/sacchips/harddrive
Navigation

Nos 19 meilleurs albums de 2017 (jusqu’à présent)

Nos 19 meilleurs albums de 2017 (jusqu’à présent)
Photo Charles-André Leroux

Coup d'oeil sur cet article

En six mois, l’année 2017 est déjà très généreuse en sorties musicales. Les membres de l’équipe de Disque Dur ont choisi quelques-uns de leurs albums coups de cœur... à écouter sans modération (et sans ordre particulier)!

 

Feist - Pleasure

Six ans après Metals, Leslie Feist revient avec un opus réfléchi, nuancé aux arrangements discrets, mais savamment exécutés. Alternant entre moments feutrés et quelques touches explosives bien dosées, la Torontoise prouve encore une fois qu’elle est une auteure-compositrice-interprète au sommet de son art avec des pièces chargées d’émotion.

Si plusieurs titres sont doux, introspectifs et apaisants (I Wish I Didn’t Miss You et Lost Dream) d’autres pièces comme Pleasure, Century (avec Jarvis Cocker de Pulp) et Running Away sont plus électriques, avec des guitares parfois même abrasives. Les fervents de The Reminder et de son succès planétaire 1234 risquent toutefois d’être amortis. MRG


 

Phoenix - Ti Amo

Influencé par les journées ensoleillées d’Italie et le nightlife de Rome, le groupe français présente Ti Amo, un nouveau long-jeu festif, coloré et oh combien estival. Résolument pop, avec quelques accents disco et très eighties (Tuttifrutti), cet album allie une bonne dose de surprise et d’effervescence. Fidèle à ses habitudes Phoenix poursuit dans la même lignée avec ses lignes de synthé accrocheuse (Fleur de Lys) et ses pièces lumineuses (Goodbye Soleil). Sur cet opus, Thomas Mars chante son summer love ingénu en plusieurs langues (des touches de français d’espagnol et d’italien ici et là). Un charme! MRG

 


 

Alt-J - Relaxer

Avec Relaxer, le trio anglais continue à faire à sa tête. À des années-lumière des moules, ce troisième long jeu est un voyage très exploratoire parfois hypnotique et psychédélique (Hit Me Like A Snare), apaisant (3WW, Last Year et Adeline), mais résolument accrocheur (In Cold Blood, Deadcrush). Les huit titres de cet album ont très peu de cohésion, mais s’apparentent tout de même aux ambiances des deux efforts précédents. Une «reprise» planante de House Of The Rising Sun, surprend. La montagne russe de Relaxer n’a rien de très relaxant. MRG

 


 

Dan Auerbach - Waiting On A Song

La moitié des Black Keys, présente la parfaite trame sonore de roadtrip avec Waiting On A Song, un deuxième opus solo. Cette fois, Dan Auerbach s’aventure dans des sonorités très seventies, avec quelques accents blues, une touche country (il a enregistré l’album à Nashville) et parfois même motown! Résolument rétro, cet album très estival est le parfait compagnon pour vos oreilles en vacances! MRG

 


 

The Smith Street Band - More Scared of You Than You Are of Me

La chair de poule, les yeux qui brillent, le cœur qui bat à la chamade, voire la sueur qui perle sur le front. Bref, cette sensation quand tu découvres un nouveau groupe favori. C’est un peu ce qui m’est arrivé avec ce quatrième album (j’étais en retard, en effet) du combo rock australien. Au programme: des chansons simplistes, mais qui cognent. Une voix égosillée, mais des propos cruellement francs. Et, surtout, l’envie de chanter avec une pinte dans la main et l’épaule d’un «buddy» dans l’autre. Les fans d’Hollerado et de Jeff Rosenstock (qui réalise l’album) vont adorer. AP

 


 

Corridor - Supermercado

Deux ans après le surprenant Le voyage éternel, le combo post-rock local étonne à nouveau avec une œuvre aussi appréciable que mystérieuse (oui, oui). Sans trop renouveler sa formule (le collectif s’associe au même réalisateur et allie toujours moult influences allant du kraut rock au shoegaze, voire la pop française eighties), le quatuor évite les pièges de la redite. Pas très grand public, évidemment, mais ça demeure très, très bon. Les fans de Joy Division, Slowdive et – pourquoi pas! – d’Indochine devraient adorer. AP

 


 

Louis-Philippe Gingras - La rangée des popsicles

Non content de lancer une version «de luxe» de son excellent album Troisième Rangée paru l’année dernière, le cowboy folk rock local Louis-Philippe Gingras propose ce surprenant maxi réunissant ses plus récentes chansons. Au risque de me répéter, Gingras compte parmi les grands paroliers de sa génération et cette poignée de pièces tantôt grivoises, souvent poignantes, le prouve encore une fois. AP

 


 

Father John Misty – Pure Comedy

À l’image du conte de Hans Christian Andersen, les nouveaux habits de l’empereur (des hipsters) dévoilent un Josh Tillman quasiment nu. Sûrement son œuvre la plus personnelle – et donc la plus éloignée de son alter ego Father John Misty – Pure Comedy étonne par sa poésie sociale brutalement franche, mais aussi par son approche grandiose, très seventies, de la pop. Sans blague, on dirait par moments un album oublié des belles années d’Elton John... et c’est un compliment, en passant. AP

 


 

Mount Eerie - A Crow Looked At Me

Désolé d’être en retard à la parade.

J’étais, j’imagine, toujours sur les fesses après avoir écouté abusivement A Crow Looked At Me, le huitième album de Mount Eerie – nom de plume du touche-à-tout folk américain Phil Elverum – inspiré par le décès de son épouse, l’artiste québécoise Geneviève Castrée.

Retour en arrière...

En 2015, une grenade éclatait chez les Elverum. Tout juste après avoir accouché de sa fille, Geneviève Castrée apprenait qu’elle souffrait d’un cancer.

En juin 2016, le couple habituellement discret faisait les manchettes en dévoilant une campagne de sociofinancement pour subvenir aux besoins de la famille affectée par la terrible maladie.

Puis, le mois suivant, l’artiste était emportée par ce damné crabe.

Avance rapide jusqu’en janvier 2017 lorsque Phil Elverum refait surface pour annoncer un album à venir, œuvre qui a finalement été lancée en mars. Et quel disque!

Puis maintenant...

Dès Real Death, la pièce introduisant le LP, Elverum plonge dans le vif du sujet: la mort de son épouse. Bien que Mount Eerie abondait déjà dans la chanson hyper personnelle sur fond de mélodies minimalistes, Elverum pousse l’exercice jusqu’à son paroxysme.

Au diable la métaphore et les couches sonores sur cette nouvelle offrande! Ici, Elverum triture son deuil et, surtout, son amour dans une intimité désarmante. On en vient à se sentir de trop tant ses compositions semblent être, en fait, des monologues accompagnés à la guitare pour meubler le silence dans la maisonnée.

Au risque de s’emporter

A Crow Looked At Me transcende le disque. C’est une expérience dont on ne sort pas indemne. Sûrement l’album de l’année. AP

 


 

Sleaford Mods - English Tapas

Les deux quadragénaires ne se sont pas assagis sur ce dernier titre. Oh que non! Toujours cette même fougue entremêlée de hargne que Jason Williamson, le «chanteur», nous balance en pleine gueule. L’Angleterre au grand complet en prend pour son rhume dans ses rimes acérées et son flow agressif. Que ce soit les «p’tit bâtards prétentieux sur les médias sociaux» ou les posers tout acabit. S’il semble tirer sur tout ce qui bouge, il est capable de viser vers lui pour donner dans l’autodérision. Et la réalisation minimaliste de l’album est en parfaite continuité avec la discographie du prolifique duo. SP

 


 

Warm Soda - I Don't Wanna Grow Up

Le bien nommé I Don’t Wanna Grow Up évoquera peut-être aux oreilles des non-initiés certains refrains des Strokes. Mais Warm Soda sonne comme du Warm Soda. Point. On pourrait jouer le jeu des comparaisons éternellement, mais ça n’enlève rien à l’album. Il faut écouter ses 12 chansons pour ce qu’elles sont: du beau bonbon sucré pour l’été. Que ce soit grâce aux irrésistibles mélodies ou à la simplicité volontaire des arrangements, on arrive à fredonner l’album au complet après une seule écoute. Ou presque. Vous n’avez qu’à écouter This Changes Everything pour vous laisser convaincre. Malheureusement, Warm Soda a confirmé que c’était leur dernier opus... Snif! Snif!  SP

 


 

Jesus and Mary chain - Damage and Joy

À quoi peut-on s’attendre d’un groupe dont les deux principaux membres, en l’occurrence les frères Reid, s’adressent à peine la parole? Au pire. Mais JAMC fait mentir cette appréhension en nous offrant un bon amalgame de ballades pop juste assez noisy (War on Peace) et d’autres tounes qui font taper du pied (Get on Home). Certes, les frères Reid ne se réinventent pas. Ils sont à peine moins brouillons et chaotiques que sur leurs vieux albums. Mais on aime ça de même. Jesus and Mary Chain a trouvé le bon filon quelque part en 1985 et sait encore s’en servir. SP

 


 

Loud - New Phone EP

Les habitués du défunt trio Loud Lary Ajust (et de battle rap!) le savent depuis longtemps: Loud est un des rappeurs les plus doués au Québec. Son premier effort (qu'on n'attendait même pas et qui est un peu sorti de nulle part) est une belle surprise. Son seul défaut: c'est beaucoup trop court! Mais bon, on comprend que ce n'est qu'un EP. Le meilleur est à venir... FG

 


 

Yes Mccann - PS. Merci pour le love (EP)

Si, contrairement à Loud Lary Ajust, les Dead Obies sont toujours bien portants, rien n'empêche les membres du sextet de s'aventurer en territoire solo. Yes Mccann nous étonne avec un mini-album qui sonne légèrement différemment de ce à quoi les D.O. nous habitués. Espérons que F.P.T.N., la rencontre improbable entre Mccann et CDX, un rappeur qui a connu son heure de gloire il y a maintenant 10 ans, restera un moment marquant de l'histoire du rap keb. FG

 


 

Migos - Culture

L'album de rap le plus important de 2017 et peut-être de la décennie, rien de moins. Certains artistes réussiront à vendre davantage de copies; certains autres remporteront plus de trophées dans les galas, mais dans l'Histoire, c'est Culture qui restera. Le dicton «Quand tu allais, nous, on revenait» popularisé par IAM dans les années 90 s'applique parfaitement au cas de Migos en 2017. Ils sont aux commandes de la flotte du rap mondial. Tous les autres suivent derrière, n'en déplaise aux puristes. FG

 


 

The Menzingers - After the Party

Les trentenaires sont de retour avec un album plus mature et plus travaillé que leurs autres. Même si certaines pièces comme Bad Catholics déçoivent (notamment parce qu'elles donnent l'impression d'être trop travaillées), l'album est addictif. Plus vous l'écouterez, plus vous y reviendrez. Crise identitaire, souvenirs d'adolescence et anciennes histoires de cœur meublent les minutes d'After the Party d'une belle façon. Un peu comme On the Impossible Past, l'oeuvre est un récit profond qui progresse avec chaque chanson. C'est beau, et ça permet de développer une relation spéciale avec le groupe et ce qu'ils produisent. MAT

 


 

Code Orange - Forever

Si vous n'avez toujours pas trouvé un album métal/hardcore assez brutal pour vous cette année, votre recherche se termine officiellement aujourd'hui. Du moment qu'on écoute Forever, on dirait que le mal nous souffle à l'oreille. Quand la première note résonne, c'est digne d'un massacre. On a droit à quelques minutes de «répit» (le mot est fort) avec Bleeding in the Blur et Ugly. Heureusement, sinon nos tympans ne s'en sortiraient pas vivants. Oui, tous ces qualificatifs dignes de l'enfer sont positifs. MAT

 


 

Tigers Jaw - Spin

Fiers porteurs du flambeau emo, Ben et Brianna récidivent avec spin, leur premier album depuis Charmer en 2014, qui s'était retrouvé en 49e position du Billboard 200 à sa sortie. Plutôt impressionnant pour un groupe de ce genre. Et Spin ne déçoit pas, malgré que Tigers Jaw ne soit plus qu'un duo. Les fans du groupe noteront peu de différences dans leur son. Ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi: on se reconnait et ça continue d'être excellent.

C'est doux, c'est entraînant, c'est profond et ça fait presque pleurer. Être en mesure de réaliser un album complet à deux membres seulement, ça mérite des éloges, surtout quand le résultat final est aussi intéressant.

 


 

The Bombpops - Fear of Missing Out

Le premier album complet du groupe dont j'ignorais l'existence avant de leur parler pour un article est tout simplement magistral. Les deux femmes en tête ont persévéré et se sont améliorées jusqu'à ce qu'elle produise un album qui méritait de se retrouver sur Fat Wreck Chords, ce qui est arrivé... 10 ans après la mise sur pied du groupe. Fear of Missing Out, c'est 12 chansons pop punk qui parlent d'amour, de party, d'indifférence, de l'absurdité de la vie, sur des rythmes accrocheurs, dynamiques et variés. C'est Fat Mike (NOFX) qui a établi l'ordre des chansons, et il a fait un excellent boulot, puisque ça coule bien du début à la fin.