/news/education
Navigation

Le français au secondaire absent de la politique éducative

Coup d'oeil sur cet article

Alors que le nombre de cégépiens faibles en français ne cesse d’augmenter, la politique sur la réussite éducative reste muette sur les objectifs et mesures à mettre en place pour améliorer la maîtrise du français chez les élèves du secondaire.

Le Journal rapportait mercredi que le nombre d’inscriptions aux cours de mise à niveau en français au cégep ne cesse d’augmenter, la hausse étant de 8 % au cours de la dernière année.

La situation préoccupe l’Association québécoise des professeurs de français (AQPF) qui déplore que la politique sur la réussite éducative, dévoilée en grande pompe par le gouvernement Couillard la semaine dernière, ne renferme aucun objectif ou mesure pour améliorer la situation au secondaire.

«Il n’y rien sur la maîtrise de la langue au secondaire. On aurait vraiment souhaité quelque chose pour nos élèves qui vont poursuivre leur cheminement au cégep et à l’université», affirme la présidente de l’AQPF, Marie-Hélène Marcoux.

La politique renferme deux objectifs qui concernent la maîtrise de la langue française, soit d’augmenter à 90 % le taux de réussite à l’épreuve ministérielle d’écriture en quatrième année et d’augmenter de cinq points de pourcentage la part de la population adulte qui démontre des compétences élevées en littératie.

Pour améliorer la situation au secondaire, l’AQPF demande au ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, de rendre obligatoire un nombre d’heures minimum d’enseignement du français, souvent amputé par la multiplication des programmes particuliers. La formation en français des étudiants en enseignement doit aussi être bonifiée et uniformisée, selon l’AQPF, qui estime aussi que des ressources supplémentaires doivent être consacrées à la formation continue.

Mme Marcoux affirme par ailleurs qu’il est «totalement faux» d’affirmer que la grammaire et l’orthographe ne sont pas enseignées de façon systématique dans les écoles secondaires, comme l’indiquait un professeur de français au cégep dans nos pages mercredi matin.

De son côté, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a affirmé mercredi que le français «ne s’apprend pas au secondaire», puisqu’«il devrait être acquis bien avant».

«C’est la raison pour laquelle, dans le cadre de la politique sur la réussite éducative et dans le cadre de chacune des interventions que j'ai faites, j'ai toujours dit qu'il fallait travailler en littératie dès le jeune âge, c'est-à-dire dès les premières années préscolaires, primaires, a-t-il ajouté. Dès la deuxième année terminée, pour moi, on devrait avoir acquis les bases de la langue maternelle.»

Au cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, on s’est contenté de rappeler mercredi que le dernier budget provincial prévoit un million $ supplémentaire pour améliorer la maîtrise du français des étudiants dans le réseau collégial.