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Soulagement pour les personnes adoptées

Projet de loi facilitant les recherches de leurs origines

La présidente du Mouvement Retrouvailles, Caroline Fortin, n’a pu retenir ses larmes lors de l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.
Photo simon clark La présidente du Mouvement Retrouvailles, Caroline Fortin, n’a pu retenir ses larmes lors de l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.

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L’émotion était vive au salon bleu de l’Assemblée nationale alors que le projet de loi facilitant les recherches des personnes adoptées quant à leurs origines a été adopté à l’unanimité, vendredi, en toute fin de session parlementaire.

Debout, les députés ont livré de chauds applaudissements en direction des personnes adoptées qui s’étaient déplacées en Chambre. Émues, ces dernières peinaient à retenir leurs larmes. «C’est un grand jour!» a commenté Caroline Fortin, la présidente du Mouvement Retrouvailles.

«C’est un moment historique à bien des égards», a renchéri en point de presse la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, entourée de femmes qui ont été adoptées et qui pourront désormais poursuivre et compléter leur quête identitaire.

« Je vais connaître mon histoire »

Parmi elles se trouve Diane Poitras, qui a appris il y a 25 ans qu’elle était née d’une maman polonaise, réfugiée au Canada. Depuis, elle tentait, en vain, d’en connaître davantage. «Moi, quand je me regarde, je ne sais pas à qui je ressemble, je suis toute seule, je n’ai pas de référence, je n’ai pas de repères», illustre-t-elle.

Une fois la loi en vigueur, Mme Poitras pourra notamment avoir accès à l’historique de la vie de sa mère biologique. «Découvrir qui elle était, l’année de sa naissance, si j’ai des frères et sœurs. Mais la première chose, là, c’est avoir le nom de ma mère», poursuit-elle, large sourire aux lèvres.

Le bonheur se lisait aussi sur le visage de Carole Binette, qui est née d’une mère d’origine hongroise.

«Les antécédents médicaux, je ne les connais pas. Alors, à partir d’aujourd’hui, il y a de l’espoir. Il y a une porte qui s’ouvre. Je vais connaître mon histoire», a-t-elle lancé.

« Changer le monde »

Le soulagement est d’autant plus grand pour ces dames que le projet de loi aurait bien pu ne pas être adopté d’ici l’ajournement des travaux parlementaires. À la suite d’interventions de personnes adoptées et de l’opposition, toutefois, le projet de loi a été étudié de façon intensive durant les trois dernières semaines.

«On a une preuve éclatante que la politique, que les lois, et surtout que l’engagement de personnes combatives et déterminées, ça peut changer le monde, ça peut changer des vies humaines complètement», a commenté, émue, la députée péquiste Véronique Hivon, qui a porté le dossier en Chambre.

Une fois en vigueur, le projet de loi 113 permettra aux personnes adoptées d’avoir accès aux antécédents médicaux, aux noms et à l’origine de leurs parents biologiques ainsi qu’à des moyens de les contacter. La loi permet aussi de faciliter les rapprochements entre frères et sœurs adoptés. Les parents biologiques ont 12 mois pour exprimer leur refus.