avec le capitaine, ­Sidney Crosby. Il est le joueur ultime et avec ce qu’il a accompli depuis un an, il vient d’entrer dans la légende. Je crois qu’on peut maintenant le placer dans la catégorie des plus grands joueurs de tous les temps avec les Wayne Gretzky, Bobby Orr, Mario Lemieux, Jean ­Béliveau et compagnie.

Grande famille

Les jeunes Connor McDavid et ­Auston Matthews ont beau être talentueux, je crois que Crosby vient de leur montrer qu’ils ont encore des croûtes à manger avant de prétendre au titre du meilleur joueur sur la ­planète. On se demande où Crosby s’arrêtera.

J’ai joué pour quelques bonnes équipes dans ma carrière et je peux vous dire que je n’ai jamais vu une équipe talentueuse former un groupe aussi uni que celui des Penguins. Lorsque Chris Kunitz a dit lors des ­célébrations qu’il était triste que la saison se termine, ça illustrait bien le sentiment de fraternité qui règne chez les Penguins.

Cette harmonie repose en bonne partie sur les qualités de leader de Sidney Crosby, mais aussi sur celles du copropriétaire majoritaire, Mario Lemieux. L’ancien joueur étoile impose le respect et il est là tous les jours. Il est proche de l’équipe et il aime ses joueurs, qui le lui rendent bien.

Le directeur général, Jim Rutherford, a fait un travail remarquable et pour avoir parlé à quelques porte-couleurs des Penguins, je peux vous dire que l’entraîneur-chef, Mike Sullivan, jouit du plus grand respect de la part de ses joueurs. Son message passe.

Il en faut beaucoup pour intimider les joueurs vedettes de nos jours, mais dans le cas de Sullivan, c’est presque le cas. Lorsqu’il parle, les joueurs écoutent. Il n’a pas peur de prendre des décisions et ses joueurs le suivent.

Il y aura des changements chez les Penguins, mais la chimie va rester. Les Oilers ont réussi à gagner la coupe en 1990 malgré les départs de Wayne Gretzky et de Grant Fuhr. La bonne nouvelle, c’est que le noyau des Penguins va rester en place avec les Crosby, Evgeni Malkin, Phil Kessel, Kristopher Letang, Matt Murray et la révélation, Jake Guentzel.

J’ai suivi Murray de près pendant la finale et il m’a tellement impressionné. Il est imperturbable. Il est fort mentalement et techniquement. Il doit juste améliorer sa mitaine. Il a gagné deux coupes comme recrue. Du jamais-vu. Il a tout un avenir devant lui.

Départ de Fleury

Bravo à Marc-André Fleury! Il a pu savourer cette coupe, contrairement à l’an dernier. Letang lui a rendu tout un hommage. Fleury est non seulement le coéquipier idéal, il a augmenté sa valeur au cours des séries. C’était émouvant de le voir enlever son chandail des Penguins une dernière fois aux côtés de sa femme. Il a vraiment pris son temps et j’imagine qu’il a eu un pincement au cœur. Les Penguins lui doivent beaucoup.

– Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Un but refusé important

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J’ai croisé Frédérick Gaudreau après le dernier match et il était vraiment déçu de la défaite. Comme tous les joueurs des Predators et leurs partisans, il n’a pas digéré le but refusé à Colton Sissons en début de deuxième période. On n’a pas fini d’entendre parler de ce but refusé. Les Predators ont toutefois eu leurs chances par la suite. Ils ont frappé deux poteaux, ils n’ont pas capitalisé sur un double avantage numérique et le gardien, Matt Murray, ne leur a rien donné. Les dieux du hockey étaient contre eux.

Occasion ratée

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Il faut lever notre chapeau aux Predators. Ils ont connu tout un parcours et ils ont nivelé la série 2-2 après avoir perdu les deux premiers matchs à Pittsburgh. Ils auraient toutefois dû gagner un de ces deux matchs, mais ils ont manqué d’opportunisme. L’absence de Ryan Johansen leur a fait mal. Leur gardien Pekka Rinne a eu d’excellents matchs, mais il a manqué de constance. Les Predators ont beaucoup appris au cours des séries, mais je ne parierais pas sur leurs chances de retourner en finale l’an prochain. Rinne ne rajeunit pas.

Dommage pour P.K.

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J’aurais aimé que P.K. Subban gagne la coupe Stanley. Il a connu de très bonnes séries. Certains prétendent qu’il a réveillé Sidney Crosby avec sa réplique sur l’histoire du rince-bouche, mais je ne suis pas de cet avis. Crosby était en mission. Les Predators ont toutefois soustrait Subban à la presse avant le 6e match afin de ne pas rajouter de l’huile sur le feu. Ça prouve que P.K. a encore des choses à apprendre.

L’effet Nashville

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L’ambiance à ­Nashville était incroyable pendant la série finale et je crois qu’il y aura un effet d’entraînement. D’après moi, plusieurs équipes vont tenter de recréer ­l’ambiance festive et musicale de Nashville dans les prochaines années. Faudrait juste pas que ça se termine en lançant une bouteille d’eau au ­visage d’un joueur adverse comme en fut victime Evgeni Malkin.