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Sept-Îles: la tension s’accentue au camp de pêche de la rivière Moisie

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SEPT-ÎLES – La tension monte sur la rivière Moisie à Sept-Îles, sur la Côte-Nord. Depuis samedi dernier, des Innus vont quotidiennement pêcher le saumon sans autorisation au camp de pêche de la rivière Moisie, un club privé appartenant à des Américains. Des plaintes ont été déposées à cet effet, mais les autorités n’interviennent pas pour le moment.

La cohabitation entre les pêcheurs innus et la clientèle du club de pêche est très difficile.

«C’est tous les jours. Un, deux, trois ou quatre bateaux à toute heure du jour. Ils viennent pêcher dans les fosses à travers les clients. Ils restent là, ils ne restent pas là. Ils se tassent, ils ne se tassent pas. Rien d’agressif. Ils passent dans les fosses et dérangent les fosses quand nos clients arrivent. C’est triste à voir», a constaté le directeur des opérations du camp de pêche de la rivière Moisie, Yvan Létourneau.

Le Conseil de bande de Uashat mak Mani-Utenam considère que ce territoire appartient aux Innus. Des élus et des membres de la communauté ont tenu une manifestation pacifique samedi dernier et ont laissé un drapeau sur le territoire du club de pêche. La présence constante d’Innus sur le territoire dérange. La Sûreté du Québec (SQ) a été avisée, mais n’est pas intervenue pour le moment.

«Tout le monde les laisse faire. Ça n’a aucun sens», a déploré Yvan Létourneau.

Les Innus demandent au gouvernement d’acheter le camp de pêche pour qu’ils puissent en faire eux-mêmes la gestion.

En entrevue à TVA Nouvelles, un des 10 propriétaires et président du club de pêche indique que ce conflit est de nature politique. Il ne se prononce pas sur une vente possible du club au gouvernement.

«C’est une question hypothétique parce que dans la vie, tout est possible», a dit Donald Christ.

Il souligne que son groupe et lui sont bel et bien propriétaires du fond de la rivière, une situation très particulière, admet-il. Il ne formule pas de demande au gouvernement du Québec, mais insiste sur les investissements que les propriétaires du club ont faits depuis plus de 100 ans pour la préservation du saumon et des emplois qu’il procure à une cinquantaine de personnes, dont près du tiers sont des Innus.

Au gouvernement du Québec, le ministre des Affaires autochtones et celui de la Forêt, de la Faune et des Parcs se disent ouverts à rencontrer les représentants des Innus. Aucune rencontre n’est encore prévue.