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Dalida, l’histoire de sa vie

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La vie de Dalida ne fut pas un jardin de roses. On apprend à la découvrir et à l’aimer davantage dans le beau livre que les éditions du Rocher lui ont consacré, avec photos et illustrations magnifiques.

Née en Égypte de parents italiens, Yolanda (son vrai prénom) gravira les échelons de la vie de star en forçant le destin à plus d’une reprise. Elle a pris goût à la scène en jouant dans une pièce de théâtre au collège. Depuis, elle rêve d’être la nouvelle Ava Gardner. Elle se présente même au concours de beauté de Miss Égypte, qu’elle remporte, à 21 ans. À cette occasion, elle rencontre trois hommes «qui vont bouleverser le cours de sa vie.»

Comme dans Demain matin ­Montréal m’attend, Dalila (c’est le nom d’artiste qu’elle choisit au début) rêve de conquérir Paris, où elle débarque, pleine d’enthousiasme. Mais personne ne l’attend. La mode est à la musique latine et comme elle roule beaucoup ses «r», Dalila, devenue Dalida, se fait remarquer. Elle multipliera les petits boulots dans des cabarets de troisième catégorie jusqu’à rencontrer Bruno Coquatrix.

Chez Dalida/Le temps d’aimer <br />
Fabien Lecœuvre, Philipe Lorin<br />
Éditions du Rocher
Photo courtoisie
Chez Dalida/Le temps d’aimer
Fabien Lecœuvre, Philipe Lorin
Éditions du Rocher

À la recherche de nouveaux talents, il «vient de relancer un vieux music-hall parisien, l’Olympia», un lieu qu’elle investira plusieurs fois pendant ses 25 ans de carrière. Le succès­­­ et la gloire sont à portée de main, mais ils tarderont encore quelques années. Dalida ne se décourage pas et persiste. Arrive enfin, en 1956, un premier succès, Bambino, qui se vendra à plus de trois millions d’exemplaires. «Avec sa chevelure brune [qui deviendra rousse, puis blonde], son allure de vamp ­hollywoodienne et ses yeux de biche, Dalida s’impose incontestablement comme la nouvelle révélation de la chanson.» Rapidement, elle devient la coqueluche du public français. Les succès se multiplient: Buenas noches, mi amor, Les gitans, Gondolier, Le jour où la pluie viendra, Paroles, paroles, etc.

Quand Dalila, femme entière, mais vulnérable, aime, elle se donne ­totalement. Elle vivra une première ­passion amoureuse avec son imprésario, Lucien Morisse, celui qui lui a «redonné le goût de la lutte, de la réussite». Elle est prête à tout lui sacrifier, même sa carrière. Cette façon d’aimer, c’est un peu l’histoire de sa vie. Elle le trompera avec un dandy polonais et divorcera. Son public prendra mal la chose. Nou

s sommes au début des années 1960, et la France est encore très respectueuse des valeurs catholiques. De plus, de nouveaux jeunes chanteurs, comme Johnny Hallyday, ont vite fait de déclasser la chanteuse associée à une époque qu’on affirme révolue. C’est mal connaître Dalida, qui persiste et signe devant son public qui en redemande.

PARTIE LIBRE

Une nouvelle relation amoureuse remplace la précédente, mais cette fois-ci, la passion tourne au drame: le jeune Italien qu’elle patronnait lors d’un festival de chanson et dont elle était amoureuse se suicide. Elle en sortira profondément blessée.

«Elle ne dort plus, n’a plus d’appétit», raconte-t-on. Elle fera une première tentative de suicide pour aller rejoindre celui qu’elle a aimé d’un amour si fugace. Après cinq jours dans le coma, elle est rescapée. Ce sera pour elle une véritable résurrection. Elle entreprendra une nouvelle tournée mondiale qui lui fera oublier sa solitude et sa détresse. Elle découvrira le bouddhisme qui lui procurera, un temps, la sérénité.

Mais Dalila la tragédienne n’est pas au bout de ses peines: son premier mari, celui qui l’a lancée, se suicide lui aussi. Puis un autre connaît le même destin. Ses aventures amoureuses, toujours intenses, tournent souvent au drame. C’est l’époque de Gigi l’amoroso (Bonjour Jean-Paul Daoust!) et de Il venait d’avoir 18 ans, deux immenses succès. Suivra une idylle plus ou moins secrète avec François Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti socialiste.

Même si elle se veut forte, avec le même désir de réussir qu’à 20 ans, vieillir est la pire des épreuves. «Bouche qui rit, âme qui pleure», dit-on. Lasse d’attendre en vain les appels d’un nouvel amant, elle se donne subitement la mort. Elle aura été maître de son destin jusqu’au bout. «Dalida est partie libre...»