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Les professionnels de la mendicité

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La France, par tradition généreuse, accueille des gens du monde entier depuis toujours, et Paris est une ville magnifique même si la misère n’y est pas absente.

Dans cette ville dont on ne se lasse pas, j’ai prêté attention aux mendiants. Dans les années 1970, il n’y avait que des Français de souche et des Roms parmi ces miséreux (vrais ou faux). Maintenant, de nombreuses familles syriennes (ou se prétendant telles pour inspirer la sympathie) quémandent sur les trottoirs.

Là-bas, des Tziganes jouent de leur instrument dans les lieux publics et les métros, et si vous croisez leur regard une fraction de seconde, vous allez vous faire harceler jusqu’à ce que vous donniez. Cela explique la légendaire froideur indifférente du passant parisien qui a appris à ne pas se faire déranger en ignorant les malotrus. Mais le même passant, quand il réalise qu’il a affaire à un touriste, devient en général aimable.

Impensable au Québec qu’un couple mendie sur une rue passante avec son bébé ou son enfant. La police et la DPJ accourraient en quelques ­minutes! À ­Paris, on a des centaines d’années ­d’accoutumance à la misère et à la culture des Roms, où des enfants ­mendient souvent sous la supervision de leurs parents... Est-ce à l’honneur de la France? Non!

Imagine-t-on au Québec devant la basilique Notre-Dame un mendiant qui jette son grabat par terre et s’assoit comme pour pique-niquer ou dormir? En un mot, ils sont abonnés au logement du macadam... et Paris les laisse faire.

Il est vrai que Paris est une ville plus confortable, pour dormir dehors, que Montréal. Quoique pendant l’hiver 1954, froid et meurtrier pour les clochards, le jeune abbé Pierre avait lancé sur les ondes de Radio-Luxembourg un grand appel à l’aide... auquel répondit Charlie Chaplin lui-même (qui avait lui aussi connu la misère): «Je ne les donne pas, je les rends, disait Chaplin des millions de francs remis à l’abbé. Ils appartiennent au vagabond que j’ai été et que j’ai incarné.»