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Distorsion: un podcast qui se démarque au Québec

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À moins d’éviter tout ce qui est tendance sur le web, vous êtes probablement au courant que les podcasts vivent une vague de popularité gigantesque au Québec dernièrement. 

Les podcasts (ou baladodiffusions) anglophones sont revenus en force il y a quelques années, notamment grâce à Serial et The Joe Rogan Experience. Au Québec, il y a aussi beaucoup de choix, surtout en humour et en techno.

Il y a un petit nouveau dans le monde de la balado. Son nom est Distorsion, et il vient tout juste de terminer une première saison qui a connu un grand succès. 

Un peu à la «true crime», Distorsion explore des histoires mystérieuses de l’ère numérique. Deep web, creepy pastas, Craigslist; s’il y a un lien avec le web et que c’est un peu bizarre, Distorsion risque d’en parler.

J’ai rencontré les coanimateurs, Emile Gauthier et Sébastien Lévesque, pour connaître leur recette du succès et en apprendre un peu plus sur leur podcast.

COURTOISIE Pierre-André Rheault

 

Comment décririez-vous le podcast Distorsion?

Distorsion est un podcast semi-narratif à propos d’histoires étranges de l’ère numérique. Nous explorons les bas-fonds d’Internet afin de dénicher des histoires réelles et fascinantes qui stimulent les discussions et les échanges. Nous menons l’enquête et exposons les faits d’une manière journalistique, tout en créant une narrative qui maintient le suspense tout au long d’un épisode. Au-delà de cela, nous sommes deux amis qui aiment discuter de «true crime» et de phénomènes mystérieux qui touchent au monde du numérique, domaine dans lequel nous faisons tous deux carrière. 

ADOBE STOCK

 

Vous faites ça depuis combien de temps?

Nous avons lancé Distorsion en mars 2017, après plusieurs mois de cogitation et de recherches. Nous voulions offrir un concept différent de ce qu’on voit au Québec, avec beaucoup de recherche, et une signature sonore soignée. Les podcasts de style «true crime» ou légendes urbaines sont encore très peu connus au Québec et nous souhaitions paver la voie et faire découvrir des histoires fascinantes au public francophone. Auparavant, nous avons tous deux coanimé un podcast, il y a presque 10 ans, à propos de nouvelles à caractères technologiques. Nous avions aussi envie de développer un concept intemporel qui serait différent.

 

En fait, pourquoi le podcast se nomme-t-il Distorsion?
 
Le nom provient de la distorsion de la réalité créée par le bouche à oreille. Sur le web, plusieurs histoires, mystères, et légendes prennent naissance à partir de discussions sur des forums, et il devient difficile de séparer la réalité de la fiction. C’est le cas entre autres du Slenderman, que nous avons couvert dans notre épisode 6: ce mythe est né de l’Internet et a eu des conséquences réelles, dans la vraie vie, justement car la réalité de deux jeunes filles a été distorsionnée au point de commettre un crime irréparable.   
 
 
D’où vient cet intérêt envers tout ce qui est louche?
 
Je crois qu’un peu tout le monde est fasciné par les mystères et les mythes, sans même le savoir. Ça touche une corde sensible. La beauté de ces histoires est qu’elles partent généralement d’un fait divers, qui se développe parfois en phénomène viral. C’est le cas notamment de la mort mystérieuse d’Elisa Lam dans notre épisode 2, cette blogueuse canadienne décédée dans des circonstances très mystérieuses, alors qu’elle était partie en voyage à Los Angeles. Cette histoire nous a fascinés pendant des mois et nous en parlons encore aujourd’hui tellement le mystère est grand. Aussi, une chose que l’on note depuis quelques années, est le «crowd sourcing» d’enquêtes. Les internautes se regroupent sur les Reddit et Websleuth de ce monde, et réussissent à faire évoluer des enquêtes grâce à la force du groupe et des connaissances de chacun. Nous sommes à une période très stimulante pour créer ce genre de podcast, car les enquêtes, les histoires de «true crime» et les mystères sont plus que jamais à la mode, si l’on se fie aux productions créées par Netflix, HBO et autres, mais aussi à plusieurs autres podcasts très populaires aux États-Unis et en Europe.
Votre podcast explore aussi des légendes urbaines.
 

#elisalam

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Avez-vous un peu peur des fois de ce que vous lisez? 
 
Les histoires que l’on creuse sont généralement encore plus incroyables que la réalité. Donc oui, parfois ça fait peur! Surtout lorsque l’on enquête des cas qui n’ont pas été beaucoup couverts par les médias, par exemple, Lake City Quiet Pills, où des internautes ont découvert des offres d’emplois pour assassins dans le code source d’un site d’images. Une partie du Web est définitivement sombre, et parfois ce qu’on y trouve fait vraiment peur. Nous, ça nous stimule!
 
ADOBE STOCK

 

 
 
Est-ce difficile de garder votre côté objectif durant les recherches?
 

Pour chaque histoire nous tentons premièrement d’établir les faits. Nous passons beaucoup de temps à établir la chronologie des évènements et cette phase est essentiellement objective. Par la suite, nous échangeons chacun nos théories et c’est lors de cette phase que nous partageons nos différentes opinions. Certaines histoires sont tellement incroyables qu’il est difficile de garder notre sérieux, mais il est important pour nous de présenter les faits d’abord, comme ça nous pouvons poursuivre la discussion avec nos auditeurs sur Facebook ou Twitter.  

 

Trouvez-vous que les podcasts sont populaires au Québec?
 
Les podcasts commencent tranquillement à rejoindre une audience plus large au Québec, alors qu’ils sont pourtant présents depuis très longtemps! On sent qu’il y a un momentum actuellement, de plus en plus de médias en parlent et de plus en plus de projets diversifiés et créatifs voient le jour. Les gens commencent à devenir familiers avec le format et à développer des habitudes d’écoute. Alors que le podcast était plutôt réservé aux geeks et aux «early adopters» par le passé, on remarque que maintenant les plus jeunes sont de grands consommateurs. C’est pourquoi avec Distorsion nous avons développé un format qui est intemporel et qui peut être écouté en rafale, sans ordre précis.   
 
 
Avez-vous un objectif à atteindre en 2017?
 
Notre première saison est maintenant terminée et elle a connu un bon succès, nous voulons donc continuer sur cette lancée et préparer notre deuxième saison. Nous voulons aussi organiser des évènements «live» et enregistrer des épisodes devant public avec une formule audiovisuelle originale, avec d’autres podcasteurs dans le même style en guise d’invités, afin d’amener nos auditeurs à se rencontrer dans la vraie vie et à échanger. Nous croyons au podcast comme expérience sociale rassembleuse. Outre cela, nous travaillons sur une collaboration avec un podcast américain très connu, vous aurez des nouvelles là-dessus très bientôt!  
 
 

Pour écouter Distorsion

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