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Une médecin radiée pour avoir encaissé 10 000 $

Elle a reçu cette somme en commissions d’une compagnie d’esthétique en seulement quelques mois

La Dre Annie-Claude Bergeron sera radiée trois mois par le Collège des médecins. Elle s’était caché le visage lors de l’audience, en mars dernier.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin La Dre Annie-Claude Bergeron sera radiée trois mois par le Collège des médecins. Elle s’était caché le visage lors de l’audience, en mars dernier.

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Une médecin de famille attirée par des «intérêts financiers», et qui a accepté 10 000 $ en commissions en échange d’ordonnances auprès d’une compagnie d’esthétique, a été radiée trois mois par le Collège des médecins.

«Les faits établis par la preuve sont relativement simples, mais préoccupants d’un point de vue déontologique», a écrit lundi le Conseil de discipline du Collège des médecins du Québec (CMQ), dans un jugement.

Attirée par l’argent

On ajoute que la docteure «est aussi attirée par des intérêts financiers et cherche des bénéfices personnels».

Lors d’une audience devant le CMQ en mars, la Dre Annie-Claude Bergeron avait plaidé coupable aux trois chefs d’infraction.

On lui reproche d’avoir accepté, en 2014, des commissions de la compagnie privée de soins esthétiques Dermaveda, en fonction du volume d’injections vendues (agents de comblement, Botox, etc.)

L’entreprise cherchait un médecin qui accepterait de signer des ordonnances collectives, permettant à ses infirmières d’injecter des produits. Selon le Syndic, la Dre Bergeron a ouvert des comptes auprès de plusieurs compagnies.

Conflit d’intérêts

À l’audience en mars, l’avocat du syndic du CMQ a expliqué que l’omnipraticienne recevait une commission d’environ 4 $ par injection. Au total, en cinq mois, elle a encaissé environ 10 000 $ en chèques de Derma Sculpture (lié à Dermaveda).

«C’est interdit, parce que ça affecte de façon irrémédiable les devoirs d’indépendance, [...] de conflits d’intérêts», disait Me Battah, du syndic.

La Dre Bergeron n’avait pas souhaité témoigner devant le Conseil, mais son avocate avait indiqué qu’elle ne savait pas qu’elle enfreignait son code de déontologie.

Celle qui travaille à l’urgence de l’hôpital de Saint-Eustache n’avait pas d’antécédents. En 2016, un groupe de travail du CMQ a émis des recommandations pour resserrer les règles entourant la médecine esthétique.