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Un pied dans la bouche: un bon mensonge

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Derrière les drames se cachent parfois les plus grandes comédies. La création Un pied dans la bouche trouve son origine dans une situation vécue il y a quelques années par l’auteur Claude Montminy.

Un moment «malaisant» vécu par le comédien lui a donné l’idée d’écrire cette pièce qui sera à l’affiche à partir du 24 juin au Nouveau Théâtre de l’Île d’Orléans, qu’il dirige depuis six ans avec Sébastien Dorval.

«Je venais de passer un après-midi avec mon grand-père et je savais, lors de mon départ, que c’était la dernière fois que je le voyais. J’étais extrêmement mal à l’aise et la seule chose que j’ai trouvé à lui dire, en le quittant, c’est: “À la prochaine.” J’ai trouvé ça tellement ridicule, par la suite, que je me suis dit qu’il pouvait y avoir une base de comédie là-dedans», a-t-il raconté.

Humain, vrai et sensible

Un pied dans la bouche, c’est l’histoire d’Isabelle, conseillère en communication qui est habituée de toujours avoir le bon mot. Elle ne perd jamais pied, jusqu’au jour où elle apprend, lors d’une visite chez sa grand-mère, que celle-ci va bientôt mourir. «Elle lui dit, pour qu’elle puisse partir l’esprit en paix, qu’elle attend un enfant», a indiqué l’auteur lors d’un entretien.

Deux jours plus tard, Isabelle retourne voir sa grand-mère et constate que la bonne nouvelle lui a donné un regain de vie. Elle sera incapable de lui dire la vérité, car elle a peur de la faire mourir.

«Elle devra simuler sa grossesse le temps qu’il le faudra», a ajouté Claude Montminy, précisant que la pièce ne se déroule pas sur une journée, mais sur deux saisons.

La présence d’un stagiaire envahissant, d’un patron imprévisible et d’un médecin dépressif compliquera les choses.

Le metteur en scène Carol Cassistat avoue aimer, en comédie, traiter de ce qui est humain, vrai et sensible.

«L’intention première d’Isabelle est que sa grand-mère puisse partir heureuse. C’est un mensonge, mais un bon mensonge, qui a pour objectif d’apaiser la douleur finale», a-t-il fait remarquer.

Le metteur en scène s’est mis dans la peau d’un comédien pour ­diriger les Frédérique Bradet, Maxime Beauregard-Martin, Pierre-Yves Charbonneau, Caroline Stephenson et Sébastien Dorval.

«C’est ma façon de travailler. Je suis un acteur qui dirige des acteurs et je joue avec eux sur scène. Je ne leur demande pas de composer, mais d’être le plus vrais possible. Tout est basé sur la vérité du jeu», a précisé Carol Cassistat.


Un pied dans la bouche est présentée du 24 juin au 3 septembre au Nouveau Théâtre de l’Île d’Orléans.