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Toujours trop de logements insalubres à Montréal

La Ville devrait être plus dure envers les propriétaires croient des organismes

patrick coveney trou logement
Photo Vincent Larin Le propriétaire du logement de Patrick Coveney a mis plusieurs mois à réparer l’immense trou dans son plafond alors que le locataire insistait sans arrêt.

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Moisissures, infiltrations d’eau, trous dans les murs. La Ville de Montréal devrait être beaucoup plus sévère envers les propriétaires de logements insalubres, dénoncent des organismes.

« Il pleuvait, il neigeait et j’entendais les oiseaux par le trou dans mon plafond », décrit Patrick Coveney.

L’homme de 60 ans qui vit dans une minuscule chambre d’un immeuble locatif de l’arrondissement de Verdun a dû endurer cette situation pendant plusieurs mois. Une situation que vivent de nombreux locataires victimes de la paresse ou de l’absence d’intérêt de leurs propriétaires pour l’état de leurs édifices, soutiennent des organismes de défense des droits des locataires.

patrick coveney trou logement
Photo Courtoisie

Malgré l’adoption d’un plan de lutte à l’insalubrité des logements par la Ville en 2014, la situation reste à peu près inchangée, déplorent-ils, alors que des milliers de Montréalais s’apprêtent à déménager samedi, le 1er juillet.

« Sur le terrain, on le voit, la situation ne s’améliore vraiment pas alors que les bâtiments deviennent de plus en plus vieux », lance Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

Laxisme

Selon lui, l’administration de Montréal devrait utiliser davantage les pouvoirs dont elle dispose pour obliger les propriétaires de logements insalubres à rénover leurs bâtiments, quitte à les faire elle-même.

D’après des documents obtenus par Le Journal, la Ville de Montréal a investi à peine 213 664 $ depuis 2009 pour réaliser des travaux en lieu et place du propriétaire qui doit assumer la facture en fin de compte.

« C’est surprenant que ce soit aussi peu élevé compte tenu de l’état du parc locatif, dit M. Roy-Allard. Mais la Ville sait que les propriétaires vont contester la facture en cour, alors ils ne poussent pas outre mesure. »

Mal équipés

Selon lui, la Ville de Montréal devrait adopter le modèle de certaines municipalités américaines qui inspectent régulièrement l’ensemble des bâtiments sur leurs territoires afin de répertorier les problèmes d’insalubrité.

« Les inspecteurs d’arrondissement sont très mal équipés pour constater véritablement les problèmes, explique Laurence Delaunoy, une intervenante sociale du Comité d’action des citoyennes et citoyens de Verdun (CACV). Ils ont leurs yeux, mais pas d’appareils de mesure. Alors ils font des rapports un peu à l’aveuglette. »

Santé publique

Son organisme est intervenu pas moins de 228 fois l’an dernier, seulement dans l’arrondissement de Verdun, pour des questions d’insalubrité ou de logements inhabitables.

Dans des cas extrêmes où la santé des locataires est menacée, le CACV fait appel à des inspecteurs de la Direction de la santé publique pour documenter les problèmes.

Laurence Delaunoy, <i>intervenante sociale</i>
Photo Éric Yvan Lemay
Laurence Delaunoy, intervenante sociale

« On épaule les gens pour la mise en demeure de leurs propriétaires, mais si ça ne fonctionne pas, on ne peut que les référer au service 3-1-1 de la Ville pour qu’ils portent plainte », ajoute-t-elle.

La tentation est grande pour certains élus de « faire fermer » des immeubles locatifs insalubres, mais cette solution ne prend pas en compte les personnes qui y vivent et qui sont souvent démunies, déplore l’intervenante sociale.

Il n’a pas été possible de joindre le responsable de la Ville de Montréal en matière de logement jeudi.