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L’argent de Gilles Vaillancourt ira à la jeunesse de Laval

Les 8,5 M$ remboursés par l’ancien maire financeront un fonds pour les jeunes

Marc Demers
Photo courtoisie Marc Demers, maire de la ville de Laval

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L’annonce du maire de Laval qui créera un fonds pour les jeunes avec les 8,5 millions $ remboursés par l’ancien maire Gilles Vaillancourt est une mesure électoraliste et laisse des causes communautaires de côté, dénoncent l’opposition et des organismes.

Le maire de Laval, Marc Demers, a expliqué lundi vouloir employer «l’argent de la corruption» pour une bonne cause comme celle des jeunes issus de milieux défavorisés.

C’est en effet pour des faits de corruption que l’ancien maire Gilles Vaillancourt avait été condamné à rembourser à la Ville 8,5 millions de dollars.

Le fonds «Place du Souvenir» créé avec cet argent disposera d’un capital total de 10 M$ et sera administré par le comité de retraite des employés municipaux.

Le maire Marc Demers (à droite) a annoncé lundi que le fonds serait géré par cinq personnes, dont, de gauche à droite, l’homme d’affaires Luigi Morabito, la directrice de Femmessor Eve Dalphond, Me Lynda Tousignant, et la plongeuse Roseline Filion.
Photo Camille Garnier
Le maire Marc Demers (à droite) a annoncé lundi que le fonds serait géré par cinq personnes, dont, de gauche à droite, l’homme d’affaires Luigi Morabito, la directrice de Femmessor Eve Dalphond, Me Lynda Tousignant, et la plongeuse Roseline Filion.

Interrogé sur l’écart entre la somme remboursée par l’ancien maire Gilles Vaillancourt et le capital de 10 M$ dont dispose le fonds, le maire Marc Demers à indiqué être tenu à la confidentialité sur l’origine de cet argent.

Le fonds devrait générer chaque année 600 000 $.

Pour 2017, le maire a indiqué que la somme redistribuée serait de 300 000 $ étant donné que la moitié de l’année était écoulée.

Comité consultatif

Un comité consultatif composé de cinq personnalités lavalloises dont la plongeuse olympique Roseline Filion devra déterminer les projets soutenus par le fonds.

Sa première mission sera donc d’affecter les 300 000 $ dont il dispose pour l’année 2017 en vue de la rentrée prochaine.

«Marc Demers profite d’une enveloppe d’argent comptant pour faire une annonce électoraliste à cinq mois des élections municipales, estime pour sa part Jean-Claude Gobé, le chef de l’opposition. Il devrait plutôt s’occuper du fardeau fiscal qui écrase les citoyens de Laval.»

Jean-Claude Gobé affirme qu’il aurait profité de cet argent pour geler les taxes pendant un an, ce qui aurait constitué selon lui la manière la plus équitable de redistribuer cet argent aux Lavallois.

«Avec cette annonce, les citoyens ne reverront jamais l’argent que leur a volé Gilles Vaillancourt, il est perdu à jamais», conclut Jean-Claude Gobé.

Des organismes oubliés

Certains organismes communautaires se sentent quant à eux laissés de côté par la création de ce fonds qui n’appuiera que les projets concernant les moins de 17 ans.

«Je suis très étonné de cette annonce, car il y a quelques semaines, neuf organismes de la ville ont déjà reçu 450 000 $ du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, affirme le directeur du centre communautaire Coumbite de Laval, Josfere Michel.

«On met tous les efforts sur le même secteur et on abandonne des organismes comme le nôtre qui ont aussi leur raison d’être.»

Josfere Michel indique que son organisme qui œuvre pour l’amélioration de la qualité de vie des familles et dispose d’un budget annuel de 120 000 $ a enregistré un déficit de 3000 $ sur l’année financière 2016-2017.

«Nous avons dû renoncer à des projets cette année à cause du manque de moyens, regrette-t-il. J’ai des employés que je suis forcé de payer en dessous de leurs compétences.»

Josée Patenaude, intervenante pour le Regroupement des familles monoparentales et recomposées de Laval, pense elle aussi que ce fonds aurait pu servir à l’ensemble des associations.

«Personne ne veut négliger la jeunesse, mais toutes les causes sont importantes», résume-t-elle.