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Sylvain Girard: heureux dans le tourbillon scolaire

Sylvain Girard adore son boulot de coordonnateur des activités sportives au Collège Sainte-Anne à Lachine.
Photo Pierre Durocher Sylvain Girard adore son boulot de coordonnateur des activités sportives au Collège Sainte-Anne à Lachine.

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L’année scolaire se termine bientôt, mais dans son bureau au Collège Sainte-Anne à Lachine, Sylvain Girard est affairé.

L’ancien receveur de passes des Alouettes n’a pas le temps de se tourner les pouces dans son rôle de coordonnateur du centre d’activités et des sports de cet établissement privé riche en histoire.

«Je suis choyé de pouvoir occuper un tel poste depuis neuf ans dans un collège privé ayant une si solide réputation», raconte Girard, qui avait aidé les Alouettes à remporter la coupe Grey en 2002.

Sylvain Girard adore son boulot de coordonnateur des activités sportives au Collège Sainte-Anne à Lachine.
Photo d'archives

« Pas de journée plate ici ! »

«Dès ma première visite ici en 2002, soit lors du lancement du programme de football, j’ai été séduit. J’ai aimé l’énergie qui se dégage entre les murs de cette institution. C’est un boulot passionnant, poursuit Girard. Il n’y a jamais de journée plate ici.

«On a l’occasion de développer de beaux projets et en l’espace de quelques années, le Collège Sainte-Anne est passé de 22 à 48 équipes sportives. C’est passionnant et gratifiant de travailler auprès des jeunes. Ils sont allumés, intelligents.»

L’homme âgé de 41 ans occupe avec grand plaisir le rôle d’entraîneur de l’équipe de football de l’établissement, les Dragons.

Girard a d’ailleurs bien hâte de pouvoir tenir des entraînements et de disputer des matchs sur le beau terrain de football qui vient d’être inauguré à proximité du Collège, à Dorval.

«On bâtit des programmes d’activités sportives pour se hisser au même niveau que les collèges les plus réputés, a mentionné Girard. Le but premier demeure d’inciter le plus grand nombre possible de jeunes à la pratique des sports.»


Trouves-tu cela difficile de faire bouger les élèves au niveau secondaire?

«Pas du tout. J’aime travailler avec ce groupe d’âge. Il faut dire que nous sommes chanceux au Collège Sainte-Anne. Les étudiants veulent apprendre. Ils comprennent l’importance de faire de l’activité physique. Ça bouge énormément ici. J’adore diriger l’équipe de football.»


Tes responsabilités à titre de coordonnateur du centre d’activités et des sports exigent que tu y consacres de longues heures, pourquoi tiens-tu à ce rôle de coach de l’équipe de football?

«C’est si agréable de se retrouver sur un terrain. Le football me manquerait trop si je n’avais pas la chance de jouer un tel rôle avec les Dragons. Je retrouve l’esprit de camaraderie qu’il y avait quand je jouais pour les Alouettes, même si cela ajoute une vingtaine d’heures à ma charge de travail.»


Tu as grandi à Chicoutimi, mais tu as tenu à faire tes études universitaires à Concordia. Peux-tu nous rappeler pourquoi?

«J’aimais leur programme des sciences de l’exercice ainsi que le campus de l’université. Je ne parlais pas anglais au début et il a fallu que je m’adapte rapidement. J’ai adoré mes quatre années passées à Concordia. J’ai fièrement porté les couleurs des Stingers. Pat Sheahan, Gerry McGrath et Pat Gregory m’ont beaucoup aidé dans mon cheminement vers une carrière au football.»


Est-il vrai que tu détiens toujours le record d’équipe chez les Stingers de Concordia avec cinq touchés dans un même match?

«Je crois bien qu’il tient toujours le coup. Je me souviens que j’avais établi ce record le jour de mon anniversaire de naissance, le 3 octobre 1998. Tout me souriait.»


Tu as été un choix de première ronde des Alouettes au repêchage de 1999, mais tu as choisi d’aller tenter ta chance au camp des Browns de Cleveland. Comment s’était déroulée cette expérience?

«En raison de problèmes à obtenir mon visa de travail aux États-Unis, j’avais été forcé de rater le deuxième mini-camp de l’équipe et ça ne m’avait pas aidé. J’avais juste eu le temps de prendre part à deux matchs préparatoires avant d’être retranché par les Browns. L’une de ces rencontres était celle du Temple de la renommée et l’autre avait été disputée à Tampa, où je n’avais jamais joué sur du gazon naturel aussi beau.»


Tu as longtemps joué sous les ordres de Don Matthews, qui est décédé plus tôt cette semaine. Tu as remporté la coupe Grey alors qu’il était à la barre de l’équipe en 2002 et vous avez aussi pris part à trois autres finales. Quels souvenirs conserves-tu de Matthews?

«L’annonce de son décès m’a chagriné. J’ai adoré jouer pour lui. Don avait le don de motiver les joueurs. À son arrivée en 2002, il était parvenu à créer une atmosphère dans l’équipe, où c’était NOUS contre EUX. Il te donnait l’heure juste. Oui, c’était un «méchant» personnage, mais il n’était pas un tyran. Tout était pensé. Les gens des médias ne l’appréciaient pas beaucoup, mais c’était calculé de sa part, car il devenait ainsi le centre d’attraction, ce qui libérait les joueurs d’une certaine pression.»


Que retiens-tu de la conquête de la coupe Grey en 2002 ?

Girard s’estime chanceux d’avoir connu les belles années des Alouettes.
Photo d'archives
Girard s’estime chanceux d’avoir connu les belles années des Alouettes.

«On a battu les Eskimos devant leurs partisans par la marque de 25 à 16 grâce à un touché en fin de match de Jeremaine Copeland sur un retour de botté court. Je courais derrière lui et nous étions dans un état euphorique sur le terrain en sachant que la victoire venait d’être scellée. C’est difficile de décrire les sentiments qui t’habitent lorsque tu remportes un championnat. On avait encaissé une défaite amère de 28 à 26 en grande finale en 2000 et d’avoir la chance de triompher deux ans plus tard était magique. La saison hivernale avait été agréable. J’étais fier de venir montrer la coupe Grey à ma famille et à mes amis au Saguenay.»


On dit que le défilé de la coupe Grey en 2002 fut le plus gros jamais vu dans l’histoire des Alouettes. Es-tu d’accord ?

Girard a eu le bonheur de soulever la coupe Grey en 2002.
Photo d'archives
Girard a eu le bonheur de soulever la coupe Grey en 2002.

«C’était fou, en effet. Il y avait des gens partout dans les rues du centre-ville pour nous applaudir. Il faut dire que c’était la première coupe remportée par les Alouettes depuis la saison 1977. Il faisait beau le jour de la parade, du moins pour une journée de fin novembre. Les amateurs avaient le goût de venir célébrer sur la rue Sainte-Catherine. Les joueurs étaient perchés sur une plateforme et on pouvait apercevoir la foule à perte de vue. J’en ai encore des frissons lorsque je regarde les photos de ce défilé.»


Tu as eu l’occasion d’évoluer aux côtés de joueurs qui se retrouvent au Temple de la renommée du football canadien. Peux-tu nous parler d’Anthony Calvillo et de Ben Cahoon ?

«Ces deux hommes entraînaient leurs coéquipiers par leur éthique de travail. Calvillo a été le meilleur quart de l’histoire de la LCF tandis que Cahoon a été mon modèle à suivre. C’est le receveur de passes avec les meilleures mains que j’ai vues durant ma carrière. Et quelle classe! Nous étions plusieurs joueurs francophones à aider l’équipe autant sur le terrain que dans la communauté. Je pense à des gars comme Bruno Heppell, Éric Lapointe et Steve Charbonneau. Une bien belle époque.»

Sylvain Girard

Girard a adoré jouer sous les ordres de Don Matthews.
Photo d'archives
Girard a adoré jouer sous les ordres de Don Matthews.

Sylvain Girard, 41 ans, il est né à Chicoutimi et il réside à Dollard-des-Ormeaux. Marié à Chantal, il est père de deux enfants, Rachel (10 ans) et Simon (8 ans).

Emploi: Coordonnateur du centre d’activités et des sports du Collège Sainte-Anne à Lachine depuis 2008.

Carrière: Repêché en première ronde par les Alouettes en 1999, il a porté les couleurs de l’équipe jusqu’à sa retraite en 2007. En 123 matchs, il a capté 122 passes pour des gains de 1 975 verges et il a inscrit 10 touchés. Il a pris part à quatre finales pour la Coupe Grey et il a aidé les Alouettes à triompher en 2002.