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Un oubli gênant

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Le canal de communication a clairement déjà été plus efficace entre les cabinets du maire de Québec et des ministres des Affaires municipales et de la Capitale-Nationale.

Il est inconcevable que le projet de loi sur l’autonomie municipale (122), adopté en vitesse vendredi à l’Assemblée nationale, ne contienne plus les dispositions qui auraient permis aux villes d’exproprier les propriétaires de bâtiments délinquants qui contreviennent aux règle­ments municipaux.

Depuis plus d’un an, le maire Labeaume parle de cette demande et il a maintes fois exposé son point de vue au gouvernement, notamment en commission parlementaire. La Ville souhaite s’en servir, entre autres, dans les cas de la maison Pollack, maison historique en décrépitude, ou de l’ancienne boucherie Bégi­n, laissée à l’abandon depuis cinq ans.

Improvisation

Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, ne peut pas plaider l’ignorance. Et que dire de François Blais qui, à titre de ministre responsable de la Capitale-Nationale, aurait dû s’assurer que les dispositions discutées se retrouvent dans le projet de loi.

Il est vrai que les dispositions sur les référendums, qui ont d’ailleurs été amendées, ont monopolisé les débats. Il ne s’agit toutefois pas d’une raison valable pour justifier un tel oubli. Le maire de Québec compte maintenant sur une adoption des dispositions manquantes cet automne, dans un projet de loi omnibus. Toutefois, il n’a aucune garantie dans ce sens.

Information

Quant à l’opposition péquiste, peut-être a-t-elle voulu faire comprendre au maire Labeaume qu’elle n’avait pas apprécié son invitation à «se mêler de ses affaires» et à voter rapidement en faveur du projet de loi, lancée en marge du congrès de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en mai.

Le maire expliquait en effet hier qu’habituellement l’opposition, par l’intermédiaire de la députée Agnès Maltais, tenait son cabinet informé s’il y avait des changements à un projet de loi concernant Québec. Ce ne fut pas le cas cette fois.

Quoi qu’il en soit, force est de constater que l’adoption du projet s’est faite dans l’improvisation devant la pression exercée par les maires, dont M. Labeaume. Ce n’est pas rassurant de la part d’un gouvernement qui a le devoir de se montrer plus sérieux.