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Deux écoles sur trois visitées par un exterminateur

Des établissements de la Commission scolaire de Montréal ont des problèmes de souris et de coquerelles

École Laurier
Photo Pierre-Paul Poulin Le problème de souris est maintenant réglé à l’école Laurier, explique Julie Wagner. En 2016, des parents avaient appris l’existence de problèmes de souris dans les médias.

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Les souris au sous-sol et les coquerelles qui sortent des boîtes à lunch font partie de la réalité des établissements scolaires de la métropole, deux écoles de la CSDM sur trois ayant été visitées par un exterminateur l’an dernier.

C’est le cas de l’école Laurier du Plateau-Mont-Royal, qui a dû faire venir l’exterminateur à six reprises en 2015-2016 pour se débarrasser de souris. « Une classe de maternelle a été plus touchée que les autres. Elles entraient par des fissures dans les murs », raconte Julie Wagner, commissaire-parent.

Laurier, où vont quelque 520 élèves, fait partie de la centaine d’écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) qui ont reçu la visite d’une entreprise de gestion des parasites l’an dernier, sur un total de 162. Cela représente donc 66 % des écoles de la plus grosse commission scolaire du Québec.

Toutes les commissions

En fait, la situation est si courante que toutes les commissions scolaires de l’île ont de petites bestioles à gérer, si l’on se fie aux factures qu’a obtenues Le Journal.

Si les exterminateurs se sont parfois déplacés pour des opérations de prévention, certaines factures ne laissent planer aucun doute sur la nécessité d’une extermination (voir encadrés).

« De la coquerelle dans les boîtes à lunch, on en a vu », avoue Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires (AMDÉS).

« On le sait, nos immeubles sont vétustes. Et avec la surpopulation dans les écoles, nos enfants mangent souvent dans leur salle de classe. Tout ça ne doit pas aider », suppose Julia Drulliolles, une des membres du comité de parents de la CSDM.

De son côté, la CSDM indique qu’il n’y a pas nécessairement de lien entre l’état ou l’occupation de ses bâtiments et les problèmes d’indésirables, indique le conseiller en communications Guy Giguère.

Fourmis

Une fois un problème installé dans une école, il est parfois plus compliqué de s’en débarrasser que dans une résidence, certains produits étant interdits par le ministère de l’Environnement dans les établissements scolaires et garderies.

« Ça peut être un peu plus long que si on intervenait dans une résidence, où on peut y aller de façon plus radicale, avec des produits plus forts », explique Hélène Bouchard de MBM Extermination.

Les interventions ne se limitent toutefois pas à la vermine et aux coquerelles. Nids de guêpes, pigeons, écureuils peuvent aussi être ciblés. En fait, certains exterminateurs indiquent que les insectes pour lesquels ils sont le plus souvent appelés dans les écoles sont... les fourmis.

Des feuilles rongées et un micro-ondes infesté

Une enseignante raconte avoir retrouvé des photocopies rongées et des coquerelles cachées dans un four à micro-ondes à l’école Saint-Vincent-Marie, des affirmations que nie la commission scolaire.

« Ça m’est déjà arrivé de donner des feuilles grignotées aux enfants [...] Les rebords des tableaux étaient pleins de crottes de souris », avoue celle qui préfère taire son nom pour éviter les représailles de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI).

« Une fois, je suis entrée dans ma classe et je me suis dit : ça sent le cadavre. »

Elle raconte avoir cherché la source de l’odeur, jusqu’à ce qu’elle tombe sur la souris morte qui la dégageait.

Nid de coquerelles

Dans la salle des professeurs, un four à micro-ondes et une cafetière ont dû être jetés il y a quelques années, car les coquerelles allaient y pondre leurs œufs, ajoute-t-elle.

« Au début, c’était un stress. Mais avec le temps, tu n’as pas le choix de te faire une résilience. » Car malgré tous les bons efforts de la direction pour enrayer les problèmes, ceux-ci étaient récurrents. « Je n’ai jamais senti de négligence de la part de la direction. Le problème était plus grand que l’édifice. [Les coquerelles et les punaises], les enfants en ramènent de la maison », explique-t-elle.

Elle s’estime heureuse de n’avoir pas été confrontée à la présence de punaises de lit, mais les problèmes de souris ont été présents jusqu’au début de l’année 2016, dit-elle.

Jamais entendu

De son côté, la CSPI indique qu’il n’y a actuellement aucun problème d’indésirables à l’école Saint-Vincent-Marie. « La direction n’a jamais entendu parler [des incidents] rapportés », affirme Christiane St-Onge. D’ailleurs, aucune demande pour des services en extermination à l’école Saint-Vincent-Marie n’a été transmise à la CSPI dans les dernières années, indique-t-on.

Le Journal a reçu les factures d’extermination de la CSPI, mais contrairement aux autres commissions scolaires, les documents ne permettaient pas d’identifier les édifices concernés.

Quelques établissements ciblés

Maple Grove

Lachine, Lester B. Pearson

De sérieux problèmes de punaises ont été observés à l’école Maple Grove en 2016.
Photo Martin Chevalier
De sérieux problèmes de punaises ont été observés à l’école Maple Grove en 2016.

Intervention pour des punaises en avril 2016 : « traiter 50 bureaux et chaises dans les classes 8 et 10 ».

La Vérendrye

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, CSDM

« Extermination de souris au sous-sol » en 2016.

En 2012, un rat avait été trouvé dans un saut-de-loup. En 2014, des souris avaient été trouvées sous la scène du gymnase.

Laurier

Plateau-Mont-Royal, CSDM

Coquerelles, souris et guêpes s’étaient installés à l’école Laurier entre 2013 et 2016.
Photo Martin Chevalier
Coquerelles, souris et guêpes s’étaient installés à l’école Laurier entre 2013 et 2016.

Extermination de souris et guêpes en 2015 et 2016, coquerelles en 2013.

Saint-Grégoire-le-Grand

Villeray-Saint-Michel, CSDM

« Extermination de coquerelles au local 29 », est-il écrit sur une facture d’avril 2016.

Verdun Elementary

Verdun, Lester B. Pearson

L’école Verdun Elementary a reçu la visite d’exterminateurs plus d’une dizaine de fois au cours de l’année scolaire 2016 en raison de la présence de rongeurs.
Photo Martin Chevalier
L’école Verdun Elementary a reçu la visite d’exterminateurs plus d’une dizaine de fois au cours de l’année scolaire 2016 en raison de la présence de rongeurs.

« Traitement problème de souris / inspection des pièges », est-il écrit sur une facture de 2016.

Des parents pas toujours au courant

Les parents d’élèves ne sont pas toujours informés lorsqu’un problème de bestioles survient dans leur école.

Ce fut le cas à l’école Laurier en avril 2016, quand des parents ont appris le problème de souris dans un article de journal, explique Julie Wagner. « Je sais que des parents n’étaient pas contents. Je crois que si ça se reproduisait, l’information serait communiquée plus proactivement », avoue-t-elle avant de rappeler que le problème de souris est maintenant réglé.

Pas chaque fois

La CSDM indique que les parents sont généralement avisés, mais pas chaque fois que l’inspecteur se présente.

« C’est au cas par cas, observe Hélène Bourdages de l’AMDÉS. Est-ce que l’information est utile ? Est-ce qu’on inquiète des gens ou on leur demande de contribuer à régler le problème ? »

Punaises

Mais qu’en est-il lorsqu’il s’agit de punaises de lit, comme ce fut le cas de Maple Grove, une école de Lester B. Pearson à Lachine, où 50 bureaux et chaises ont dû être traités en avril ?

Même en cas de punaises de lit, aviser tous les parents d’une école ne fait pas partie des recommandations systématiques de la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal, qui fournit tout de même un modèle de lettre destinée aux parents.

« On ne pense pas que l’école est un lieu de propagation important », les punaises y étant en transit, explique le Dr David Kaiser.

En fait, c’est surtout la famille de l’enfant qui arrive à l’école avec [une bestiole dans ses effets] qui doit être informée, le logement demeurant l’endroit où une infestation a le plus de conséquences, ajoute le Dr Kaiser.

« La DSP est justement en train de mettre au point des outils qui permettront aux écoles d’agir comme levier pour aider les familles à régler le problème à la maison », dit-il.

La commission scolaire Lester B. Pearson n’a pas répondu à nos questions.