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Haut dirigeant de Total à la tête de Polytechnique : la ministre devra trancher

C’est au tour de Québec d’approuver ou non la candidature controversée par décret.

Helene David
Photo d'archives, Simon Clark

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La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, ne peut pas dire encore si elle va accepter ou non que l’actuel vice-président de la multinationale pétrolière Total, Philippe Tanguy, soit nommé à la direction générale de Polytechnique Montréal, a fait savoir son attaché de presse, lundi.

«Nous avons pris acte de la recommandation de Polytechnique de la candidature de M. Philippe Tanguy la semaine dernière, et la procédure de nomination suit son cours», s’est contenté de dire Thierry Bélair, attaché de la ministre, préférant ne pas s’avancer.

Ni la Coalition Avenir Québec, ni le Parti québécois n’ont voulu se prononcer non plus lundi.

Le principal intéressé, Philippe Tanguy, a refusé, pour l’instant, d’accorder un entretien au Journal. «Il me fera plaisir de vous rencontrer lorsque je serai entré en fonction à Polytechnique», a-t-il affirmé, par courriel. Son entrée en fonction est inconnue pour le moment, car elle dépend du décret.

De son côté, la directrice des communications de l’école, Chantal Cantin, a voulu rappeler le «parcours académique méritoire» de plus de 25 ans de M. Tanguy, dont 15 ans à Polytechnique comme professeur en génie chimique, mais n’a pas commenté son passé chez le géant du pétrole Total.

«Un tribunal public»

Parmi ceux qui ont soutenu la candidature de M. Tanguy, Samuel Pierre, professeur titulaire à Polytechnique, et membre du comité de nomination, ne digère pas les arguments des opposants. «On fait de la condamnation par association... C’est dangereux d’établir un tribunal public!», s’est-il désolé.

M. Pierre regrette ce qui est reproché à M. Tanguy. «On prend quelqu’un qui vient d’une pétrolière, qui n’est pas présente au Québec, et on fait le procès d’un candidat. Subitement, il devient comme la peste! », s’est-il insurgé, faisant état d’un sondage interne qui démontre que M. Tanguy avait l’appui de la majorité des étudiants.

Un goût amer

Joint au téléphone, Philippe Bouchard-Aucoin, porte-parole du Regroupement de Poly contre Total, a dit craindre pour l’image de Polytechnique. «J’ai maintenant peur qu’on associe l’institution au secteur pétrolier. Je suis déçu que notre opinion n’ait pas été prise en compte», a-t-il résumé.

Rappelons que le 23 juin dernier, des étudiants et une vingtaine de personnalités, dont Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire et députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques et Alex Tyrrell, chef du Parti vert du Québec, ont dénoncé dans une lettre ouverte l’arrivée éventuelle de M. Tanguy à la tête de l’école de génie québécoise.