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PQ : la fin d’une époque ? (3)

PQ : la fin d’une époque ? (3)
Photo d'archives

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Que pourrait faire le PQ pour essayer de renverser la vapeur ?

Si c’était simple, on l’aurait déjà trouvé.

Certains se contenteront de reprocher à Jean-François­­­ Lisée la mise au rencart d’un référendum qui se solderait, selon toute vraisemblance, par... une troisième défaite.

C’est un reproche absur­de. L’indépendantisme déconnecté pourrait tuer l’idée de l’indépendance.

Pour l’avenir prévisible, la tâche des souverainistes est de travailler à ce que leur projet reste possible.

Régime

S’engager dans un concours de « progressisme » avec Québec solidaire­­­ jetterait des tas d’électeurs modérés dans les bras de la CAQ.

Un grand virage écologiste ne mènera nulle part : combien d’électeurs pensent en priorité à l’environnement quand ils entrent dans l’isoloir ?

Le PQ ne peut pas non plus se présenter comme le mieux placé pour déloger le PLQ tant qu’il est clairement troisième.

Le PQ doit d’abord cesser de virevolter. Il doit ensuite se rappeler pourquoi il existe et qui sont ses électeurs.

Fondamentalement, un seul thème a toujours mobilisé les nationalistes québécois : la nation québécoise.

On dirait que le PQ a oublié cette évidence massive.

Même si la souveraineté est hors de portée dans un avenir prévisible, celle-ci se veut une réponse au problème fondamental des rapports politiques entre le Québec et le Canada.

Ce problème demeure entier.

Depuis 1982, le Québec vit sous la domination d’un régime politique illégitime­­­ auquel il n’a jamais consenti, qui lui fut imposé de force.

Du bout des lèvres, même Philippe Couillard le reconnaît.

Ce régime nie l’identité du peuple québécois et limite gravement son autonomie politique.

Ce régime permet à la doctrine officielle du multiculturalisme de traiter les Québécois comme une minorité ethnique parmi d’autres.

Ce régime permet à des juges fédéraux non élus d’imposer une conception de la liberté religieuse si large qu’elle heurte nombre de Québécois.

Ce régime permet aux tribunaux fédéraux d’invalider de larges pans de la loi 101, essentielle pour sauvegarder la langue française et intégrer les immigrants.

Ce régime laisse le Québec sans moyens pour contrer sa baisse démographique au sein du Canada.

Terrain

Bref, reconnaître que la souveraineté n’est pas pour demain n’est pas une raison de s’interdire de faire le procès d’un régime politique issu d’un coup de force qui n’aurait jamais dû se produire.

Le PQ ferait cette critique au nom des intérêts supérieurs de la nation québécoise, pour briser l’embâcle.

Pourquoi ne pas dire que, s’il est élu, il enclenchera la procédure forçant la tenue de négociations constitutionnelles visant à réparer l’affront de 1982 ?

L’avis de la Cour suprême oblige le gouvernement fédéral à répondre. On verrait ce qu’il est prêt à concéder aux Québécois.

En se faisant le défenseur des intérêts supérieurs de la nation québécoise, le PQ renouerait avec sa raison d’être existentielle.

Il livrerait aussi bataille sur un terrain où tous les autres partis ont peur d’aller.