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Enfin du talent québécois!

Il y a longtemps qu’on avait vu un attaquant québécois de son talent enfilant le chandail du Canadien.
Photo Agence QMI, Dario Ayala Il y a longtemps qu’on avait vu un attaquant québécois de son talent enfilant le chandail du Canadien.

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Marc Bergevin l’a dit. L’occasion était trop belle pour la laisser filer. Et il n’y a pas de risque en tant que tel. Il ne fait aucun doute que Mikhail Sergachev est promis à un bel avenir. Mais Jonathan Drouin possède ce que le jeune défenseur n’a pas pour le moment, tout en étant encore très jeune. Il a du vécu dans la Ligue nationale.

Bergevin n’avait pas le choix d’aller chercher un attaquant de calibre pouvant jouer dans l’un deux premiers trios de son équipe. Il a probablement eu un pincement au cœur à la pensée qu’il aurait à se départir de Sergachev. Il fait partie des directeurs généraux qui estiment qu’une formation se bâtit en commençant par la défense. Mais Sergachev était le prix à payer en retour de Drouin.

Le Canadien et le Lightning y trouvent tous deux leur compte.

Sergachev aura la chance de faire son apprentissage aux côtés du grand Victor Hedman.

Quant à Drouin, il devient immédiatement un attaquant de premier plan chez le Tricolore. Tant mieux s’il devient le joueur de centre numéro un qui manque depuis si longtemps au Canadien. Il est bon fabricant de jeu et capable d’effectuer des jeux spectaculaires, mais il pourrait tout aussi bien faire l’affaire à l’aile gauche.

Le premier depuis Damphousse

Lorsqu’il a enfilé le chandail bleu-blanc-rouge au son des crépitements des appareils photo en fin d’après-midi hier au Centre Bell, je me suis dit qu’il y avait longtemps qu’on avait vu un attaquant québécois de son talent dans ce maillot.

Qu’on se comprenne bien ici. Je ne fais pas référence à un Richard, à un Béliveau ou à un Lafleur.

Je parle d’un joueur de chez nous possédant des attributs pour s’affirmer durant une longue période à Montréal. Le dernier joueur de cette catégorie fut Vincent Damphousse, qui a contribué à la dernière conquête de la conquête de la coupe Stanley du Canadien en 1993.

Gars de caractère

Bon, je vous entends dire que je mets déjà trop de pression sur Drouin.

Les joueurs québécois d’autrefois ont tous carburé là-dessus. Ils étaient les premiers à dire que la grande attention qu’on leur portait les poussait à performer de leur mieux.

Je ne connais pas Drouin. Mais s’il correspond à l’image que je me fais de lui, il va connaître beaucoup de succès avec le Canadien.

Le jeune homme est animé d’une grande force de caractère et d’une grande confiance en ses moyens.

Cela peut parfois causer des ennuis.

On l’a vu l’an dernier quand Drouin a refusé de se soumettre à une directive du Lightning de se rapporter au Crunch de Syracuse. Il est rentré à Sainte-Agathe pour six semaines. Sa grève l’a exposé à la critique. Il y a lieu de croire que les dirigeants du Lightning ne l’ont plus jamais regardé de la même façon à la suite de cet épisode.

Mais il ne s’est pas assis sur son derrière à son retour au jeu.

Rappelons-nous cette dure mise en échec que lui avait servie le défenseur Thomas Hickey dans un match des séries contre les Islanders. Il était retourné péniblement au banc des siens avant de passer un long moment à l’infirmerie. Il était revenu au jeu en troisième période et avait préparé un but de Nikita Kucherov qui avait créé l’égalité avec 39 secondes à faire en troisième période.

C’est tout ça, Jonathan Drouin.

Son acquisition apportera beaucoup au Canadien.

Les amateurs vont en raffoler.

L’organisation avait besoin d’un joueur comme lui pour regagner un peu d’estime auprès de ses partisans déçus par la dernière saison. On a beau dire que le Centre Bell est toujours rempli, il y a plusieurs amateurs qui en ont marre.

Qu’est-ce qui attend Galchenyuk?

Évidemment, la venue de Drouin ne règle pas tous les problèmes de l’équipe. Il faudra voir ce que les trois prochaines semaines nous réservent.

Qu’est-ce que Bergevin a l’intention de faire avec Alex Galchenyuk?

Pour l’échanger, il lui faudrait obtenir un bon joueur de centre.

Mais peut-il se départir d’un joueur qui fut un troisième choix au repêchage il y a cinq ans?

Si le Lightning l’a fait avec Drouin, repêché troisième lui aussi l’année suivant Galchenyuk, c’est qu’il mise sur une profondeur que le Tricolore n’a pas à l’offensive.

D’autre part, à écouter Bergevin hier, rien n’assure pour l’instant qu’Alexander Radulov sera de retour la saison prochaine. Le DG a indiqué qu’il y a divergence au sujet de la durée du contrat.

Bergevin doit espérer que les Golden Knights de Las Vegas le soulagent de la dernière année restant au contrat de Tomas Plekanec. Mais il ne faut pas trop compter là-dessus.

Il y a aussi la prolongation de contrat de Carey Price et, on le sait tous, ça va coûter très cher.