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Pas de «pantalons de clown» jusqu’à vendredi

Les policiers les mettent de côté pendant que les négociations avancent

Les policiers de Montréal ont commencé à porter des pantalons de camouflage et des casquettes rouges en 2014 en guise de moyen de pression dans leurs négociations avec la Ville.
Photo d'archives Les policiers de Montréal ont commencé à porter des pantalons de camouflage et des casquettes rouges en 2014 en guise de moyen de pression dans leurs négociations avec la Ville.

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Les policiers de Montréal ont rangé leurs fameux «pantalons de clown» pour la première fois en trois ans lundi soir. Ils porteront leur uniforme réglementaire jusqu'à vendredi afin de souligner «des avancées» dans les négociations sur leurs conditions de travail.

«Considérant l’engagement de la Fraternité dans des négociations intensives avec la Ville et compte tenu des avancées [...] tous les policiers et toutes les policières revêtir[ont] l'uniforme réglementaire [...] jusqu'au vendredi 23 juin à 23 h», a laissé savoir la Fraternité des policiers et policières de Montréal dans un communiqué émis lundi.

Le syndicat ajoute qu’il «tend ainsi la main à la partie patronale». Les moyens de pression reprendront vendredi soir à moins d’un avis contraire de la Fraternité, qui n’a pas voulu commenter davantage.

«Encore beaucoup de travail»

En conflit depuis l’été 2014 avec ses policiers, la Ville de Montréal s’est réjouie lundi de l’annonce du syndicat.

«Nous sommes heureux de ce geste d’ouverture», a indiqué le bureau du maire Denis Coderre par message texte, lundi soir, ajoutant toutefois qu’«il y a encore beaucoup de travail à faire afin de parvenir à une entente.»

La Ville n’a pas donné davantage de détails sur l’état des négociations. La convention collective des policiers est échue depuis décembre 2014.

Trois ans de conflit

Les policiers ont commencé à porter des casquettes rouges et des pantalons cargos de camouflage à l’été 2014, après que le gouvernement libéral a imposé une restructuration des régimes de retraite dans le secteur municipal.

Ils ont ensuite apposé des autocollants sur leurs autopatrouilles et sur les bâtiments de la Ville avec des slogans comme «On n’a rien volé, nous», «Contre la loi 3», «Libre négo» et «Au voleur». Le tribunal a interdit cette pratique en janvier dernier.

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet, ainsi que Denis Coderre ont demandé aux agents de la paix d’abandonner leurs pantalons de camouflage à plusieurs reprises au fil des années, ce que le syndicat n’a jamais accepté de faire.

Cette situation a causé bien des remous, à commencer par la présence de policiers en «pantalons de clown» aux funérailles de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau en 2015. Le comportement de ces agents avait enflammé la toile.

Projet de Loi

En avril dernier, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a déposé un projet de loi pour forcer les policiers à porter leurs uniformes officiels.

Il a l’intention d’infliger des amendes salées aux policiers qui porteront le pantalon de camouflage après l’adoption de son projet de loi.

Les policiers ou constables spéciaux coupables d’une telle faute recevront une facture qui variera de 500 $ à 3000 $ la première journée, alors qu'une récidive pourrait être deux fois plus coûteuse.