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Otto Warmbier un martyr

Otto Warmbier un martyr
AFP

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Pour les Américains et pour une bonne partie du monde occidental, l’ignoble régime nord-coréen a fabriqué un martyr : Otto Warmbier. Cet étudiant de 21 ans est mort hier, probablement des suites des mauvais traitements qu’il a reçus dans les geôles nord-coréennes.

Personne ne croit la fable du botulisme qu’il aurait contracté et du somnifère qu’il aurait avalé. Si ce régime prend aussi mal soin d’un prisonnier américain, on ne peut que frémir du sort des autres prisonniers qui peuplent le jardin secret de Kim Jung-Un. De toute manière, ce tyran a fait assassiner son demi-frère en plein aéroport. Son oncle a été trucidé, comme une centaine d’autres haut-responsables, s’il faut en croire les services secrets sud-coréens.

Le supposé crime de Warmbier

Otto Warmbier a ôté du mur de son hôtel une affiche qui était collée au mur. Pour dire plus juste, il s’agissait d’un bête slogan politique, une phrase écrite sur un bandeau blanc : « Armons-nous  fortement grâce au patriotisme de Kim Jung-Il ». Dans la plupart des pays civilisés, ce genre de vol serait apparu sur la facture d’hôtel de l’étudiant. Au pire, la police lui aurait remis une contravention. Pas en Corée du Nord. Wambier aura payé son geste de sa vie.

Après un simulacre de procès qui a duré une heure, il a été condamné à quinze années de travaux forcés. La disproportion entre la peine et « le crime» témoigne d’une barbarie inouïe. Elle aide à faire comprendre la terreur dans laquelle vivent les Nord-Coréens.

Un culte de la personne immonde

Cette phrase contenait le nom du père de Kim Jung-Un. Or, tout ce qui touche les grands leaders est l’objet d’un culte aussi idiot que répugnant. Il y a quelques années, une maison d’un village nord-coréen fût inondée par une crue soudaine des eaux. Un père de famille n’eût le temps que de prendre ce qu’il avait de plus précieux : son  jeune enfant et les photos des leaders. Alors qu’il marchait dans l'eau vers la terre ferme, il perdit pied. Il se trouva incapable de lutter contre le courant, de tenir son enfant et  de porter les portraits des leaders chéris et vénérés. Que sacrifia-t-il ? Son propre enfant. Le régime nord-coréen éleva ce père indigne au rang de héro national.  

Pourquoi a-t-il été libéré ?

Otto Warmbier a très certainement subi de terribles mauvais traitements. Il a probablement été torturé. Au point où ce jeune homme de 21 ans pourtant en pleine santé en est mort. La Corée du Nord l’aura renvoyé chez lui parce qu’il allait mourir et que le gouvernement nord-coréen ne voulait pas qu’il décède dans un de ses camps de travail. Selon la propagande nord-coréenne, les prisonniers y sont très décemment traités.

L’importance d’Otto Wambier

Pourquoi tant parler du cas de ce pauvre Otto Warmbier ? Pour deux raisons.

D’abord il illustre très bien le danger du régime de Kim Jung-Un. Il n’y a rien de bon à attendre de ce régime de bourreaux.

Ensuite parce qu’une possible guerre contre la Corée du Nord est toujours d’actualité.

Il faut écouter les dirigeants américains soupeser la décision terrible d’une guerre contre la Corées du Nord. D’un part, cette guerre ferait des millions de morts. Elle toucherait peut-être directement l’Amérique du Nord. Personne ne connaît exactement l’armement biologique, chimique ou nucléaire dont dispose les Nord-Coréens. D’autre part, rien n’indique que ce régime va s’améliorer. Au contraire, il se pourrait bien que sa dangerosité augmente avec les années et que la guerre que les États-Unis hésitent à livrer aujourd’hui ne soit que plus terrible demain.

Un terrible message

Si les États-Unis n’attaquent pas la Corée du Nord, alors Kim Jung-Un enverra un effroyable message à toutes les dictatures du monde : armez-vous avec des ogives nucléaires et les États-Unis n’oseront plus vous attaquer. Aux alliés de États-Unis, le message sera similaire : les Américains ne vont pas vous défendre si leur pays court le moindre risque d’être attaqué.

La décision que doivent prendre les dirigeants américains sera lourde de conséquences, peut importe ce qu’elle sera.

Pour le moment, Donald Trump et Rick Tillerson laissent une autre chance à la paix et à la diplomatie, ce qui est très bien. La mort d’Otto Warmbier va hanter les décisions des dirigeants américains. Elle pourrait aussi très bien servir la propagande américaine en cas de guerre. 

Ajout

Quelqu'un dans son commentaire me fait dire que je suis pour la guerre contre la Corée du Nord. C'est faux. La guerre est toujours la pire des solutions. Elle est cependant parfois inévitable. Je dis simplement que les deux choix de  faire la guerre à la Corée du Nord ou ne pas la faire impliquent des conséquences très dommageables pour les États-Unis et leurs alliés. Toutes les données requises pour appuyer un choix ou l'autre n'ont pas encore été rendues publiques. Il serait donc harsardeux à ce stade-ci d'appuyer une ou l'autre option.