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Le Québec devrait s’inspirer du système de santé suédois

La Suède tire profit de la décentralisation

<b>Jasmin Guénette</b></br>
<i>Coauteur de l’étude</i>
Photo courtoisie Jasmin Guénette
Coauteur de l’étude

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Alors que le système de santé québécois est ultra-centralisé, la Suède accorde au contraire une grande autonomie aux hôpitaux publics et privés qui y trouvent une émulation dont bénéficient les patients.

Le Québec aurait avantage à suivre l’exemple de la Suède, estime l’Institut économique de Montréal (IEDM) à la lumière d’une étude qui compare ces deux systèmes de santé basés sur un accès universel.

«Dans un système de santé décentralisé comme celui de la Suède, où l’on tire profit de la contribution du privé, il y a une certaine concurrence entre les différents hôpitaux et fournisseurs de soins. Cela fait en sorte que le système est plus performant et que les gens attendent moins longtemps pour se faire soigner», constate Jasmin Guénette, coauteur de cette étude comparative avec Johan Hjertqvist, en collaboration avec Germain Belzile.

En Suède, le financement et la fourniture des services relèvent des 21 conseils de comté du pays. Les administrateurs d’hôpitaux, tant au public qu’au privé, ont toute la latitude pour adapter la prestation des soins en fonction de la demande et des ressources disponibles.

Franchise modeste

«Au Québec, on fait tout le contraire. Avec son projet de loi 130, le ministre Barrette aura plus de pouvoirs sur les dirigeants, la gestion et le fonctionnement des hôpitaux», signale M. Guénette.

Les Suédois versent une franchise qui couvre une petite partie du coût des visites médicales, des hospitalisations et des médicaments, qu’il s’agisse d’établissements publics ou à gestion privée. Ceux-ci sont financés de la même manière, à savoir avec des fonds publics.

«Au Québec, chaque nouveau ministre de la Santé dit toujours qu’il va s’attaquer aux listes d’attente, mais on n’attaque pas la racine du problème qui tient à un système trop bureaucratique et trop centralisé», formule M. Guénette.

Souvent citée comme un exemple d’État-providence, la Suède exerce un contrôle bureaucratique étonnamment limité dans le domaine de la santé, dit-il.