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Remorquage: une entreprise aux pratiques douteuses visée par la police

L’entreprise avait fait la manchette l’an dernier

La police s’est présentée chez la compagnie Accès Remorquage de Laval mardi.
MAXIME DELAND/AGENCE QMI La police s’est présentée chez la compagnie Accès Remorquage de Laval mardi.

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Une compagnie de remorquage aux pratiques douteuses dans la grande région de Montréal a été visée par une frappe policière, mardi matin.

Les policiers ont épinglé les propriétaires, les administrateurs et plusieurs employés de la compagnie Accès Remorquage.

Au total, 12 suspects ont été appréhendés et trois perquisitions ont été effectuées, dont une au siège social de l’entreprise, sur la rue Daniel, à Laval.

Sept remorqueuses appartenant à la compagnie ont été saisies à titre de biens infractionnels.

L’enquête dans ce dossier a été amorcée l’automne dernier, à la suite de plusieurs plaintes portées par des citoyens contre cette compagnie de remorquage.

Ils chargeaient trop cher

«Ils remorquaient les véhicules et refusaient de dire aux gens où ils avaient été déplacés jusqu’à ce que les frais soient payés. C’est une pratique illégale», a indiqué l’inspecteur-chef André Durocher, porte-parole de la police de Montréal.

Un ancien employé de l’entreprise qui a préféré demeurer anonyme a d’ailleurs confirmé cette façon de faire. Selon lui, les gens devaient payer immédiatement sans quoi ils ne pouvaient ravoir leur véhicule.

Selon les normes de remorquage établies à Montréal, il est interdit de charger plus de 100 $ aux contrevenants dont le véhicule est remorqué.

Toutefois, la compagnie Accès remorquage pouvait exiger plus du double, selon la police. «Ils pouvaient demander 200 $ et parfois même 240 $ avant de rendre le véhicule à la victime. On n’a tout simplement pas le droit de garder le véhicule en otage», a dit l’inspecteur-chef.

Victimes vulnérables

Il semble que l’entreprise de remorquage était particulièrement active aux abords des CLSC. Par conséquent, plusieurs victimes présumées de la compagnie sont des personnes âgées, vulnérables ou malades.

«Pour une personne âgée, par exemple, ça peut faire peur d’être confrontée à un remorqueur intimidant qui exige d’être payé immédiatement», a déploré le porte-parole de la police.

Par ailleurs, la compagnie visée par la frappe policière portait jusqu’à tout récemment le nom de Remorquage A9, dont les pratiques douteuses avaient également fait les manchettes en 2016.

Les suspects épinglés dans le cadre de cette opération devraient comparaître à Montréal sous des accusations de vol, complot, agression armée, extorsion et fraude.

Six d’entre eux sont demeurés détenus jusqu’à leur retour en cour. Il s’agit de Gaétan Breton, 60 ans, Nathalie Gatien, 42 ans, Alexandre Breton, 22 ans, Éric Cuffaro, 50 ans, Éric Keiller, 51 ans et Mathieu Spénard, 31 ans.

— Avec la collaboration de Frédérique Giguère