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Kean, Butler, Kovalev et Ward

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Damian Mielewczyk et Simon Butler avaient du feu dans le regard, hier. crédit

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J’espère juste que Simon Kean ne commence pas à s’enfler la tête. Qu’il reste bien solide les deux pieds sur la terre du chalet de son grand-père.

J’espère que Simon ne croit pas qu’il est arrivé. Qu’il est à deux combats d’une chance pour un titre mondial. J’espère que malgré l’explosion de sa visibilité au Québec après la présentation du documentaire de Marc Danis et de Simon René hier à TVA Sports et de toutes les entrevues qu’il accorde depuis l’automne, j’espère que Simon Kean reste conscient que tout peut s’écrouler d’un seul coup de poing.

À son réveil ce matin, il n’y a plus de film, plus de chroniques dans les journaux, plus d’entrevues à la radio. Il n’y a qu’un adversaire plus grand et plus expérimenté que lui qui l’attend dans un coin d’un ring à l’Olympia.

Pour un boxeur, la vérité, elle est là. Elle n’est pas à la télévision. Ni dans les médias. La vérité, ce n’est pas Oscar Rivas à venir, ce n’est pas les grosses bourses ni les millions. La vérité, elle est en lui. En Simon Kean. Il est un vrai ou il n’est pas un vrai. Le reste, c’est des images.

SIMON BUTLER

Un autre homme va être confronté à sa vérité. Le jeune Simon Butler a traversé une période très difficile après son knock-out fracassant subi contre Brandon Cook au Centre Bell le 17 janvier.

Encore hier, en discutant avec Daniel Tremblay, un entraîneur privé qui a travaillé avec Butler pour ce combat, j’en ai appris beaucoup sur tout ce qui avait précédé sa défaite contre Cook.

Le petit gars n’a que 21 ans. Il a déjà un beau petit garçon et une conjointe qui prend beaucoup de place. Il a surmonté la déprime qui a suivi ce knock-out percutant et ses proches disent qu’il est prêt à reprendre la route vers les sommets des divisions de sa catégorie.

Ça se peut. Mais lui aussi va vivre son moment de vérité ce soir. On lui a préparé un adversaire Damian Mielewczyk qui est connu au Québec. Il a perdu par décision unanime contre Francis Lafrenière dans un bon combat au Casino de Montréal. Autrement dit, un gars courageux qui ne se couche pas, mais qui vient d’entamer la partie descendante de sa carrière. Il n’a que 27 ans.

Mais on s’en fout. Mielewczyk fait juste partie de la vérité que doit trouver Steven Butler. Et cette fois, c’est beaucoup en dehors du ring que se cache cette vérité. Et pas seulement dans la rue.

KOVALEV CONTRE WARD

J’ai suivi le premier combat entre Serguei Kovalev et André Ward dans un bar de Mississauga à l’automne. J’avais Kovalev gagnant pas un point. Mais les trois juges et Yvon Michel avaient Ward par un point 114-113.

Ça doit être la rousse que j’avais bue en suivant le combat.

Mais samedi, je favorise maintenant André Ward. Je me dis qu’il aura su retenir toutes les leçons du premier combat. Je ne suis pas convaincu que Serguei Kovalev est capable de la même intelligence du ring.

Ça va aller en douze rondes. Si c’est le cas, Ward va gagner. Si c’est un knock-out, alors ce sera Kovalev.

Après la finale à l’Olympia, les fans vont pouvoir suivre le combat sur un écran géant. Va même y avoir une rousse...

 

Une première à la télévision

 

Ça fait des années, une dizaine peut-être, qu’une télévision conventionnelle n’a pas produit en direct des combats mettant en vedette des Québécois.

TVA Sports et RDS ont déjà repris les signaux d’une télé américaine avec un animateur en studio et de plus ou moins bons sons ambiants. Et dans le passé, RDS a présenté en direct une dizaine de combats de Stéphane Ouellet. Les soirées au casino se sont également promenées à TVA, Radio-Canada et même V. On a eu droit à Eric Lucas contre Markus Beyer à TVA. Mais c’était il y a une autre époque.

UN GRAND RETOUR

Mais installer des caméras et une équipe de production complète comme le fera TVA Sports ce soir à l’Olympia, c’est un grand retour.

« Pour notre chaîne, c’est nouveau », racontait-il hier en sortant d’une réunion.

Le contexte est parfait.

Camille Estephan présente un gala de dix combats. Donc, les amateurs de boxe vont remplir la salle de l’Olympia.

En entrant en ondes à 21 heures 45, TVA Sports devient une valeur ajoutée et s’assure de faire le pont entre l’Olympia et le méga combat entre Sergey Kovalev et André Ward qui sera présenté à la télé payante vers minuit. Bonne façon d’inciter l’amateur à acheter le combat: « Mais tout ça fait partie de ce que nous voulons faire pour appuyer la boxe comme sport important au Québec. Ce faisant, nous faisons mieux connaître des boxeurs comme Simon Kean et les autres», de dire en résumé M. Fortin.

AVEC LES DEUX

Et comme c’est le cas de Vidéotron, TVA Sports veut travailler avec les deux promoteurs : « Je ne suis pas intéressé par leurs chicanes, je suis intéressé à faire de la bonne télévision», de conclure le big boss.

On sait que Gestev, la evenko de Québecor, travaille déjà de très près avec Yvon Michel.

Et que ce n’est pas fini...